DILLEN René [DILLEN Renatus, dit]. DEPIERRE Auguste à l’ELI

Par José Gotovitch

Né le 29 juillet 1903 à Anvers, mort le 21 avril 1943 à Gusen (Mauthausen) ; cheminot ; dirigeant des Jeunesses communistes ; élève à l’École léniniste internationale (ELI) ; membre du bureau politique du Parti communiste belge, de la direction du Parti communiste flamand, délégué en Espagne.

Né dans une famille ouvrière (père menuisier, mère ménagère), Renatus Dillen suivit les cours de l’école technique jusqu’à seize ans. Ouvrier métallurgiste, il adhéra aux Jeunesses communistes à Anvers lors de leur création en 1921 et en devint secrétaire. Il poursuivit ses études et fut engagé aux chemins de fer comme garde convoi.

Arrêté en 1922, poursuivi en mars 1923 lors du « grand complot », il était connu comme « le Bolchevik » du fait de son activité militante, notamment antimilitariste et fut, comme tel, particulièrement surveillé par la police. Rédacteur du journal flamand des JC depuis 1923, il était membre du CC des JC. Désigné en 1928, il accomplit une session de deux ans et demi au secteur français de l’ELI sous le nom d’Auguste Depierre. Il participa à cette occasion à des réunions de l’ICJ. Ses professeurs signalaient ses qualités de propagandiste. Cependant, en novembre 1929, avec Sylvan Péronnet (Souppault) et Bonnard (pseudonyme), Dillen refusa de participer à la campagne pour le troisième emprunt dans le cadre de l’émulation socialiste. Lors de la réunion du Groupe national français de l’ELI du 15 novembre 1929, il fut donc mis en accusation. Tout comme Sylvan Péronnet, il fit alors son autocritique, acceptant de faire une déclaration écrite au Bureau de la cellule.

À son retour, éphémère secrétaire national des JC, il fut membre du comité central du Parti de 1930 à 1935 et secrétaire fédéral à Anvers. Secrétaire du Bureau flamand depuis juillet 1932, il participa à certaines réunions du bureau politique auquel il fut coopté lors du comité central du 17 novembre 1934. Très revendicatif sur la question nationale, objet d’accusations d’antisémitisme et de sectarisme, il fut écarté par la conférence nationale de 1935. Il reparut lors de la création du Parti communiste flamand en 1937 et fit partie de sa direction (bureau politique). En janvier 1938, il fut désigné pour quelques mois comme représentant du Parti communiste belge en Espagne. Arrêté en juillet 1940 à la frontière belgo-néerlandaise en mission de liaison pour l’IC, il fut l’un des premiers emprisonnés du camp de Breendonk (Province d’Anvers). Déporté en septembre 1941 à Neuengamme, il périt au kommando de Gusen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50937, notice DILLEN René [DILLEN Renatus, dit]. DEPIERRE Auguste à l'ELI par José Gotovitch, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 11 mars 2015.

Par José Gotovitch

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 193 146 et 531 1 174— CARCOB, microfilms IML, PV du bureau politique et du comité central. — Administration des victimes de la guerre, dossier Prisonnier politique.

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