GUILLAUMIN Jacques

Par Julian Mischi

Né le 3 janvier 1890 à Saint-Aignan-des-Noyers (Cher), mort le 18 avril 1970 à Moulins (Allier) ; instituteur puis directeur d’école à Vichy ; militant syndicaliste du SNI ; militant communiste de l’Allier ; résistant, animateur des sections du PCF de Vichy et de Lurcy-Lévis.

Né dans une famille d’ouvriers agricoles, Jacques Guillaumin perdit sa mère à l’âge de quatre ans. Il fut alors élevé par son oncle, artisan à Lurcy-Lévis, commune du nord de l’Allier, où il fréquenta l’école primaire. Après avoir suivi les cours de l’École normale d’instituteurs de Moulins (Allier), il fut nommé instituteur à Cosne-d’Allier. Il effectua son service militaire dans l’infanterie en 1911 et le termina avec le grade de sergent. Lors de la Première Guerre mondiale, mobilisé, blessé dès le 25 août 1914 (10 % d’invalidité), il fut décoré de la croix de guerre pour son courage.

Jacques Guillaumin se maria en août 1915 avec une institutrice, Eugénie Robichon.

Au lendemain du conflit, Jacques Guillaumin adhéra à l’Association républicaine des anciens combattants, anima un comité de lutte contre le fascisme et participa à des actions de solidarité au profit des républicains espagnols. Il fut successivement instituteur à Lurcy-Lévis, Saint-Plaisir, Saint-Priest, Montluçon puis à Vichy où il fut nommé directeur de l’école Paul Bert. Militant du Syndicat unitaire des enseignants et des organisations laïques, il participa aux grèves de 1936, à la suite desquelles il adhéra au Parti communiste. Il fut souvent désigné comme médiateur lors des grèves.

En mai et juin 1940, Jacques Guillaumin apporta une aide aux réfugiés qui affluèrent en zone Sud puis travailla à la reconstitution du Parti communiste clandestin. Il fut révoqué le 1er octobre 1940 et arrêté 7 jours plus tard. Sa femme, institutrice à Vichy, fut déplacée d’office à Bellerive (Allier). Il fut interné à Mons près d’Arlanc (Puy-de-Dôme) puis à Nexon près de Limoges (Haute-Vienne). Dans ces deux camps, il organisa des groupes de résistance avant d’être déporté à la fin de 1941 en Algérie, à Djelfa, situé en plein désert, puis à Bossuet. Après la libération de l’Algérie, il devint un militant légal du Parti communiste. Sous la direction du professeur Lafond, il travailla à Alger au ministère des affaires sociales.

Rentré à Vichy en automne 1944, désigné comme conseiller municipal par arrêtés préfectoraux du 7 septembre 1944 et du 4 novembre 1944, Jacques Guillaumin reprit son poste de directeur de l’école Paul Bert en même temps que ses responsabilités politiques et syndicales dans le département. Candidat aux élections municipales du 29 avril 1945, il fut battu.

Il participa notamment à la lutte du PCF et de ses organisations satellites contre la guerre d’Algérie ainsi qu’au mouvement de mai 1968. Après son départ à la retraite, radié des listes électorales de Vichy en juillet 19045 « sur sa demande », il s’installa à Lurcy-Lévis où il s’occupa de la section du PCF avec Maurice Blanc, Roger Friaud et Louis Dumont. Il fut décoré de la Légion d’honneur en octobre 1960.

Sa compagne Jeanne Robichon qui militait à l’Union des femmes françaises après la Libération, et lui élevèrent quatre enfants : Jacques et Pierre Guillaumin ainsi que Suzanne, épouse Cluzel, furent des militants communistes de premier plan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50814, notice GUILLAUMIN Jacques par Julian Mischi, version mise en ligne le 13 juillet 2009, dernière modification le 14 juillet 2021.

Par Julian Mischi

SOURCES :Arch. Mun. Vichy (Valérie Goutaudier). — Archives du Comité national du PCF. — Archives de la fédération du PCF de l’Allier. — André Sérézat, Et les Bourbonnais se levèrent, Nonette, Ed. Créer, 1986. — Renseignements communiqués par la fille de l’intéressé, Suzanne Cluzel. — Notes de Jacques Girault et de Jean-Claude Simonnin.

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