SIMON Marcel, Louis, Pierre

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 27 décembre 1899 à Pontaubault (Manche), fusillé le 13 mai 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé ; militant socialiste à la Section française de l’Internationale socialiste (SFIO) ; résistant, membre de la Confrérie Notre-Dame (CND).

Fils de Louis Pierre Simon, employé de chemin de fer, et de Marie Louise Morel, sans profession, Marcel Simon, employé de bureau, s’était marié le 25 août 1923 à Paris (XVIIIe arr.) avec Marie Françoise Gilbert. Sa maison de Chatou (Seine-et-Oise, Yvelines) abritait régulièrement des émissions clandestines des opérateurs-radio de la CND, le réseau de renseignement constitué par le colonel Rémy pour le compte du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA). En mars 1942, le contre-espionnage allemand finit par la repérer et à y surprendre Roger Subsol en plein travail de transmission. Marcel Simon fut arrêté avec lui et incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Un an plus tard, le 26 mars 1943, s’ouvrait à l’hôtel Crillon (Paris, VIIIe arr.) le procès des quatorze membres de la CND poursuivis pour « espionnage ». Selon le témoignage rapporté après-guerre au colonel Rémy par l’un des deux accusés survivants (André Crémailh), « chacun est appelé et va se placer sur la sellette devant le président. Pour tous, même question : identité détaillée, identité des parents, des frères et des sœurs. Origine du nom. Activité politique. Partis auxquels on a adhéré. Opinions sur Pétain et Laval. Revenus et montant du loyer. Quand Simon dit faire partie des SFIO, le président demande d’un air acide : « ``Le parti de Léon Blum, n’est-ce pas ?’’ Nous avons tous l’impression qu’il est jugé dès à présent [...]. »
Le 9 avril, lors de l’énoncé des sentences, le major Seudler, qui présidait le tribunal de guerre, n’évoqua pourtant pas les engagements politiques de Marcel Simon, mais seulement son rôle au sein de la CND : « Simon, de Chatou, a prêté sa maison, en a connu l’utilisation, a manifesté sa volonté d’aider le réseau. Peine de mort. »
Marcel Simon fut exécuté au Mont-Valérien le 13 mai 1943 avec ses onze camarades. Le grade de sous-lieutenant lui fut attribué à titre posthume, ouvrant des droits à réversion pour sa famille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50797, notice SIMON Marcel, Louis, Pierre par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 2 février 2016, dernière modification le 25 janvier 2019.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : DAVCC, Caen. – Colonel Rémy, Mémoires d’un agent secret de la France libre, Éd. Aux Trois Couleurs et Raoul Solar, Paris 1946. – Site Internet Mémoire des Hommes. — État civil.

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