BOUTHONNIER Paul, Joseph, Numa. Pseudonyme : BOUTON. [version DBK]

Par Michel Dreyfus

Né le 4 janvier 1885 à Saint-Laurent-sur-Manoire (Dordogne), mort le 13 janvier 1957 à Paris (Xe arr., Hôpital Lariboisière) ; enseignant ; membre du comité directeur du PC de décembre 1921 à octobre 1922 ; membre du comité central de 1926 à 1929 ou 1930, selon les sources. Il participa vraisemblablement au VIe congrès de l’IC et fit de nombreux voyages à Moscou, de 1922 à 1939.

Après avoir suivi les cours de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Paul Bouthonnier fut nommé professeur à l’École primaire supérieure de Nontron (Dordogne) où il se maria en février 1911 puis à celle d’Excideuil (Dordogne). En 1912, il était secrétaire général de la Fédération SFIO de la Dordogne, administrateur de la Bourse du travail de Périgueux et président de la « Coopérative nouvelle » de cette ville.

En 1919, il se prononça pour la Révolution russe et la IIIe Internationale. Solidaire des grévistes au printemps 1920, il fut révoqué de ses fonctions enseignantes pour ses activités militantes.

Il participa au congrès de Tours où sa candidature au comité directeur du PC, nouvellement constitué, fut proposée mais non retenue. Au 2e congrès du PC (Marseille, décembre 1921), il fut élu au comité directeur. Il milita dans le Sud-Ouest. En août 1922, il se prononça pour la motion Frossard-Souvarine sur le front unique ; il se classait alors à la gauche du Parti. Il démissionna de ses fonctions à la suite du 2e congrès du PC (Paris, octobre 1922).

Réintégré dans l’enseignement en 1924 à Rouen, il milita alors surtout dans la Basse-Seine. Nommé secrétaire de la Région communiste de Basse-Seine, il entra au comité central à la suite du congrès de Lille (juin 1926). Depuis longtemps, il s’intéressait à la coopération ; en octobre 1922, il avait été un des signataires du projet de thèse et de résolution sur le rôle des communistes dans la coopération.

Il fit de nombreux voyages à Moscou et participa à maintes reprises aux travaux de plusieurs instances de l’Internationale communiste : congrès, secrétariat, plénums. En mai 1922, il y était longuement intervenu sur la question française. Le 4 février 1926, il fut désigné par le bureau politique pour participer à la conférence de la Section coopérative de l’IC à Moscou mais il ne put s’y rendre.

Ce fut surtout de 1926 à 1929 qu’il joua un rôle important. En juin 1926, il assista au 5e congrès du PC (Lille) et fut élu au comité central. Il eut alors des responsabilités nationales puisque le 14 octobre 1926, il signa, en tant que secrétaire administratif du Parti, une lettre relative à la récente exclusion de Ruth Fischer. Il fut également chargé du rapport présenté au comité central sur l’opposition française. De février à juin 1928, il fut de facto un des trois secrétaires du Parti avec Maurice Thorez et Pierre Semard* ; en juillet-août 1928, il exerça l’intérim de la direction du Parti durant le VIe congrès de l’IC auquel il semble avoir assisté.

Il intervint également lors du I0e plénum de l’IC (mars 1929) sur les difficultés financières du PC ainsi que sur l’attitude de Doriot*. En avril 1929, il fut, selon la police, chargé d’assurer la liaison avec Maurice Thorez*, alors dans la clandestinité. Lors du 6e congrès du PC (avril 1929, Saint-Denis), il fut confirmé comme membre du comité central et devint premier suppléant du bureau politique. Le 10 juin 1929, il participa à la séance du secrétariat politique du Comité exécutif de l’IC où furent analysées les décisions de ce congrès : orientation générale dans la discussion qui suivit le rapport de Pierre Semard*, désignation des délégués au congrès, questions diverses telles que les délégués d’usines, et les élections municipales.

Emprisonné durant l’été ou l’automne 1929 à la suite d’un article antimilitariste paru dans l’Humanité, il fut détenu jusqu’au 15 avril 1931. Il demanda alors, mais en vain, sa réintégration dans l’enseignement. Toujours syndiqué à la Fédération de l’enseignement, il participa jusqu’en 1935 à ses congrès et fut souvent le porte-parole de la fraction communiste.

Il se consacra alors à la mise sur pied d’une Université ouvrière qui fonctionna à partir de 1936 et à qui il apporta une contribution très importante.

Il rapporta auprès des instances de l’IC, notamment en mai et septembre 1937, sur le fonctionnement de cette structure ainsi que sur les problèmes de formation. Il semble également avoir rapporté à plusieurs reprises auprès de l’IC en 1939 : en mars sur les décisions du secrétariat du PC concernant le « danger hitlérien » ; en octobre sur les problèmes posés par la nouvelle orientation de l’IC.

Après la guerre, il reprit la direction de l’Université ouvrière baptisée alors Université nouvelle. Toute sa vie, il resta un membre dévoué du PC.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50861, notice BOUTHONNIER Paul, Joseph, Numa. Pseudonyme : BOUTON. [version DBK] par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 17 juillet 2009, dernière modification le 17 juillet 2009.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI, 495 1 49 ; 493 1 635 495 10a 8, 11, 35 et 38 ; 495 32 23 et 24 ; 495 3 138 ; 517 1 496 ; 517 1 1903 ; 517 1 642 ; 517 1 776. —Notice par J. Girault et J. Maitron, DBMOF, t. 20.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément