GAUTHIER Arthur, Jean

Par Pierre Schill

Né 24 mai 1911 à Petite-Rosselle (Lorraine annexée), mort le 28 juillet 1986 à Forbach (Moselle) ; mineur et homme de confiance (Vertrauensmann) aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) propriétés de la famille de Wendel ensuite nationalisées au sein des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; militant du syndicat CGT des mineurs de charbon de Lorraine et du Parti communiste.

Fils de Christian Gauthier*, mineur, et de Catherine née Steffenski, née en Sarre (Allemagne) dont il était le sixième enfant, Arthur Gauthier était le frère cadet d’Auguste Gauthier* et de Charles Gauthier*. Il commença à travailler en avril 1925 au puits Wendel des Houillères de Petite-Rosselle (Moselle), propriété de la famille de Wendel. Il effectua toute sa carrière dans cette compagnie minière jusqu’à sa retraite en 1966.

Sous l’influence de ses frères aînés, Arthur Gauthier adhéra en 1930 au syndicat unitaire des mineurs et au PC. Il faisait partie des militants syndicaux les plus actifs de la houillère au moment du Front Populaire, ce qui explique qu’il figurait sur « la liste des meneurs » établie le 2 décembre 1936. Il était notamment précisé à son propos : « se fait remarquer à toute occasion où il y a perturbation à faire : grèves de juin, arrêt du travail du 1er août, empêche les gens à travailler pendant le briquet ».

Arthur Gauthier étant homme de confiance (Vertrauensmann, c’est-à-dire l’équivalent d’un délégué du personnel) aux Houillères de Petite-Rosselle, il lui revint de participer à la mise en œuvre des avancées sociales du Front populaire.

En mars 1939, il fut condamné par la direction de la houillère au paiement d’une amende pour « actes d’indiscipline » répétés. Notamment parce qu’il incitait les ouvriers à quitter leur chantier plus tôt pour protester contre les conditions de mises en œuvre des accords sur la réduction du temps de travail.

Arthur Gauthier fut évacué en septembre 1939 dans le Pas-de-Calais où les mineurs des Houillères de Petite-Rosselle travaillaient toujours pour la maison de Wendel. Une note de la direction rosselloise, sur laquelle il figure, signalait en janvier 1940 à la direction de la Mine de la Clarence à Calonne-Ricouart les mineurs jugés « indésirables » en raison de leurs activités syndicales.

Rentré en Moselle à l’été 1940 au moment où le département lorrain était une nouvelle fois annexé par l’Allemagne, Arthur Gauthier fut arrêté le 14 septembre 1940 par les nazis, en raison de ses activités politiques et syndicales. Interné à la prison du Lerchesflur à Sarrebruck (Sarre, Allemagne), il fut mis au secret et tout contact avec les autres détenus lui était interdit. Ses frères Charles, né en 1908, et Auguste, né en 1905, furent aussi incarcérés dans cette prison. Arthur Gauthier fut libéré de la prison de Zwickau le 18 mai 1945.

Il fut réélu en décembre 1945, homme de confiance du puits Saint-Charles des Houillères de Petite-Rosselle en obtenant 391 voix sur 473 votants pour 676 électeurs inscrits.

Il participa de manière active à la grève qui toucha les houillères lorraines en octobre 1948. Travaillant alors au puits Saint-Charles du Groupe de Petite-Rosselle des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL), son activisme lui valut d’être renvoyé le 9 novembre 1948. La direction des HBL accepta finalement de le réembaucher à compter du 10 janvier 1949 mais en le rétrogradant au poste de piqueur alors qu’il était porion.

Arthur Gauthier s’était marié le 28 novembre 1945, avec Claire Ernestine née Hemmer le 13 août 1925 à Petite-Rosselle, ils eurent deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50671, notice GAUTHIER Arthur, Jean par Pierre Schill, version mise en ligne le 10 juin 2009, dernière modification le 10 juin 2009.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine, Vt233-B128 et B190 ; Vt323-B10, B13, B15, B16, B20 et B26 ; Vt421-B130 ; dossier personnel. — Arch. Dép. Moselle, 310 M 81. — Arch. personnelles de Jean Geiger. — Daniel Deutsch, Instants, instantanées en pays rossellois, Sarreguemines, 1996, p. 139. — Daniel Deutsch, Les familles de Petite-Rosselle et Vieille-Verrerie du 16e au 20e siècle, 1991.

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