GUYOT Émile, Célestin

Par Claude Geslin, Jacques Girault

Né le 12 novembre 1891 à Damgan (Morbihan), mort le 14 avril 1979 à Vannes (Morbihan) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI ; militant communiste dans le Morbihan.

Fils d’un matelot des douanes, Émile Guyot, titulaire du brevet supérieur, effectua son service militaire en 1911 comme matelot fourrier. Instituteur à Lanester, socialiste SFIO, signataire du manifeste des instituteurs syndicalistes dans l’Humanité (16 septembre 1912), il fut réprimandé, mais cette sanction fut annulée par décision ministérielle, le 23 novembre 1913.

Mobilisé dans la Marine au début de la guerre, Guyot, matelot fourrier à bord du torpilleur « Boutefeu », fut rescapé lors de son torpillage en Adriatique, le 15 mai 1917. Après une hospitalisation, il fut affecté comme instructeur à l’école des apprentis mécaniciens de Lorient. Il collaborait régulièrement à la presse syndicale et tout particulièrement à L’École de la Fédération, défendant les intérêts des instituteurs mobilisés, présentant les dernières lettres d’un instituteur mort au combat. À la suite d’une perquisition à la demande du Préfet maritime, il fut immédiatement muté sur un croiseur en campagne. Participa-t-il à la campagne de la Mer Noire ? Par la suite, il se montra, à diverses reprises, favorable à l’amnistie des marins de la Mer Noire et publia, dans l’Humanité, en septembre 1921, une lettre en faveur de André Marty dont il était l’ami, selon la police en 1926.

Après la guerre, reprenant son poste d’enseignant à Plouay, Guyot, responsable du Syndicat des membres de l’enseignement laïque, militait aussi dans les Groupes de jeunes, associant de jeunes instituteurs des deux syndicats. Il le présida de 1919 à 1921. En février 1922, condamné avec plusieurs membres du SMEL à 25 francs d’amende pour infraction à la loi de 1884, en 1923, secrétaire corporatif de la Fédération CGTU de l’Enseignement, il fonda le comité des classes 11, 12, 13 dont l’action permit l’obtention pour les instituteurs mobilisés de ces classes, des rappels de traitement. Il fut membre du bureau de la Fédération unitaire de l’enseignement de 1927 à 1930.

Guyot militait aussi dans les rangs du Parti communiste depuis 1922. Le commissaire spécial de Vannes en 1929 le présentait comme le secrétaire du Parti communiste dans le département de 1927 à 1934. Candidat du Bloc ouvrier et paysan aux élections législatives de 1928, il obtint 810, puis 762 voix au deuxième tour. Il était aussi le responsable du Secours rouge international.

Guyot quitta le Parti communiste en 1933. Après 1935, alors qu’il avait figuré sur la liste communiste lors des élections municipales à Lorient, il continuait à exercer les fonctions de secrétaire départemental du Secours rouge international, tout en participant à divers comités, dont le comité lorientais de lutte contre la guerre et le fascisme. Membre du comité de Lorient du Front populaire, il joua un grand rôle dans l’action pour les réfugiés espagnols en accord avec le Parti communiste. En outre, dans les années 1930, il fut président du club de football l’Union ouvrière de Lanester.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Guyot fut déplacé en 1940 par décision préfectorale à Questembert. Il participa à la Résistance dans la région de Muzillac. Il cacha les jeunes instituteurs réfractaires au Service du travail obligatoire, fournit des cartes de ravitaillement et de travail aux maquisards. Devenu sergent FFI en juin 1944, il participa aux secours aux blessés après le débarquement allemand en septembre 1944. Il reprit son poste d’instituteur à Questembert en octobre 1944 tout en restant secrétaire du comité local de Libération.

Guyot devint instituteur à Locminé en octobre 1945 puis à Lorient en octobre 1946. Il fut membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs.

Guyot adhéra à nouveau au Parti communiste français à Questembert en 1945. Il fut le secrétaire de la cellule communiste de Locminé (1945-1946). Guyot fut le secrétaire départemental du Secours populaire de 1944 à 1949. Séjournant en sanatorium pendant trois années, en traitement à la post-cure de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise) en 1949, il fut le trésorier de la cellule communiste de l’établissement, il participa, le 17 avril 1949, à la manifestation à l’occasion du 30e anniversaire de la révolte de la Mer Noire. Il fut le suppléant de Jean Tanguy , professeur à l’Ecole normale d’instituteurs de Vannes, candidat du PCF aux élections législatives de juin 1968 dans la circonscription de Vannes qui obtint 18,4 % des suffrages exprimés (9 764 voix) au premier tour.

De retour à Muzillac comme instituteur en octobre 1949, Guyot mit sur pied un syndicat des ouvriers du bâtiment dans la commune. Puis muté à Vannes, il devint le trésorier de la section communiste de Vannes en 1958. Il faisait partie de la commission exécutive de l’Union locale CGT en 1958. Il présidait les groupes de Vannes de l’Union des vieux de France et de l’Union des vieux travailleurs.
Militant laïque, en 1954, Guyot était le secrétaire de rédaction de L’action laïque du Morbihan, journal du Comité départemental d’Action laïque dont il était membre du conseil d’administration, adhérait au groupe de la Libre Pensée et était un des dirigeants de l’Union fédérale des Anciens combattants.

En avril 1958 (1 268 voix sur 13 043) et en 1964, Guyot fut candidat au Conseil général dans le canton de Vannes-Est.

Guyot se maria, avec une institutrice, en avril 1952 à Vannes où il habitait.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50922, notice GUYOT Émile, Célestin par Claude Geslin, Jacques Girault, version mise en ligne le 24 juillet 2009, dernière modification le 8 juillet 2021.

Par Claude Geslin, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7/13745, 13749. — Arch. Dép. Morbihan. — Archives du comité national du PCF. — Arch. A. Marty. — Presse syndicale. — Notes d’Alain Prigent.

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