GUILLEMARD Marcel [GUILLEMARD Georges, Louis, Marcel]

Par Léon Strauss

Né le 29 mars 1891 à Boncourt-le-Bois (Côte-d’Or), mort le 17 juin 1981 à Mulhouse (Haut-Rhin) ; instituteur dans le Haut-Rhin ; militant syndicaliste (CGTU, SNI), militant communiste ; secrétaire général de la section départementale du SNI du Haut-Rhin (1945-1952) et secrétaire départemental de la FEN en 1952.

Fils de vignerons, Marcel Guillemard, mobilisé à la sortie de l’École normale d’instituteurs de Dijon (Côte-d’Or) en 1914, fut prisonnier de guerre en Allemagne. Il fit la connaissance de Dora (Dorothée) qu’il épousa en décembre 1919 à Nuremberg. Vraisemblablement durant cette captivité, il prit parti pour la Révolution russe. Après l’Armistice du 11 novembre 1918, il fut nommé instituteur à Soultz (Haut-Rhin), où il fonda une section communiste dès 1921. Il fut ultérieurement muté à Bourtzwiller, puis à Mulhouse, où il était directeur de l’école Nessel, lors de son départ à la retraite en 1952. Depuis 1925, il appartenait simultanément au Syndicat national (CGT) et à la Fédération unitaire de l’Enseignement (CGTU). Lorsqu’il constitua un groupe autonome de jeunes instituteurs, Lucien Boulanger le contraignit à démissionner du SN le 6 juin 1929. Il revint dans cette organisation au moment de la réunification syndicale de 1936.

Un des rares militants communistes francophones en Alsace, Marcel Guillemard joua un rôle important dans la fédération du Haut-Rhin, d’autant plus qu’il avait fait deux voyages en URSS. Il fut secrétaire départemental du Secours rouge international (SRI) de 1927 à 1935 et trésorier du Comité départemental d’aide à l’Espagne républicaine en 1937. Interné de novembre 1939 à novembre 1941 successivement à Belfort (Territoire de Belfort), à Gray (Haute-Saône), puis en Haute-Vienne, il aurait, selon le quotidien socialiste de Mulhouse, accepté en février 1940 de désavouer le Pacte germano-soviétique et annoncé sa sortie du Parti communiste. Après sa libération, il retrouva un poste d’instituteur à Saint-Geniès (Dordogne) où il participa à l’activité des FFI.

À son retour à Mulhouse, en 1945, Marcel Guillemard était de nouveau membre du Parti communiste français et siégea dans son groupe au conseil municipal de 1945 à 1952. Instituteur à Bourtzwiller puis à Mulhouse, lors de l’assemblée générale du SNI du Haut-Rhin le 11 octobre 1945, à la suite de la démission de Jules Senger*, il fut élu secrétaire général de la section départementale. Cette élection, renouvelée dans les années suivantes, était paradoxale, puisque les communistes étaient très minoritaires dans la section et que ce rapport de force subsista dans les décennies suivantes, mais aucun syndiqué des autres tendances n’était prêt à assumer cette charge lourde et ingrate dans un département « concordataire ».

Marcel Guillemard faisait partie de la présidence lors de la réunion du conseil national du SNI les 18-19 juillet. Au congrès national du SNI de décembre 1945, assesseur de la séance du 28 décembre consacrée à l’examen du rapport moral, il prit la parole pour demander l’introduction immédiate des lois laïques en Alsace et en Moselle. Membre du bureau de l’Union départementale CGT, il fut l’un des signataires d’une déclaration pour le maintien de l’unité en décembre 1947. Candidat individuel à l’élection du bureau national du SNI qui, pour la première fois, introduisait la représentation proportionnelle, il obtint 18 voix, le 28 décembre 1947. Lors de la réunion de la commission exécutive départementale du SNI du 5 février 1948, il fut contraint d’accepter un référendum qui donna 82 voix pour l’adhésion à FO et 270 pour l’autonomie, alors que le maintien dans la CGT ne recueillait que 61 suffrages. Lors du congrès national du SNI, le 23 mars 1948, il s’étonna que le bureau national n’ait pas réagi quand l’Assemblée nationale vota la prorogation des lois sociales locales en Alsace-Lorraine. Secrétaire départemental de la FEN en janvier 1952, un conflit violent l’opposa au SNET et paralysa la section. Guillemard prit sa retraite en juillet 1952. Il fut à nouveau assesseur de la sixième séance du congrès national du SNI le 19 juillet 1952 à Paris. Jules Senger reprit alors le secrétariat général. Il continua à siéger, avec voix consultative, à la Commission exécutive départementale du SNI en qualité de secrétaire départemental de la Fédération générale des Retraités. En revanche, il ne fut pas réélu membre titulaire en 1956 ni en 1958.

Marcel Guillemard fut également vice-président de la section départementale de la MGEN, président du comité départemental de France-URSS (1947-1973) et administrateur de la Caisse d’épargne de Mulhouse (1937-1973).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50791, notice GUILLEMARD Marcel [GUILLEMARD Georges, Louis, Marcel] par Léon Strauss, version mise en ligne le 7 juillet 2009, dernière modification le 13 août 2010.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. dép. Bas-Rhin 98 AL 665, 102 AL 47. — La Fraternelle, Bulletin de la section SNI du Haut-Rhin, 1921-1926, 1930-1940, 1945-1981. — SNI. Bulletin des sections départementales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, mai 1929. — L’École libératrice. — L’Humanité, Strasbourg, 1935-1939. — Der Republikaner, Mulhouse, 3 février 1940. — L’Huma Sept Jours, Strasbourg, janvier 1981. — L’Alsace, Mulhouse, 24 juin 1981. — L. Strauss, « L’Alsace –Lorraine » in Les Communistes français de Munich à Chateaubriant, Paris, 1987, p. 380. — Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, fascicule n° 14, Strasbourg, 1989, p. 1328. — L. Strauss, « La section du Haut-Rhin du Syndicat national des instituteurs et le statut local de 1921 aux années 1970 », in Françoise Olivier-Utard (dir .), Instits, profs et syndicats en Alsace , 1918-2000, Strasbourg, 2008, p. 61-95. — Notes d’André Humbrecht, Mulhouse, 1989. — Notes de Jacques Girault. — État civil.

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