AUFAURE François

Par Michel Thébault

Né le 9 octobre 1852 à Bussière-Dunoise (Creuse) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

François Aufaure était le fils de Jean Aufaure, alors âgé de 36 ans, maçon absent, et de Françoise Guillard, âgée de 32 ans, domiciliés au lieu-dit Cherbétoux commune de Bussière-Dunoise. Au recensement de 1866 de Bussière-Dunoise, la famille résidait toujours à Cherbétoux. Sa mère était chef de famille (père décédé ?) avec ses trois enfants : Jean, le fils aîné âgé de 18 ans maçon, François, alors âgé de 14 ans, et Marie âgée de 10 ans. François Aufaure devint maçon comme son père et son frère aîné, maçon de la Creuse, migrant saisonnier partant de mars à novembre travailler sur les chantiers parisiens. En 1871, célibataire, âgé de 18 ans, il était, pour la saison des chantiers, domicilié à Paris (avec un camarade Eugène Ricard maçon creusois de son âge), 8, Rue des Sept Voies dans le quartier de la Sorbonne (Ve arrondissement). La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants, en particulier des maçons de la Creuse comme François Aufaure, s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale, par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Il devint garde dans le 248e bataillon de la Garde nationale, appartenant à la Ve Légion, du Ve arrondissement de Paris. Il fut arrêté le dimanche 28 mai 1871 à la fin de la "semaine sanglante".
 
François Aufaure fut envoyé comme "insurgé" en détention dans le secteur de Rochefort dans l’attente d’être jugé, interné d’abord au fort des Saumonards sur l’île d’Oléron puis dans l’île Madame. Il fut jugé à Chartres le 12 avril 1872 par le 26e Conseil de guerre. Il fut reconnu coupable “d’avoir dans un mouvement insurrectionnel en 1871 à Paris porté des armes apparentes ; de port d’uniforme militaire ; d’avoir fait ou aidé à faire des barricades pour arrêter l’exercice de la force publique ; d’avoir fait partie des bandes qui ont commis en 1871 à Paris des crimes, ayant été saisi sur le lieu de la réunion séditieuse”. Il fut condamné à la déportation simple et à la dégradation civique.

Il fut embarqué le 5 octobre 1872 au fort des Saumonards (Boyardville) sur le transport à vapeur, Le Var, qui parvint en Nouvelle Calédonie le 9 février 1873. Il fut débarqué sur son lieu d’internement, à l’île des Pins, le 17 février. Le décret d’amnistie du 15 janvier 1879 signifia sa grâce et la fin de sa peine et il embarqua pour la France sur Le Var, le 16 juin 1879.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51523, notice AUFAURE François par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 août 2022, dernière modification le 8 août 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/838. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Nat. Outre-Mer (ANOM) COL H 70. — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880). — Stéphane Trayaud Oubliés de l’Histoire, les Limousins de la Commune de Paris Mon Petit Éditeur, 2012.

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