BOS Jean-Baptiste

Par Claude Pennetier

Né le 16 juillet 1904 à Salon-la-Tour (Corrèze), mort en 1985 à Vigeois ; agriculteur ; militant communiste ; conseiller général de la Corrèze (1945-1958).

Fils de paysans, propriétaire exploitant, Jean Bos et Marie Boudeloux, Jean-Baptiste Bos avait cinq sœurs. Il obtint son certificat d’études primaires à douze ans et fut agriculteur à partir de 1917. Sa famille s’était installée en 1920 au Vigeois en accession à la propriété agraire. La vie municipale fut très tôt marquée par la vitalité du jeune Parti communiste, animé localement par Adolphe Durand* (1872-1947). La paysannerie locale était volontiers laïque et pacifiste, traumatisée par les pertes et les blessés de la Première Guerre mondiale.

Son neveu pense que c’est au retour du service militaire, vers 1926, que Jean-Baptiste Bos adhéra au Parti communiste. Il prit très vite la direction de la cellule de Vigeois puis de la section qui regroupa les cellules du canton à l’époque du Front populaire. Pendant la grève de 1936, il organisa la solidarité avec les ouvriers en grève en collectant avec ses camarades vivres et argent, puis en 1939, il organisa l’accueil de nombreux réfugiés espagnols à Uzerche et à Vigeois. Il se rendait régulièrement à des réunions communistes à Tulle, ce qui laisse penser qu’il était membre du comité fédéral avant 1939. Il fut à l’origine d’une coopérative agricole. Son neveu le décrit ainsi : « Homme très cultivé pour son temps, serviable, généreux, humain dans le meilleur sens du mot, il a été très influencé par Maurice Thorez dont il a transmis le prénom à son fils. » Il était abonné au Populaire et à l’Humanité. « Dans les réunions de société (repas de battages, noces, fêtes diverses familiales ou autres, il était un joyeux drille, blagueur et chanteur inlassable, du type comique troupier. »

Mobilisé en 1940, fait prisonnier, il s’évada d’Allemagne le 18 mai 1941 après un an de détention. Il était parti, avec un camarade, du Palatinat et avait rejoint la France par la Sarre. Le temps de remettre en route la culture, il prit contact avec la JC. Beaucoup de dirigeants qu’il avait connus étant internés, il organisa avec sa mère, Marie Bourdeloux, une collecte pour envoyer des colis de nourriture. Courant 1942, il trouva le contact avec le réseau de Résistance, l’Armée secrète, par le fils de Régnier, ancien maire d’Uzerche (démis par Vichy)et par les deux frères Noilhetas d’Espartignac. Début 1943, les trois résistants cités furent arrêtés, ainsi qu’un paysan dont on ignore le nom, et interrogés. Le paysan avait caché chez lui le matériel parachuté par Londres ; il fut fusillé sur le champ, les frères Noilhetas déportés et Régnier interrogé pendant trois jours par la Gestapo à Limoges puis relâché. Personne ne donna le nom de Bos.

L’organisation AS d’Uzerche étant provisoirement démantelée (elle resurgira plus tard ailleurs, à Salons-la-Tour), Bos se consacra à l’aide aux très nombreux réfractaires au STO et entra dans les FTP. Il en fut l’organisateur dans les cantons de Vigeois et d’Uzerche. Des maquis se constituèrent dans la Haute-Corrèze fin 1943, mais il fallut attendre les parachutages du 14 juillet 1944 pour créer une compagnie FTP à Vigeois, sous la direction de Jean-Baptiste Bos et d’un jeune responsable communiste, Maurice Noilhetas (un homonyme des deux déportés).

Il se maria en 1945, à Vigeois, avec Marguerite Bourdeloux. Le couple eut trois enfants, deux filles (Maria et ? ) et un garçon (Maurice). La Libération marqua pour lui le début d’une vie militante élective. Conseiller général communiste de Vigeois de 1945 à 1958, conseiller municipal de cette commune de 1953 à 1977, il fut durant toute cette période secrétaire de la cellule locale qui compta jusqu’à trente membres. Jean-Baptiste Bos présida la section cantonale du MODEF de 1946 à 1958.

Il resta adhérent au Parti communiste jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50283, notice BOS Jean-Baptiste par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 mai 2009, dernière modification le 18 novembre 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Renseignements fournis par son fils, Maurice Bos et son neveu, Raymond, Louis (lettre témoignage de 7 pages). — Lettre au fils. — Notes de Jean-Pierre Besse.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément