SIMAR Jean

Par Olivier Dedieu

Né le 30 avril 1941 à Baillargues (Hérault) ; instituteur, militant de la JAC, de la JEC, de Vie Nouvelle, de l’ACO, du PSU, UNEF, PC, CAP, conseiller municipal de Bron, adjoint de Saint-Priest (Rhône).

Jean Simar était le fils d’un propriétaire viticulteur de Baillargues. Au sein de sa famille, on abordait peu la politique. Plutôt conservatrice (son père fut scolarisé à la Sainte Trinité à Béziers), sa famille n’en comptait pas moins des militants de gauche, comme son grand-père maternel, militant SFIO. Après l’école primaire du village, Jean Simar fit sa scolarité au collège de Lunel. Dès l’âge de treize ans, il adhéra à la JAC, la seule organisation de jeunes active sur le canton. L’année suivante, il milita à la JEC. Responsable de collège, puis du secteur, de Lunel il devint cadre fédéral avant d’être désigné secrétaire fédéral en 1960 puis secrétariat régional l’année suivante et à l’équipe nationale l’année suivante.

Inscrit à l’université de Montpellier, Jean Simar, opposé à la guerre d’Algérie, lecteur de Témoignage Chrétien, multiplia ses engagements. Responsable de la JEC, il adhéra à l’UNEF et milita au PSU. Après avoir redoublé sa première année, il devint surveillant au collège de Lunel et adhéra cette année-là au SGEN-CTFC. Durant cette période, il se questionna un temps sur l’éventualité d’entrer dans un ordre monastique. Auditeur libre assidu au grand séminaire en 1961-1962, il ne donna finalement pas suite. En 1962, il fut appelé au secrétariat national de la JEC à Paris et s’inscrivit en licence de philosophie et d’espagnol à la Sorbonne. Arrivé dans la capitale le 11 octobre 1962, il milita, avec la direction de la JEC pour un développement de l’organisation hors de sa sphère sociale traditionnelle, celle de la bourgeoisie. Cherchant une plus grande transversalité sociale du mouvement, la direction de la JEC se heurta à l’épiscopat. Après deux ans à la Sorbonne, il devint, en 1964, instituteur. Après son mariage, le 27 décembre 1966, il fut nommé en 1967 à Noisy-le-Sec (Seine Saint-Denis). Militant du SNI, au sein de la tendance Unité Action, il milita au sein d’une équipe de Vie nouvelle. Son installation en Seine-Saint-Denis fut l’occasion pour lui de découvrir le monde ouvrier de la région parisienne, celui des usines, ainsi que l’action sociale et culturelle des municipalités communistes. Au titre du SNI, il fut actif lors des événements de mai 1968. Après sa déception consécutive au meeting de Charlety et surtout le discours de Gaulle à Baden Baden, il décida d’adhérer au PC. Simple militant du parti, il fut considéré comme un marginal – « un allié objectif de la classe ouvrière » comme le lui dit alors l’un des responsables locaux du PC- tant pour ses engagements parmi les Chrétiens de gauche que pour son attrait pour le débat d’idées et les thèses de l’autogestion. De fait, il prit des responsabilités uniquement au SNI au sein de la tendance UA majoritaire dans le département, devenant conseiller syndical durant cette période.

Désireux de se rapprocher du Midi, Jean Simar obtint un poste dans le département du Rhône. Nommé pendant deux ans dans la ZUP des Minguettes à Vénissieux, il fut en poste dès 1973 au collège de Saint-Priest, ville dans laquelle il était installé depuis 1971. Militant actif du SNI, il prit la direction de la sous-section syndicale du canton pendant 3 ans. Localement, il s’engagea plus activement au PC et milita à la FCPE mais surtout au sein du Comité pour nos gosses, structure péri et post scolaire cogérée avec la municipalité dont il devint vice-président. Pendant quelques années, il s’engagea aussi au sein d’un groupe local de l’action catholique ouvrière. En 1977, le PC lui demanda de figurer sur la liste d’union de la gauche qui gagna les élections. Conseiller municipal délégué au périscolaire, administrateur de la MJC, il devint après 1981 président de la commission scolaire. Dès son élection, il s’investit principalement dans la gestion de la municipalité, abandonnant ses responsabilités syndicales. En 1982, après avoir participé à une école fédérale du parti, il refusa de prendre des responsabilités dans l’appareil communiste. L’année suivante, il fut réélu et devint adjoint délégué aux travaux, à la voirie, à la circulation, à la sécurité publique, aux cimetières, foires et marchés. Il se singularisa dans l’équipe municipale en mettant en place une commission municipale élargie aux acteurs professionnels au sein de laquelle l’ensemble des participants eut droit de vote. En 1985, devenu président du groupe communiste au conseil municipal, il fut investi par le PC aux élections cantonales, mais fut battu par le candidat socialiste. Cette année-là, il envisagea de passer le concours de directeur d’établissement spécialisé. Après un an passé à Suresnes et l’obtention de son concours, il fut nommé directeur adjoint au collège de Bron. En 1989, il décida de ne pas se représenter à Saint-Priest, étant domicilié désormais à Bron. Sollicité par le PC, il fit partie de la liste d’union de la gauche du socialiste Jean-Jack Queyranne en 29e position. Élu conseiller municipal de Bron, il fut administrateur du centre de loisirs, du centre culturel communal et de l’office municipal des sports. Au sein du PC, Jean Simar fit partie, durant cette période, des rénovateurs, notamment avec Charles Fiterman. Hostile au raidissement du PC et son incapacité à s’ouvrir sur l’évolution sociale de son électorat, il participa à un groupe CAP et démissionna du PC le 31 décembre 1993.

En 1995, il demanda un poste à Montpellier et fut nommé directeur adjoint au collège Las Cazes à Montpellier. Installé à Baillargues, il ne reprit pas d’engagements politiques et dès 1998 fut président de la MJC centre social de la commune. Membre du Grand Orient de France depuis 1989, maître dès 1991, 1er surveillant dès 1995, Jean Simar s’investit principalement, dès son retour dans l’Hérault, dans la maçonnerie, devenant vénérable puis membre des ateliers supérieurs par la suite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50225, notice SIMAR Jean par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 14 mai 2009, dernière modification le 15 octobre 2020.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Entretien avec l’auteur

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