GASTAUD Raoul

Par Michel Brot

Né le 20 décembre 1916 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 14 novembre 2004 à Nice ; câbleur en TSF ; résistant dans le Puy-de-Dôme ; militant communiste des Alpes-Maritimes ; maire d’Ascros (Alpes-Maritimes).

Fils d’Adrien Gastaud, né le 25 novembre 1894 à Nice, cocher, et d’Andréette née Cavalli, sans profession, Raoul Gastaud était lycéen boursier au lycée Massena de Nice avec sa soeur Germaine, de deux ans son aînée. Jeune communiste il fut arrêté à la suite de la manifestation syndicale du 29 janvier 1934, qui donna lieu à d’importants désordres à Nice. Il fut condamné à quinze jours de prison ferme et cinquante francs d’amende par le tribunal correctionnel de Nice le 14 février suivant, peine aggravée – six mois de prison et deux cents francs d’amende - par la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) le 30 juin 1934. Suite à cette condamnation, il fut exclu du lycée et privé de bourse et prépara le bac 1ère partie avec l’aide de professeurs de gauche.
En août 1934, il adhéra aux Jeunesses communistes dont il devint secrétaire régional au moment du Front populaire, de mai 1936 à la fin 1937. D’après la police, il aurait servi de secrétaire à Virgile Barel*. Le 20 octobre 1937, il partit effectuer son service militaire au 71e B.A.F. à Modane. Il tenta de reprendre ses activités militantes après sa démobilisation du 29 juillet 1940 mais fut arrêté le 20 octobre 1940 avec son père Adrien dans le village familial d’Arcos où ce dernier résidait. Adrien Gastaud était qualifié par la police de « propagandiste actif », s’occupant particulièrement de la diffusion de L’Humanité et de La Voix des Travailleurs. Raoul Gastaud avait été joint par Raymond Latarget*, chargé de reconstituer le Parti communiste dans le Var et les Alpes-Maritimes. Vu la date de son arrestation et contrairement à ce qu’affirment certains témoignages, il est moins assuré qu’il ait été aussi en contact avec Pierre Georges*, venu, lui, pour organiser la JC. Les gendarmes de Puget-Théniers emmenèrent le père et le fils Gastaud à Nice à la caserne des Diables-Bleus où ils retrouvèrent une trentaine d’ex-membres du parti communiste. Interné au camp d’ Oraison (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), en dehors des heures de travail sur le canal de la Durance, les détenus pouvaient circuler dans cette petite ville et recevoir de la visite le dimanche. Raoul Gastaud, marié depuis août 1940 à Nice avec la jeune communiste Henriette Dubois qu’il connaissait depuis 1936, obtint une permission de trois jours pour la naissance de son fils Michel, né le 13 décembre 1940 à l’hôpital Pasteur de Nice. Délai trop court pour reprendre contact avec le parti communiste clandestin.Transférés avec son père en février 1941 au camp de Saint-Sulpice-La-Pointe (Tarn), entouré de barbelés, ils furent libérés le 2 janvier 1942. Raoul Gastaud trouva un emploi aux Chasseurs express, rue Auber, à Nice. Après quelque temps de vie normale, discrètement surveillé par les RG, il retrouva le contact avec l’appareil communiste clandestin auquel il fit parvenir une biographie qui cachée dans la cave de Francis Reboa tomba entre les mains de la police. Absent de son domicile et ainsi échappant à une arrestation le 30 avril 1943. Bien que discrètement surveillé par la section des affaires politiques de la Sûreté, car signalé comme cherchant à regrouper les communistes, il parvint à échapper à l’arrestation, étant absent de son domicile. Curieusement, il ne figure pas parmi les inculpés dans cette affaire. Il commença une cavale qui le mena en Auvergne à Pont-Dore où il retrouva le responsable FTP des Basses-Alpes Georges Bonnaire, lui aussi repéré dans les listes saisies chez Reboa, et intégra le maquis de Lespinasse (Puy-de-Dôme). En septembre 1943, il participa à la libération des prisonniers politiques de la prison du Puy-en-Velay. Après avoir été écarté politiquement, il trouva refuge auprès de sa soeur Germaine Gastaud institutrice en Haute-Loire. C’est à Clermont-Ferrand, qu’il retrouva le contact avec le parti communiste clandestin qui l’affecta à la diffusion de Rouge Midi à Marseille pour les Bouches-du-Rhône. Il y organisa les milices patriotiques et prit part à l’insurrection de Marseille en août 1944 sous le pseudonyme de « commandant Jacques ». Le 1er octobre 1945, il fut cité à l’ordre de la division et décoré de la Croix de guerre.

Raoul Gastaud se consacra alors à la rédaction du journal marseillais Le Patriote de Provence. Puis, rentré à Nice, il figura en dernière position sur la liste communiste aux élections législatives de 1945 dans les Alpes-Maritimes. Il faisait partie du secrétariat fédéral du PCF en 1946 et en 1949 et du comité fédéral en 1970. Il fut élu maire d’Ascros en 1977 et réélu en 1983. Raoul Gastaud était toujours en activité en novembre 1986.

Divorcé en 1947, Raoul Gastaud s’ était remarié à Nice en octobre 1953 avec Émilienne Cravassac.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50416, notice GASTAUD Raoul par Michel Brot, version mise en ligne le 1er juin 2009, dernière modification le 23 janvier 2021.

Par Michel Brot

SOURCES : Arch. Dép. Alpes-Maritimes, rapports de police non classés, 1934. — Arch. dép. Bouches-du-Rhône 8 W 51. — Le Cri des Travailleurs des Alpes-Maritimes, 30-31 mai 1936 et 9 janvier 1937. — Max Burlando, Le Parti communiste et ses militants dans la résistance des Alpes-Maritimes, Impr. de la Victoire, La Trinité-Victor, 1974. — L’Aurore du Sud-Est, 20 octobre 1945. — Presse locale, 1977, 1983. — Mairie d’Ascros, novembre 1986. — État civil de Nice. — Henriette Dubois, "Nelly". En résumé... nous devons témoigner. Une vie militante... toujours en prise avec les événements, dactylographié, 78 p. + annexes, déposé à la bibliothèque du Musée de la Résistance des Alpes-Maritimes. — notes Jean-Marie Guillon.

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