GIBERT Maurice, Aimé

Par Jacques Girault

Né le 11 janvier 1915 à Sembadel (Haute-Loire), mort le 10 octobre 1983 au Puy-en-Velay (Haute-Loire) ; instituteur ; militant du SNI ; militant communiste ; conseiller municipal du Puy-en-Velay.

Fils de fermiers de pratique catholique pour sa mère, Maurice Gibert reçut les premiers sacrements catholiques. Il entra à l’Ecole normale d’instituteurs du Puy en 1931 et fut instituteur à partir de 1934 à Crespinhac par Solignac-sous-Roche. Il enseigna d’octobre 1938 à juillet 1939 à Cistrières, poste qu’il retrouva en 1941 jusqu’en 1943.

Gibert effectua son service militaire dans les chars d’assaut comme caporal (octobre 1936-octobre 1938).

Gibert adhéra à la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1934 et fut l’année suivante élu secrétaire du groupe de jeunes du SNI. Abonné à L’Ecole émancipée, il fut un des rédacteurs, en 1936-1937, du bulletin trimestriel du Groupe des Jeunes de l’Enseignement laïc de Haute Loire L’Essor, qui parut à partir de juillet 1936. Il fut membre du conseil syndical de la section en 1938. En janvier 1939, se constitua le groupe départemental des “Amis de L’Ecole émancipée“ dont il fut le secrétaire-adjoint.

Gibert adhéra aux Amis de l’Union soviétique en 1933. Sympathisant du Parti socialiste SFIO, il adhéra en 1934 mais ne reprit pas sa carte en 1935. Il créa un comité Amsterdam-Pleyel à Retournac. Influencé par les analyses du syndicalisme révolutionnaire, il devint à la fin des années 1930 sympathisant communiste, favorable à l’intervention en Espagne. Plus tard, il affirmait, « je n’ai jamais marché dans les illusions pacifistes des dirigeants du SNI ».
Gibert se maria religieusement (« concession à nos deux familles pratiquantes et conformistes ») en décembre 1938 au Puy, avec la fille d’un employé municipal. Le couple eut deux enfants.

Mobilisé dans les chars en septembre 1939, Gibert fut fait prisonnier près de Toul, le 23 juin 1940. Au stalag de Verdun, malade il fut envoyé à l’hôpital de Verdun (juillet-septembre). Employé aux services de l’hôpital, il s’évada en décembre 1940 grâce à des ausweiss en blanc récupérés dans les bureaux allemands de l’hôpital. Déplacé d’office en 1943, en contact avec l’Armée secrète depuis le début de 1943, il entra en relations avec des militants communistes en mars 1944. Il participa à l’activité illégale pour reconstituer le syndicat des instituteurs à la fin 1943 en relations avec les militants du Puy-de-Dôme. Plus spécialement chargé des relations avec la CGT clandestine, après avoir participé à la formation d’un bureau, il devint au début 1944 le secrétaire de l’Union départementale de la CGT clandestine. Il représenta la CGT au Comité départemental de Libération. Devenu secrétaire adjoint de l’UD, après avoir été absent du Puy lors des grèves d’août 1953, en raison de la maladie de son épouse, il fut proposé de l’écarter de cette responsabilité qu’il conserva finalement jusqu’au milieu des années 1950.

Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, Gibert en fut le secrétaire de 1947 à 1949 puis demeura au conseil et au bureau syndical. Le 28 décembre 1947, pour la première fois, l’élection du bureau national du SNI se fit à la proportionnelle. Il figurait parmi les 20 candidats sur la liste B « pour un syndicalisme indépendant démocratique et efficace » conduite par Paul Delanoue. Il ne fut pas élu avec 183 voix. Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 18 décembre 1947, il se prononça pour que le SNI appelle à la grève initiée par les instituteurs parisiens. Il se montrait par la suite critique par rapport aux analyses de la majorité de la direction du SNI. Dans une revue des articles parus dans les bulletins des sections dans L’École libératrice du 19 février 1948, Yves Caps relevait qu’il avait indiqué que la direction du SNI « s’écarte du vrai syndicalisme ». Toujours membre du bureau du SNI, au milieu des années 1960, après avoir été secrétaire-adjoint, il devint le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Education nationale, responsabilité qu’il avait occupée à la fin des années 1940.

L’adhésion de Gibert au Parti communiste français en 1943 fut régularisée en septembre 1944. Il fut immédiatement membre du comité de la section communiste du Puy. Selon le rapport du représentant de la direction du PCF Joseph Sanguedolce*, il fut « un peu ébranlé » lors de l’intervention soviétique en Hongrie. Membre du comité de la fédération communiste depuis la Libération, du bureau fédéral depuis 1956, responsable du travail parmi les enseignants à partir de 1961, puis de la défense laïque à partir de 1962, puis à partir de 1968 des intellectuels, enfin à partir de 1971, des élus, il ne fut plus reproposé en 1974 pour procéder un « rajeunissement » des cadres.

Gibert remplaça Alfred Delhermet, malade, comme candidat communiste au Conseil général dans le canton du Puy-Sud en 1958. Il arriva en quatrième position avec 702 voix sur 9 769 suffrages exprimés. Il était régulièrement candidat aux élections municipales du Puy sur la liste communiste. Cinquième en 1956, élu le 21 octobre, il représenta la municipalité au conseil d’administration de l’office des sports, fut membre de la commission de surveillance et d’achat des livres de la bibliothèque, de la commission scolaire. Il conduisait la liste en 1959 (1 443 voix) et en 1965.

Après avoir été instituteur à l’école Jules Ferry au Puy depuis 1953, Gibert termina sa carrière enseignante comme professeur d’enseignement général (Français, histoire, géographie) au cours complémentaire devenu collège d’enseignement général puis secondaire du Puy.

Retraité depuis 1970, toujours syndiqué (SNI-PEGC), Gibert écrivit, à l’initiative de la CGT, une contribution à l’histoire du syndicalisme ouvrier en Haute-Loire jusqu’en 1944 qui ne fut pas publiée. Sa veuve fit éditer un petit livre autobiographique sur son enfance à La Chaise-Dieu. Dans cet ouvrage, il avait portraituré son directeur du cours complémentaire d’Allègre, Adolphe Foully, militant syndicaliste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50916, notice GIBERT Maurice, Aimé par Jacques Girault, version mise en ligne le 23 juillet 2009, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Com. Le Puy. - Archives du Comité national du PCF.- Presse syndicale.- Renseignements fournis par l’intéressé et par sa veuve. — DBMOF, notice par J.Girault.

ŒUVRE : {Une Jeunesse paysanne}, Brioude, Impr. Robert, 1985, 189 p.

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