AGIER Jacques

Né le 18 octobre 1852 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier menuisier de Saint-Étienne ; membre de l’Internationale ; participant à la Commune de Saint-Étienne, arrêté et déporté en Nouvelle-Calédonie.

Jacques Agier avait fait son tour de France et il était dans le Var en 1870 lors de la déclaration de guerre. Trop jeune pour prendre du service dans l’armée régulière, il s’engagea dans le corps des Garibaldiens et tint garnison à Autun. Après l’armistice il revint à Saint-Étienne où il se trouvait depuis plusieurs semaines lorsqu’éclata l’insurrection de mars 1871 à laquelle il participa activement. Vêtu en garibaldien, il se mêla aux hommes armés qui se trouvaient, le 25, place de l’Hôtel-de-Ville. Il fut un des premiers à envahir l’immeuble municipal et c’est lui qui arbora le drapeau rouge aux fenêtres.
Après l’échec du mouvement, il se réfugia à Genève et fut assidu au restaurant de la Marmite sociale ainsi qu’aux réunions du Temple unique où n’étaient admis que les affiliés de l’Internationale. (Le Temple Unique était l’ancien temple maçonnique, boulevard de Plain-palais. Le Cercle de l’Internationale y était installé depuis le 28 mars 1869 — cf. J. Guillaume L’Internationale — Documents et Souvenirs, 1864-1878, op. cit., t. 1, p. 142). Il quitta Genève pour aller travailler quelque temps à Aigle (Vaud).
Le 19 février 1872, il fut condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée.
En janvier 1874, il vint à Paris et logea chez une dame Lafond, épouse d’un capitaine du 61e bataillon fédéré qu’il avait connu en Suisse, avec lequel il était revenu et chez qui il travaillait. Mais, signalé par des agents français lors de son départ de Genève, Lafond fut arrêté le 26 mars et, le 30, ce fut le tour d’Agier.
Traduit devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme, Agier fut condamné, le 25 mai, à la déportation simple, commuée le 8 mai 1879 en dix ans de bannissement. Voir Benoît Thibaudier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51041, notice AGIER Jacques, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 2 novembre 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/818, n° 9288. — Arch. Nat., H. Colonies 69. — Arch. PPo., B a/368, a/430, a/431. — Gazette des Tribunaux, 28 mai 1874. — Arch. d’État, Genève, C. ann. 45.

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