GALLAUD Louis

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Julien Gaillard

Né le 22 décembre 1901 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 23 avril 1973 à Odos (Hautes-Pyrénées) ; dessinateur industriel ; militant socialiste des Hautes-Pyrénées ; résistant ; conseiller municipal de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

Après avoir fréquenté l’école primaire, Louis Gallaud travailla de 1917 à 1919 à Limoges. Il suivit ensuite sa famille à Bayonne (Landes) avant d’entrer en 1923, comme dessinateur spécial à l’Arsenal de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il adhéra au Parti socialiste et fut élu conseiller municipal le 17 mai 1929. La minorité socialiste démissionna en 1932 mais les électeurs lui donnèrent leur appui aux élections municipales complémentaires du 5 novembre 1933 et Gallaud resta conseiller jusqu’au 13 juin 1941. La direction de l’Arsenal invoqua les activités politiques de Gallaud pour lui refuser le poste de directeur de l’École d’apprentissage. En 1932, il démissionna des Établissements militaires et s’installa comme artisan en machines à écrire.

Louis Gallaud qui parlait couramment l’espagnol, fut sollicité en 1931 pour assurer la fonction de Vice-consul d’Espagne à Tarbes. Il accepta, mais cette charge devint accablante à partir de 1936. Se dépensant sans compter, il favorisa le ravitaillement en vivres et en munitions puis l’évacuation et la prise en charge de la 43e division, des populations de Haut Aragon, des réfugiés basques. Jusqu’à sa mort, il continua à aider sous les formes les plus diverses les Espagnols du département.

Dénoncé comme franc-maçon en 1941, Gallaud participa avec d’autres membres de sa Loge au mouvement de résistance Combat, puis au MUR et il fit partie du comité départemental clandestin de Libération où il représentait le parti socialiste clandestin.
Sa boutique située Cours Gambetta, servait de lieu de rencontre et de boîte aux lettres. Elle fit l’objet de perquisitions par les autorités de Vichy qui cherchaient à contrôler les machines de reproductions susceptibles d’éditer des tracts pour la Résistance locale. Gallaud protégea également une famille israélite réfugiée à Tarbes, originaire de Mayenne, en employant une fille et en produisant des attestations en leur faveur.
Arrêté le 5 juillet 1944, par la milice, notamment par le collaborateur Paul Barbé ancien socialiste et comme lui ancien conseiller municipal de Tarbes, il fut sauvé de la déportation par la Libération. Il reprit sa place au CDL où il représentait le parti socialiste clandestin., mais démissionna sans donner d’explications. Il fut remplacé par Jean Marcheix. En octobre 1944, il témoigne contre Barbé devant le tribunal militaire. En octobre 1945, il participe en compagnie de Lamousse, Marcel Billières, Gaston Hèches à la campagne pour les municipales. Il ne fut pas réélu et quitta la scène politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50600, notice GALLAUD Louis par Jean Maitron, Claude Pennetier, Julien Gaillard, version mise en ligne le 9 juin 2009, dernière modification le 27 mai 2020.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Julien Gaillard

SOURCES : Arch. Dép. Hautes-Pyrénées, 12 W67 ; 1115 w 226. — Le Bigorre socialiste, 1933. — Renseignements recueillis par Louise Cazaubon. — Lettre du maire de Tarbes, 25 janvier 1976. — La République des Hautes-Pyrénées, 2 octobre 1944.

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