AUCOUTURIER Paul

Par Claude Pennetier

Né le 27 octobre 1893 à Déols (Indre) ; artisan ébéniste et artiste peintre ; militant communiste des Alpes-Maritimes.

Paul Aucouturier en 1937
Paul Aucouturier en 1937

Son père, Louis Aucouturier*, était cordonnier et sa mère ouvrière à la Manufacture des tabacs de Châteauroux. Il fréquenta l’école primaire jusqu’à onze ans et demi. De seize à vingt-six ans, Paul Aucouturier appartint à un groupe libertaire à Paris tout en commençant des études pour le professorat de dessin, études interrompues par la guerre.

Il entra au Parti socialiste en 1919 et soutint l’adhésion à la IIIe Internationale dans l’Indre, à la différence de son père qui avait été un des créateurs du Parti socialiste dans l’Indre, refusait la scission. Militant de l’ARAC, il milita activement avec Paul Bouthonnier*.

Paul Aucouturier se maria avec Marie Touret, née en 1893 à Déols, sans profession, qui devint militante communiste et du Secours populaire. Ils eurent un enfant.

Jean Laurenti* présente Paul Aucouturier, « l’ébéniste d’art bien connu à Nice, vétéran de notre Parti », comme délégué au congrès de Tours de décembre 1920. Selon les auteurs de l’édition critique du Congrès de Tours, il n’en était rien puisque qu’Aucouturier n’apparaît ni dans la liste des délégués officiels, ni dans les rapports de police. Le délégué de l’Indre était Boisserie* qui porta 78 % des voix sur la motion d’adhésion à la IIIe Internationale. Aucouturier donne pourtant la même information dans son autobiographie du 10 mai 1937 :"J’y étais délégué comme représentant de la tendance IIIe Internationale".

Installé à Nice, boulevard Gambetta, Aucouturier siégea au bureau du rayon de Nice en 1926 comme responsable des classes moyennes. Il fut un des collaborateurs de Virgile Barel en 1931. Il assurait le secrétariat de la cellule n° 2 de Nice, en 1932 et le secrétariat régional par intérim.

Secrétaire régional du Secours populaire, il fut, avec sa femme, durement critiqué pour sa gestion financière. Il fut interné administrativement à la suite d’un arrêté préfectoral du 19 mars 1940. Envoyé d’abord au camp de Saint-Maximin (Var) comme vingt-deux autres militants niçois, il fut transféré à Chibron (commune de Signes, Var) à l’ouverture de ce camp, en juillet 1940. Il figurait sur une liste des communistes « dangereux » dans la catégorie des « militants qui auraient assez d’ascendant sur les autres internés pour les entrainer à participer un mouvement venu du dehors ». À la dissolution de Chibron, il fut transféré au camp de Fort-Barraux le 14 février 1941, puis, quelques semaines après, expédié dans un camp algérien.

Il avait un fils également militant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50282, notice AUCOUTURIER Paul par Claude Pennetier, version mise en ligne le 19 mai 2009, dernière modification le 20 septembre 2021.

Par Claude Pennetier

Paul Aucouturier en 1937
Paul Aucouturier en 1937

SOURCES : RGASPI, 495 270 3817, autobiographie du 1er mai 1937 ; , classé "A1" ; dossier même dossier une autobiographie de sa femme, Marie Aucouturier, sans date, classé "A1" ; dossier du Secours populaire sur une affaire Aucouturier : blâme au couple et à Marius Franchi. — Arch. Nat. F7/13104, 13124, 13128. — Burlando Max, Le Parti communiste et ses militants dans la Résistance des Alpes-Maritimes, La Trinité, Parti communiste français, Fédération des Alpes-Maritimes, 1974, p. 50. — A. Moine, Déportation et résistance en Afrique du Nord, op. cit. — Jean Laurenti, Carnet de bord d’un vétéran, La Trinité, 1972, p. 40. — notes Jean-Marie Guillon.

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