ADNOT Denis

Par Pierre-Henri Zaidman

Né le 9 octobre 1841 à Revigny-sur-Ornain (Meuse) ; garçon de magasin ; domicilié passage Sainte-Croix de la Bretonnerie (IVe arr.) ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Frère de Jules, Urbain et Philippe Onésime, Denis Adnot s’était engagé au 31e régiment de ligne en 1851, il en était sorti avec un certificat ; libéré par son numéro à la conscription, il s’engagea comme remplaçant au 2e régiment du train des équipages où il fut nommé brigadier.
Pendant la guerre avec la Prusse, il fut condamné par le 1er conseil de guerre pour vol au préjudice d’un habitant de Montereau et détenu à la Roquette ; il fut libéré après le 18 mars 1871 et s’engagea dans le 162e bataillon fédéré où servait ses frères et où il fut élu sergent. Il alla aux tranchées, au fort de Vanves où un rapport signala la belle conduite des trois frères Adnot. Le 22 mai, il était à l’Hôtel-de-Ville avec son bataillon. Le 23, il rentra chez lui et fut arrêté le lendemain.
Il fut d’abord condamné à la déportation simple le 27 décembre 1871 par le 7e conseil de guerre sous le nom de son frère, Jean-Baptiste, Ernest mort le 23 janvier 1871. Détenu à Brest, il allait être embarqué lorsque son identité fut reconnue le 24 mai 1872 et il fut traduit à nouveau devant le conseil de guerre le 25 septembre. Le commissaire du gouvernement lui attribua « une moralité détestable », mentionna une tentative de viol, un vol au détriment d’un de ses camarades et une arrestation pour ivresse. Il fut aussi accusé de désertion car il était encore militaire lorsqu’il fut libéré par les communards. Il fut cependant acquitté mais la peine de déportation simple fut maintenue. Détenu au fort de Quélern, il embarqua pour la Nouvelle-Calédonie le 29 août 1874 par la Virginie. Sa peine fut remise le 15 janvier 1879 et il rentra par la Vire, le 29 juin suivant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51022, notice ADNOT Denis par Pierre-Henri Zaidman, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 8 juin 2020.

Par Pierre-Henri Zaidman

SOURCES : Arch. Min. Guerre, GR 8 J 255 (598 et 599). — Arch. Nat., BB/24/555. — ANOM COL H 69. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Paris, V4E 3260 (910) (Acte de décès de Jean-Baptiste, Ernest Adnot). — L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 28 septembre 1872.

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