BOUIX Isidore, Jean, Joseph

Par André Balent

Né le 4 mars 1906 à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) ; mort le 15 novembre 1942 à la prison militaire de Lodève (Hérault) ; ouvrier à Céret (Pyrénées-Orientales) ; militant communiste et syndicaliste ; résistant.

Fils d’Isidore Philippe Bouix, cultivateur, et de Thérèse Comes, Isidore Bouix épousa le 29 juin 1929 Rose Vilanova, née à Massanet-de-Cabrenys (province de Gérone, Espagne) dont il eut deux enfants : Jean, né le 10 avril 1930 — qui devint, après la Seconde Guerre mondiale, un militant communiste actif — et Madeleine, née le 19 novembre 1932.

Avant 1934, Isidore Bouix travailla comme garde-chasse à la Roque Jalère, lieu isolé dans la montagne, situé entre Prades (Pyrénées-Orientales) et Sournia (Pyrénées-Orientales).

En 1934 il fut embauché comme manœuvre à l’usine de fabrication de granulé de liège de la Cabanasse (commune de Céret), propriété des Bardou-Job.

D’emblée il s’affirma comme un des principaux militants syndicalistes de cette usine. Isidore Bouix devint responsable du syndicat CGT de son entreprise et occupa des fonctions dirigeantes à l’UL des syndicats CGT de Céret. Le directeur de l’usine, Laborde, lui proposa une place de contremaître, à condition qu’il abandonne ses responsabilités dans le mouvement syndical. Il refusa, préférant demeurer manœuvre et ne pas compromettre sa liberté d’action syndicale et politique.

À partir de 1936, Isidore Bouix milita également dans les rangs du Parti communiste.

En 1941 et en 1942 il participa très activement à la reconstitution du Parti communiste clandestin à Céret. Il appartenait à une des organisations clandestines de cette ville, démantelée le 24 juin 1942. Le secrétaire de cette organisation était Ildefonse Hernandez. Josette Paloma, née Pujol, épouse de Jean Paloma joua également un rôle de tout premier plan. Cette dernière, arrêtée par les gendarmes de Céret donna les noms de ses camarades, ainsi que le révèle l’acte d’accusation dressé par la « section spéciale du tribunal militaire permanent de la 16e division militaire séant à Montpellier » et le témoignage concordant de Ferréol Matheu , militant communiste clandestin de Céret, lui aussi arrêté mais qui réussit à se tirer d’affaire. Le groupe démantelé comprenait — outre Hernandez et Josette Paloma : Isidore Bouix, Sylvestre Py, manœuvre, Étienne Marty, ajusteur, François Capell, cultivateur. Tous ces militants, à l’exception d’Isidore Bouix et de Josette Paloma n’avaient pas joué de rôle important, au plan local, avant 1939. Nous ne savons pas ce que sont devenus Marty et Capell. Josette Paloma fut déportée en Allemagne et réintégra le Parti communiste en 1945 (Ferréol Matheu, dénoncé par elle aux gendarmes de Céret, tut ce fait par amitié pour Jean Paloma, déporté en Algérie). Isidore Bouix fut incarcéré à la prison de Lodève au mois d’août 1942 pour « reconstitution de ligue dissoute ». Avec son groupe, dont les membres furent arrêtés entre le 25 et le 30 juin, il s’était livré à un intense travail de propagande clandestine. Il avait distribué de nombreux tracts, dont l’« Appel au peuple français » du Parti communiste.
Le 2 octobre 1942, la section spéciale du tribunal militaire renvoya leur procès à une date ulterieure. Il se tint le 27 octobre, Sylvestre Py fut condamné à cinq ans de prison, Isidore Bouix à quatre ans, Jean Marty à cinq ans de travaux forcés, Josette Paloma et Capell à deux ans de prison chacun.
Isidore Bouix est décédé à la prison militaire de Lodève, à la suite des mauvais traitements que lui infligèrent ses geôliers (d’après la famille). En fait, il succomba des suites d’un affaiblissement général provoqué par une sous-alimentation notoire (information communiquée par Rose Blin Mioch dont le père, Philomen Mioch fut incarcéré à Lodève dans les mêmes circonstances qu’Isidore Bouix).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50594, notice BOUIX Isidore, Jean, Joseph par André Balent, version mise en ligne le 28 octobre 2010, dernière modification le 19 janvier 2020.

Par André Balent

SOURCES : Archives de la justice militaire au Blanc, registre du tribunal de Montpellier. — Arch. com Arles-sur-Tech, état civil. — Arch. de la famille Bouix (dont, notamment, l’acte d’accusation dressé par la « section spéciale du tribunal militaire permanent de 16e division militaire séant à Montpellier »). — Témoignage (1977) de M. Jean Bouix, fils d’Isidore Bouix, douanier et militant du PCF à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).— Information communiquée par téléphone par Rose Blin-Mioch (janvier 2020).

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