GUILLOU Madeleine [née GOURIOU Madeleine, Anne, Célina]

Par Alain Prigent, François Prigent

Née le 19 septembre 1916 à Tréglamus (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), morte le 2 novembre 2003 à Paimpol (Côtes-d’Armor) ; institutrice ; militante École Émancipée, conseillère syndicale de la section départementale du SNI des Côtes-du-Nord en 1939, de 1951 à 1956, de 1960 à 1962 ; militante espérantiste.

Fille d’un cultivateur, Madeleine Gouriou était institutrice à Ploumagoar (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) à la veille de la guerre. La plupart des membres de la direction départementale étant mobilisée, elle intégra comme de nombreuses militantes célibataires ou femmes de mobilisées, un conseil syndical provisoire en 1939. En octobre 1939, la direction départementale se déclara solidaire de la motion présentée par le secrétaire de l’UD-CGT du Nord, Georges Dumoulin, du courant Syndicats. Cette ligne pacifiste conduisit le Préfet des Côtes-du-Nord à prendre des mesures répressives à l’encontre de militants de la section départementale, pour avoir « proféré des propos défaitistes. ».

Armand Lagain dut quitter l’arrondissement de Lannion, par décision du général commandant de la XIe Région militaire, le 23 septembre 1939. Plusieurs institutrices furent également frappées par des mesures administratives. Jeanne Le Jeune, de L’Armor-Pleubian, responsable départementale du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert, fut sanctionnée. Simone Leroy, institutrice à Maël-Pestivien, fut également déplacée à Saint-Adrien pour avoir fait signer par une dizaine de personnes du village une pétition d’essence pacifiste dans les premiers jours de la guerre. Proche de France Chauvel, de Jeanne Le Jeune et de Simone Leroy, militantes ajistes, espérantistes et militantes du SNI comme elles, Madeleine Gouriou, identifiée par les services de la préfecture comme communisante, subit une perquisition le 22 mai 1940.

À la Libération le 30 juillet 1946 à Trédrez-Locquémeau, elle épousa Sylvestre Guillou, instituteur, ancien conseiller syndical qu’elle avait connu avant la guerre dans le mouvement espérantiste. Le couple eut deux enfants. Ils occupèrent un poste double à Tréméven, petite commune du canton de Lanvollon. Elle réussit à concilier son métier, sa vie de famille et une intense activité syndicale. Ils furent sur le devant de la scène départementale pendant deux décennies.

En avril 1951, remplaçant son époux en huitième position sur la liste « Indépendance du syndicalisme » dirigé par Arthur Bourgès, Madeleine Guillou fut élue. Le courant « unitaire ex-CGT » obtint 13 sièges (plus deux sièges), les « autonomes » eurent 8 élus perdant un siège et le courant FO obtint trois sièges, en gagnant deux. Candidate du SNI, elle siégea au Conseil départemental de l’enseignement primaire en 1955.

Élue en 1961 au conseil syndical sur la liste « Pour l’Indépendance du syndicalisme » initiée par les militants de l’École Émancipée et conduite par Émile Orain de Lannion, elle fit son retour dans les instances départementales jusqu’en 1962. Elle termina sa carrière à Kérity en Paimpol dans la même école qu’un secrétaire de section École Émancipée, Georges Meyssonnier. Ayant fait valoir ses droits à la retraite, elle n’était pas en position d’éligibilité en 1963 lorsque le courant la présenta comme candidate sur une liste conduite par Yves Thomas.

En 1965, elle était adhérente de la section du Parti socialiste unitaire de Paimpol ainsi que son époux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50910, notice GUILLOU Madeleine [née GOURIOU Madeleine, Anne, Célina] par Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 20 juillet 2009, dernière modification le 10 juillet 2021.

Par Alain Prigent, François Prigent

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/106. — Arch. dép. Côtes-d’Armor, 2W129, AP 70/c, bulletin du SNI 1939. — Archives de la FSU 22 (bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN). — Alain Prigent, Les instituteurs des Côtes-du-Nord sous la IIIe République (Laïcité, amicalisme et syndicalisme), Éditions Astoure, 2005, 272 p. — Renseignements fournis par François Prigent sur les adhérents du PSU. — État civil Tréglamus et Trédrez-Locquémeau.

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