GRANDIN Émile, Marie

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 4 juillet 1887 à Saint-Laurs (Deux-Sèvres), mort en déportation le 15 avril 1944 à Buchenwald ; fraiseur à la Manufacture d’Armes de Châtellerault (Vienne) ; militant communiste et syndicaliste.

Fils d’un serrurier et d’une mère sans profession, Émile Grandin fut déclaré par un domestique (Bridonneau Mathurin) demeurant Logis des mines à Saint-Maurs, mais le père habitait Loudun et la mère n’habitait Saint-Laur que "momentanément", sans doute au domicile de ses parents.

Émile Grandin fut élu secrétaire du groupe communiste de Châtellerault le 14 janvier 1921, juste après la scission de Tours. Seuls cinq militants locaux avaient quitté l’organisation pour rejoindre la SFIO. Le secrétaire était assisté d’Anatole Day et Auguste Brion (secrétaires adjoints), d’Émile Cibert (trésorier), de Lucien Prenant (trésorier adjoint) ; R. Chemineau aurait été aussi, un temps, secrétaire adjoint.

Le Parti communiste présenta Grandin aux élections législatives du 11 mai 1924. Celui-ci créa, en octobre 1924, la cellule communiste de la Manufacture d’Armes, forte de cinquante membres (sur 950 ouvriers et 90 employés) dont une trentaine de militants réguliers. Dans l’usine « l’influence prédominante est celle des communistes » (cette citation et la suivante sont extraites des Cahiers du bolchevisme, 18 février 1926). Mais, pour des raisons tactiques, les militants de la Manufacture restèrent à la CGT : « Dans l’intérêt de l’unité, la cellule a guidé le syndicat ouvrier à la constitution avec les syndicats confédérés de l’Union locale, de groupes des amis de l’unité. Le délégué du syndicat ouvrier au congrès de la CGT fut le porte parole de la minorité. »

Émile Grandin créa, en 1926, le journal l’Unité « organe d’action pour la réalisation de l’Unité syndicale nationale et internationale sous le contrôle des militants de l’Union locale confédérée de Châtellerault ». L’Unité accueillait des articles d’opposants à la politique confédérale ; en particulier J. Cenis, secrétaire des lithographes de Bordeaux (Gironde), F. Caïti, secrétaire du Textile de Romilly-sur-Seine (Aube), P. Jeanrot, ex-secrétaire général de la section SNI du Jura, L. Mauriès, secrétaire du syndicat (exclu de la CGT) des travailleurs de la pharmacie de Paris, A. Dary, secrétaire du syndicat des tabacs de Lyon (Rhône).

L’Humanité donnait une grande publicité aux prises de position du syndicat de Grandin en faveur des appels à l’unité de la CGTU et Grandin assista en février 1926 à la commission syndicale centrale du PC. Il assura le secrétariat de son organisation de 1920 à 1939 et fut trésorier de l’Union locale mixte (CGT et CGTU) en 1930. En 1926, Émile Grandin avait assisté, selon la police, au Ve congrès du PC tenu à Lille du 20 au 26 juin.

En 1932, Grandin était trésorier du rayon communiste de Châtellerault et de la cellule locale (voir A. Giraudeau). Avec J. Guillon et A. Bouloux, il représenta la Vienne au congrès national du Parti communiste tenu à Arles, décembre 1937.

Il signait ses articles Georges Avril dans Le Prolétaire de la Vienne.

Arrêté le 23 octobre 1941, il fut déporté le 17 janvier 1944, au départ de Compiègne, vers Buchenwald où il mourut le 15 avril 1944.

Il s’était marié le 20 février 1943, à Compiègne, avec Marguerite Lindencher.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50757, notice GRANDIN Émile, Marie par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 27 juin 2009, dernière modification le 11 décembre 2009.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F7/12981, F7/13090, F7/13130, rapport du 11 juillet 1932. — Arch. Dép. Vienne, M 4 535, 536, 664. — Le Prolétaire de la Vienne, 1921. — L’Avant-Garde (de Tours), 1924. — Les Cahiers du bolchevisme, 18 février 1926. — L’Humanité, 28 janvier 1926. — Le Front Populaire de la Vienne, 1er janvier 1938.— Le Patriote poitevin, 18 mai 1947.J. Marion, Le Mouvement ouvrier dans la Vienne, 1871-1914, Poitiers, 1963. — Arch. Mun. Châtellerault. — La Défense sociale.— Note de Jean-Pierre Besse. — État civil.

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