ANDRIEUX Henri, Émile

Par Pierre-Henri Zaidman

Né le 1er septembre 1851 à Paris ; portefeuilliste ; communard, mort en Nouvelle-Calédonie, où il fut exécuté.

Henri (et non Henry) Andrieux avait travaillé en apprentissage mais ne restait pas très longtemps chez ses patrons. Arrêté plusieurs fois pour vagabondage, il fut détenu plusieurs semaines à la Petite Roquette sur demande de sa mère. Pendant la guerre avec la Prusse, il s’engagea au 8e régiment de chasseurs. Il fut dirigé sur Philippeville en Algérie où il resta une quinzaine de jours, il fut ensuite dirigé sur Montpellier puis Toulouse. Affecté au 16e corps, il participa sans combattre à la bataille du Mans.

Licencié le 16 mars 1871, il s’engagea dans la 4e compagnie de marche du 176e bataillon fédéré le 23 mars. Il servit à Neuilly. Le 18 mai, il était avec sa compagnie porte de Vanves. A l’entrée des Versaillais, il était derrière les barricades des portes de Versailles et de Sèvres où il affronta les hommes du 26e bataillon de chasseurs à pied et ceux du 37e régiment de marche. Il remonta vers le nord de Paris et arriva à Belleville où il fit le coup de feu aux barricades de la rue de Montreuil et de la rue de Puebla avant d’être arrêté, le fusil en bandoulière, le 28 mai.

Condamné le 11 mai 1872, par le 11e conseil de guerre, à la déportation simple avec circonstances atténuantes pour faits insurrectionnels, le 1er octobre 1872, il fut transporté par le Var et arriva le 15 février 1873 en Nouvelle-Calédonie.
Son dossier pénitentiaire mentionne que sa conduite fut « satisfaisante » lors du transport. Avec trois autres déportés, membres d’une association appelée "La Tierce", ou "Les casquettes bleues", il « prit en haine » le détenu Saint-Bris, conseiller (un des trois délégués élus chargés de l’intendance des autres détenus), dont l’autorité dépassait de beaucoup celle des gardiens. Le 20 juillet 1873, ils le menacèrent et le malmenèrent à plusieurs reprises, avant de forcer sa porte dans la soirée et de lui briser la tête de quatre coups d’une énorme matraque de fortune. Condamnés à mort le 13 janvier 1874 par le conseil de guerre de Nouméa, tous les quatre furent fusillés devant environ 900 déportés à l’île des Pins le 26 janvier suivant.

Voir Henri Althaus, Ernest Lamouche et Isidore Perrot.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51255, notice ANDRIEUX Henri, Émile par Pierre-Henri Zaidman, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 6 janvier 2020.

Par Pierre-Henri Zaidman

SOURCES : Arch. Min Guerre, GR 8 J 317 (705). — ANOM COL H 70. — Roger Pérennès, Déportés et forçats de la Commune, Nantes, Ouest éditions, 1991. — Note de M. Cordillot.

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