FOSSIER Jean-Marie, Aimé

Par Yves Le Maner

Né le 20 octobre 1909 à Bruay-sur-l’Escaut (Nord), mort le 22 octobre 1997 à Lille (Nord) ; professeur, journaliste ; commissaire politique des Brigades internationales ; résistant ; militant communiste du Nord ; rédacteur en chef du quotidien Liberté ; conseiller municipal de Lomme (Nord).

Cinquième fils d’un douanier père de sept enfants, Jean-Marie Fossier, titulaire du brevet supérieur (1927), devint étudiant à partir de 1928 à la faculté de lettres de Lille et obtint les certificats de psychologie et de sociologie de philosophie en 1932. Il fut professeur à l’Institution Saint-Joseph à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), puis maître d’internat à l’école nationale des Arts et Métiers de Lille d’octobre 1929 à 1936. Il commença des suppléances d’instituteur dans le Nord en février 1937.

Jean-Marie Fossier adhéra au Parti communiste en 1934 (selon les archives du PCF). Il fut choisi la même année comme secrétaire régional pour le Nord du Comité de lutte contre la guerre et le fascisme (comité Amsterdam-Pleyel), fonction qu’il conserva jusqu’en 1939, après une interruption pendant la guerre d’Espagne où il fut commissaire politique aux Brigades internationales. Réorganisateur de la presse communiste du Nord, de sa diffusion en 1936, il devint, en 1939, secrétaire régional des Amis de l’Humanité et de L’Enchaîné pour le Nord. La commission des cadres jugea sévèrement son autobiographie rédigée le 18 janvier 1938 et le classa « B » (à écarter des responsabilités). Elle n’avait pas apprécié ses déclarations sur les trotskistes (« Il m’apparaît que c’est toujours assez grave de déclarer qu’un tel est trotskiste ») et sur ses relations amicales avec des franc-maçons. Il était en 1938 secrétaire d’une section communiste.

Révoqué de l’Éducation nationale le 20 novembre 1939, Jean-Marie Fossier fut arrêté par la police française en mars 1940 et interné à Cuincy puis à Loos-les-Lille. Évadé en novembre 1940, il occupa immédiatement d’importantes responsabilités au sein du Parti communiste clandestin et des Francs-tireurs partisans. Agissant dans une aire géographique recouvrant le Nord de la France et la Belgique, il fut notamment chargé de la direction des FTP dans la « zone rouge », c’est-à-dire la zone côtière du Nord, bande de terrain de sept à dix kilomètres de profondeur sous administration directe de la Wehrmacht. Arrêté le 12 mai 1942, il fut traduit devant la section spéciale de Douai qui le condamna à quinze ans de travaux forcés ; il fut par la suite désigné comme otage par les Allemands. Emprisonné à nouveau à Cuincy, puis à Huy (Belgique), il organisa la résistance des prisonniers politiques, puis fut transféré à la centrale de Loos après une tentative d’évasion. Une deuxième instruction ayant été interrompue par l’avance alliée, il fut alors déporté à Sachsenhausen, puis à Buchenwald, où il assuma d’importantes fonctions, en particulier lors de l’insurrection du camp, à la tête de l’un des trois bataillons de la Brigade française d’action libératrice.

Rentré en France en mai 1945, Jean-Marie Fossier fut alors nommé rédacteur en chef du quotidien Liberté (ex-L’Enchaîné), organe régional du PCF pour le Nord et le Pas-de-Calais. Il entra au comité de la fédération communiste et y resta jusqu’en 1962. Il devint au milieu des années 1950 directeur de l’imprimerie de Liberté jusqu’à la fin des années 1950. Il dut reprendre par la suite un poste d’enseignant.

Jean-Marie Fossier fut élu conseiller municipal de Lomme en 1945, reconduit en 1947 et 1953. En 1962, il fut candidat aux élections législatives dans la 5e circonscription du Nord (La Bassée-Haubourdin). Sur 54 487 inscrits, il obtint 7 619 voix et se désista pour le candidat socialiste. Il n’habitait plus la circonscription en 1967.

Pendant de nombreuses années, Jean-Marie Fossier siégea au conseil d’administration de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP). Il appartint à diverses associations de déportés ainsi qu’à l’Amicale des Volontaires français en Espagne républicaine.

En 1977, il fit paraître un ouvrage traitant des épisodes obscurs ou héroïques de la résistance au nazisme dans le Nord de la France.
Jean-Marie Fossier habitait Mézel (Alpes-de-Haute-Provence) à la fin des années 1970.

Il s’était marié en janvier 1947 dans la Somme.

En janvier 2005, à l’initiative de son fils Jean-Paul Fossier, le conseil municipal donna son nom à une avenue de la ville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50424, notice FOSSIER Jean-Marie, Aimé par Yves Le Maner, version mise en ligne le 1er juin 2009, dernière modification le 8 février 2019.

Par Yves Le Maner

ŒUVRE : Nord-Pas-de-Calais, zone Interdite. Mai 1940-mai 1945, Éditions sociales, 1977. — Nous sommes restés des hommes. Mes combats,1933-1945, Geai Bleu Éditions, 2011

SOURCES : Arch. Nat., F17/25978. — Arch. AVER. — Arch. comité national du PCF. – RGASPI, 495 270 2749 (dossier personnel), 517 1 1894. — —Presse locale. — Notice DBMOF par Yves Le Maner. — Notes de Jacques Girault.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément