AUBIN Charles

Par Gauthier Langlois

Né le 22 février 1830 à Châtellerault (Vienne) ; instituteur révoqué , opposant au coup d’État du 2 décembre il fut expulsé et se réfugia à Jersey.

Enfant trouvé, il fut découvert pauvrement vêtu, exposé à la porte extérieure de l’hospice de Châtellerault et nommé Aubin par allusion à sa découverte à l’aube.

Charles Aubin dit Pimbert avait été instituteur communal à Saint-Christophe près de Châtellerault (Vienne) où il avait été révoqué, le 17/08/1850, pour « immoralité » et interdit de l’enseignement jusqu’à sa 25e année.

Opposant au coup d’État du 2 décembre 1851 il fut arrêté le 20 décembre comme « agent dévoué et intelligent du parti démagogique et auteur d’une propagande active contre le Prince Président, accompagné de propos calomnieux et outrageants ». La commission mixte de la Vienne prononça son expulsion, motivée par le commentaire suivant : « Arrêté le 21 décembre à l’occasion de propagande active contre le Prince Président, accompagnée de propos calomnieux et outrageants. C’est un agent dévoué et intelligent des démagogues. Suspendu jusqu’à l’âge de 25 ans de ses fonctions d’instituteur communal pour fait d’immoralité, il s’est livré sans réserve au parti dont il est devenu l’instrument le plus actif. Son influence se retrouve dans tous les désordres qui ont éclaté à Châtellerault. Il est évidemment affilié aux sociétés secrètes. On a saisi chez lui une médaille, signe de ralliement, portant pour inscription "Aux martyrs inconnus, la liberté reconnaissante" ».

Il se réfugia à Jersey et participa aux activités politiques des proscrits. il participa, le 21 octobre 1853, à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Estropié d’un bras et dans la misère la plus profonde, Aubin fit, à différentes reprises et la première fois le 1er mai 1852, des soumissions et demandes de grâce à Napoléon III. Suite à plusieurs refus, il alla, en 1854, à Saint-Malo et, n’ayant pas de passeport, se fit conduire auprès du sous-préfet dans l’espoir d ’obtenir de lui l’autorisation de résider là en attendant la réponse à sa dernière pétition. Ce fonctionnaire n’ayant pas le pouvoir de lui accorder sa demande, le fit incarcérer et le renvoya à Jersey par le retour du paquebot. Il demanda alors un passeport pour la France au vice-consul français de Saint-Hélier, qui lui refusa.

Nous ne savons pas ce qu’il devint par la suite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51477, notice AUBIN Charles par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 21 juillet 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — Robert Sinsoilliez, Marie-Louise Sinsoilliez, Victor Hugo et les proscrits de Jersey, Ancre de marine, 2008. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Aubin, dit Pimbert - Charles », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Note de R. Gossez.

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