FONTANOT Gisella

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Née le 20 février 1900 à Trieste (Italie), morte le 22 juin 1996 à Monfalcone (Italie) ; militante communiste ; résistante internée.

Avec son mari Giuseppe, Gisella Fontanot née Téra lutta en Italie contre le fascisme avant de s’expatrier en France en septembre 1924. Domiciliée 22 Rue des Basses-Groues (devenue rue des Trois Fontanot) à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine), le couple avait des relations avec Paul Chaumont, épicier, conseiller municipal communiste.

Gisella Fontanot fut interpellée avec son mari le 29 mai 1940 avec une quarantaine de militants de Nanterre et de Puteaux, tous soupçonnés de distribuer des tracts du parti communiste interdit. Emprisonnée à la Roquette, elle fut libérée en juin devant l’avancée des troupes allemandes.

Le 24 septembre 1942 la police et la gendarmerie interpellèrent dans le département de la Seine 1621 communistes dont le couple Fontanot. Les femmes étaient internées au camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire) et les hommes à Pithiviers (Loiret). À deux reprises, le consul général d’Italie Gustavo Orlandini écrivit le 14 octobre 1942 au préfet de police pour demander leur libération : « il s’agit de personnes connues […] pour avoir jusqu’à présent une bonne conduite ». Le préfet répondit le 17 novembre que le couple était interné « en raison de leur activité en faveur de l’ex-parti communiste. Il est donc impossible, dans les circonstances actuelles, d’envisager une mesure de clémence en leur faveur ». Nullement découragé le consul d’adressa à nouveau au préfet le 8 décembre, il fit observer que leur « éventuelle responsabilité n’était pas prouvée par un jugement ».

Elle fut transférée au camp de Poitiers le 15 janvier 1944, elle eut la visite de son fils Nerone le 30 mai à l’hôpital de Poitiers où elle était gardée par deux gendarmes. Libérée le 29 août 1944, Gisella était la mère de Jacques et de Nerone et la tante de Spartaco Fontano.

Retournée en Italie après la guerre, elle militait à l’Association des anciens partisans italiens (ANPI), elle était membre du conseil d’administration de l’Association nationale italienne des mutilés et invalides de guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50687, notice FONTANOT Gisella par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 11 juin 2009, dernière modification le 22 février 2016.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 0774, BA 1836, KB 78. – Arch. Dép. Vienne, 109 W 35. – Le journal de la résistance, France d’abord, septembre 1996. – Antonio Bechelloni, Les trois Fontanot, Nerone, Spartaco et Jacques, nanterriens, fils d’immigrés italiens, morts pour la France, Société d’Histoire de Nanterre, juin 2002.

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