GIOVACCHINI Dominique [GIOVACCHINI Jean, Dominique]

Par Louis-Pierre Montoy

Né le 28 août 1886 à Sainte-Marie Figaniella (Corse), mort le 29 juillet 1951 à Menton (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; dirigeant SFIO dans la région bônoise, puis un temps bref, membre du Parti communiste, puis de nouveau membre de la SFIO ; conseiller municipal de Bône (Annaba).

La famille Giovacchini arriva de Corse en Algérie en 1902 pour s’installer à Bône (Annaba). Dominique Giovacchini a alors seize ans. Il s’inscrivit à l’école primaire supérieure de la ville puis suivit de 1904 à 1907, l’École normale de Constantine. Nommé instituteur, il occupa différents postes à Khenchela, à Souk-Ahras (1910-1913), Ain Beida (1913-1917) et Bône jusqu’à sa retraite qu’il prit le 5 décembre 1926. Mobilisé en France, en 1915-1916, il avait été blessé à la face et gagné la médaille militaire et la croix de guerre avec palmes ; il fut un des fondateurs de l’Amicale des mutilés de guerre à Bône.

Membre de la Fédération SFIO, il commença son action politique à Souk-Ahras où il était, en 1911, secrétaire de la Ligue des droits de l’homme. Il y fonda Défendons-nous, organe mensuel des instituteurs et institutrices d’Afrique du Nord. En 1913, pour avoir participé à une grève des cheminots, il fut muté à Ain Beida (voir Le Réveil bônois, 10 juin 1913 : « À Souk-Ahras : « l’affaire Giovacchini » ; Le Réveil de Souk-Ahras, 26 novembre 1913 : « l’affaire Giovacchini à la Chambre » ; 29 octobre 1913 : « le départ de Monsieur Giovacchini »).

Après la guerre de 1914-1918, il devint un des principaux dirigeants de la SFIO dans la région bônoise. Il fut candidat socialiste aux élections législatives de 1919. Il collabora à L’Opinion libre et au Droit du Peuple, journaux socialistes paraissant à Bône. Ses adversaires, aux premiers rangs desquels se plaçait Maxime Rasteil, le surnommaient Babaou et lançaient contre lui de violentes attaques, en particulier dans Le Réveil bônois (13 septembre 1919 : « les agitateurs socialistes bônois » ; 25 janvier 1921 : « les instituteurs révolutionnaires de France et d’Algérie » ; 15 avril 1921. « Babaou chez les agriculteurs » ; 14 juin 1921 : « la dernière de Babaou » ; 22 novembre 1923 : « le Babaou copiste »).

En juin 1921, la polémique fut alimentée par la parution d’un petit fascicule rédigé par Dominique Giovacchini et intitulé : « La question indigène et le Parti communiste » qui se réclamait des thèses de Lénine sur la lutte anticoloniale. En décembre 1920, à la scission, Giovacchini était en effet passé au PC comme la majorité des socialistes d’Algérie. Il participa ainsi au congrès de Marseille de 1921. La même année, il se présenta aux élections municipales et aux élections pour le conseil général.

Comme d’assez nombreux anciens socialistes, il s’éleva par nationalisme français, contre la campagne communiste contre la guerre du Rif ; il abandonna la Fédération communiste en 1923-1924 et publia d’abord en 1924 un journal « communiste indépendant » L’Étincelle qui reparut épisodiquement comme socialiste, puis il réintégra la SFIO. En 1925, il était élu conseiller général et réélu en 1931. En 1928 et 1932, il fut candidat SFIO dans la 2e circonscription de Constantine. Il échoua. En 1937, alors qu’il quitta la SFIO, il se représenta au conseil général sous l’étiquette « socialiste antimarxiste » d’autant qu’il prit position contre le projet Blum-Viollette et le Front populaire ; il ne fut élu qu’au second tour contre Palomba*, candidat du Parti communiste algérien. En 1939, il reçut la croix de la Légion d’honneur dans le grand hall Citroën à Bône, des mains du très colonial sénateur Paul Cuttoli dans une grande manifestation patriotique française.

En 1945, Dominique Giovacchini se présenta de nouveau ; il fut candidat républicain de gauche et battu par le communiste Palomba*. En 1947, il fut élu conseiller municipal de Bône sur la liste d’Union républicaine et de rassemblement du peuple français conduite par Paul Pantaloni. Il mourut à Menton en juillet 1951 ; il fut inhumé à Sainte-Marie Figaniella son village natal en Corse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50818, notice GIOVACCHINI Dominique [GIOVACCHINI Jean, Dominique] par Louis-Pierre Montoy, version mise en ligne le 14 juillet 2009, dernière modification le 25 juin 2010.

Par Louis-Pierre Montoy

SOURCES : Arch. Nat. France, Paris, F7 13085. – A. Juving, Le Socialisme en Algérie, thèse de droit, Alger, 1924. – La Dépêche de l’Est, 29 juillet et 6 août 1951. –Notice plus détaillée, revue Parcours, l’Algérie, les hommes et l’histoire, n° 6-7, décembre 1986 et n° 12, mai 1990.— Etat civil.

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