FOUSSE Charles

Par Pierre Schill

Né le 12 juillet 1901 à Hombourg-Haut (Lorraine annexée), mort le 14 décembre 1981 à Créhange (Moselle) ; mineur aux houillères de Sarre et Moselle (Moselle) ensuite nationalisées au sein des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; trésorier de la section de la cité Jeanne-d’Arc du Syndicat des ouvriers mineurs de charbon CGT de Lorraine ; membre du Parti communiste ; résistant du Groupe « Mario » en Moselle annexée.

Charles Fousse dans les années 1930
Charles Fousse dans les années 1930
[Coll. privée Michel Fousse, cliché transmis par Pierre Schill]

Fils de Nicolas, ouvrier métallurgiste aux Établissements Gouvy de Hombourg-Haut, né le 20 janvier 1863 à Hombourg-Haut, et de Marguerite née Mertz le 20 juin 1868 à Hombourg-Haut, Charles Fousse fut d’abord ouvrier aux établissements Gouvy et Cie de Hombourg-Haut (Lorraine annexée) entre 1915 et 1918, puis entra à la fin de la guerre aux houillères de Sarre et Moselle (Moselle) où il travailla jusqu’à sa retraite en avril 1960. Il résida à la cité minière Jeanne d’Arc (commune de Saint-Avold) puis à Hombourg-Bas (Moselle).

Il effectua son service militaire du 9 avril 1921 au 17 avril 1923 en servant d’abord dans les troupes d’occupation du Maroc occidental à la 32e section d’infirmiers militaires et acheva sa période sous les drapeaux à Verdun (Meuse) dans la 6è section d’infirmiers militaires.

Issu d’une famille nombreuse de quinze enfants, Charles Fousse avait cinq frères et neuf sœurs, dont Joseph Fousse* l’un des militants les plus actifs ans le bassin houiller de l’entre-deux-guerres. Charles Fousse militait lui-même au syndicat unitaire des ouvriers mineurs puis à la CGT réunifiée ainsi qu’au Parti communiste.

Charles Fousse figura sur la liste du PC aux élections municipales des 5 et 12 mai 1935 dans la commune de Saint-Avold (Moselle). Il obtint au premier tour 72 voix sur 957 suffrages exprimés pour 971 votants et 1 151 électeurs inscrits et ne fut pas élu.

En juin 1938, sa femme et un de ses fils étant malades il demanda une aide exceptionnelle à la direction de la houillère qui refusa car il était répertorié par le garde de la cité Jeanne-d’Arc où il résidait parmi « les ardents propagandistes de la CGT ». Il était en outre fiché comme militant communiste et répertorié comme « dangereux » car il l’était avant l’été 1936. Il organisait régulièrement à la cité des réunions syndicales et politiques et y vendait l’Humanité. Sa femme le secondait dans sa charge de trésorier de la section CGT de Jeanne-d’Arc.

En septembre 1939, il fut évacué dans le Pas-de-Calais et travailla aux mines de Lens jusqu’en août 1940, date à laquelle il retourna avec sa famille en Moselle à nouveau annexée au Reich.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Charles Fousse, fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département annexé. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger * dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Son activité clandestine lui valut d’être arrêté fin 1943. Emmené au siège de la Gestapo du bassin houiller à Saint-Avold, il fut interrogé sans ménagement dans la cave de l’immeuble, avant d’être transféré au Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée) puis au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé). A la fin du mois d’août 1944 il fut évacué avec la plupart des détenus vers le camp de Dachau puis déporté au camp de Buchenwald où il fut libéré par les Alliés au début du mois d’avril 1945. Il regagna son domicile à la fin du mois de juin 1945.

Le plus jeune frère de Charles, Édouard né le 4 octobre 1908 fut aussi interné par les Allemands d’octobre 1944 à mai 1945 au camp de Dora-Nordhausen. Un de ses fils, Théo, fut incorporé de force dans la Werhmacht (Malgré-nous) et porté disparu à Kovoli en Pologne le 2/4/1945.

Charles Fousse recommença à militer au lendemain de la guerre et se présenta à nouveau aux élections municipales des 23 et 30 septembre 1945 à Saint-Avold. Candidat sur la Liste d’unité française des partis et mouvements de la Résistance à dominante communiste, il obtint au premier tour 607 voix sur 1 871 suffrages exprimés pour 1 937 votants et 2 654 électeurs inscrits. Au second tour il obtint 610 voix sur 1 810 suffrages exprimés et 1 849 votants et ne fut pas élu.

Il prit ensuite du recul en raison d’une santé défaillante liée à la fois à ses conditions de déportation et à la silicose.

Charles Fousse s’était marié, en 1923 à Varsberg (Moselle) avec Madeleine Steinmetz, née le 17 mai 1905 à Hombourg-Haut (Lorraine annexée) ; ils eurent six enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50613, notice FOUSSE Charles par Pierre Schill, version mise en ligne le 10 juin 2009, dernière modification le 17 juin 2009.

Par Pierre Schill

Charles Fousse dans les années 1930
Charles Fousse dans les années 1930
[Coll. privée Michel Fousse, cliché transmis par Pierre Schill]

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine, dossier personnel. — Arch. Mun. Saint-Avold (Moselle), 1 K 3 ; 7 W 43. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194p. – Pierre Schill, « Antifascisme et résistance ouvrière organisés autour de la CGT et du Parti communiste en Moselle annexée (1940-1945) : entre histoire et mémoire », actes du colloque international de Metz (7 et 8 novembre 2003), « Annexion et nazification, une expérience européenne », organisé par le Centre de recherches en histoire de l’Université de Metz, à paraître sous la direction de Sylvain Schirmann. — Renseignements fournis par Michel Fousse, son petit-fils. — État-civil de Hombourg-Haut.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément