BERTHON Pierre, Marie, André.

Par Michel Dreyfus

Né le 21 juillet 1882 à Petit-Palais-et-Cornemps (Gironde), mort le 16 novembre 1968 à Paris (Ve arr.) ; avocat ; député communiste de Paris (1919-1932) ; membre du Secours rouge international de sa création à 1930.

Vers 1905, André Berthon ouvrit un cabinet d’avocat dans la capitale. Dans les années 1920, il disposait d’une solide fortune, sans doute exagérée par ses adversaires afin de souligner une contradiction entre son engagement politique et sa situation personnelle. Adhérant à la SFIO dès sa création, il plaida souvent en faveur de militants syndicalistes, anarchistes et antimilitaristes.

Mobilisé de 1914 à 1917, il fut alors affecté, au ministère de la Guerre, comme chef adjoint de cabinet. Il se consacra à la défense de soldats accusés de trahison, de refus d’obéissance ou de désertion en allant jusqu’à rappeler, en 1921, leur sort dans une lettre ouverte au ministre de la Guerre, Louis Barthou. En 1918, il collaborait au journal La Bataille. Élu en novembre 1919 dans la 3e circonscription de la Seine, Berthon assista au congrès de Tours et adhéra au Parti communiste.

De 1921 à 1931, Berthon défendit de nombreux militants révolutionnaires : André Marty*, Louis Badina et les mutins de la mer Noire, Marcel Cachin* et Paul Vaillant-Couturier*. Il s’éleva contre l’occupation de la Ruhr (1923), la guerre du Maroc (1925) — il signa en juillet de la même année avec Cachin* et Doriot* une plaquette, Contre la guerre du Maroc. Il défendit la CGT tunisienne, les autonomistes alsaciens Rossé et Ricklin et, en 1930, les manifestants solidaires des condamnés indochinois de Yen Bay. Il fut l’avocat de Jacques Doriot*, Gabriel Péri et Jacques Sadoul*. En novembre 1927, il prit la défense de J. Humbert-Droz*, condamné à 3 mois de prison.

En 1922, le comité directeur du Parti communiste le chargea de reconstituer la Fédération de Tunisie qui avait été dissoute. Berthon fut réélu député en 1924 puis en 1928.

Membre du comité exécutif national du Secours rouge international, il fit, à ce titre, plusieurs voyages en 1930 dans les pays balkaniques.

Militant du sous-rayon du Ve arrondissement de Paris en 1925, Berthon espérait se créer un fief électoral dans le Var. Mais, élu conseiller général de l’arrondissement de Saint-Tropez en octobre 1928, il ne fut pas investi par le PC pour les législatives en 1932. Quatre autres responsables parmi lesquels Victor Doeblé* furent également frappés par cette mesure. Aussi, Berthon adressa à Maurice Thorez* une lettre, publiée par l’Humanité le 24 février 1932, dans laquelle il lui annonçait son départ du Parti. Il rejoignit alors le Parti d’unité prolétarienne dont il fut le candidat, sans succès, aux élections municipales de mai 1935 dans le quartier de la Roquette à Paris et aux législatives d’avril 1936.

Mobilisé en septembre 1939 à Sens (Yonne), nommé conseiller municipal du XIIIe arrondissement de Paris en 1943 par Pierre Laval, Berthon fut accusé par le PC d’avoir tenté de fléchir Péri à la veille de son exécution, le 6 décembre 1941, en lui demandant de condamner les attentats terroristes. Il reconnut avoir parlé à Péri, mais nia toujours avoir sollicité une déclaration de désaveu. Incarcéré à la Prison de la Santé d’octobre 1944 à janvier 1945, libéré, il appartint au Parti socialiste démocratique de Paul Faure.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50837, notice BERTHON Pierre, Marie, André. par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 15 juillet 2009, dernière modification le 15 juillet 2009.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Notice par Jean Maitron et Claude Pennetier, DBMOF. — Archives J. Humbert-Droz, t. 2 : Les partis communistes des pays latins et l’IC dans les années 1923-1927, op. cit.

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