ANSAS Aristide [ANSAS Jean-Marie Aristide]

Par Gauthier Langlois

Né le 30 avril 1822 à Montauban (Tarn-et-Garonne), mort le 4 septembre 1893 à Montauban ; avocat, proscrit du Deux décembre 1851.

Sa famille était considérée comme originairement légitimiste et sans fortune. Son père, Arnaud Ansas, était greffier du tribunal de simple police de Montauban. Son oncle, Jean-Marie Ansas, était commissaire de police dans la même ville.

À l’avènement de la Seconde République Aristide Ansas avait été nommé substitut du procureur à Montauban, le 14 avril 1848, fonction dont il fut révoqué par la Réaction, le 10 mars 1849. Selon la commission mixte du Tarn-et-Garonne « Il s’est fait démagogue, non peut être par conviction, mais parce qu’il a pensé que la carrière des révolutions pouvait le conduire promptement à la fortune. Au reste il s’était entièrement lié avec les hommes les plus avancés. Il comptait sur un avenir brillant dans le cas où Ledru-Rollin serait revenu au pouvoir. » La commission le jugeait sans influence et sans talent et affirmait qu’il n’avait plaidé que dans quelques affaires données d’office ou dans quelques affaires politiques.

Toujours suivant la commission, il s’était s’opposé au coup d’État du 2 décembre dans les circonstances suivantes : « Le Maire de Montauban a rapporté que cet individu lui a été signalé comme ayant assisté quelques fois aux conciliabules qui se tenaient dans quelques cabarets de Montauban avant le 2 décembre. L’un des commissaires de police a déclaré de son côté que la voix publique lui a appris que le 4 décembre, ce même individu s’écria dans le club démagogique qu’il fallait s’armer de couteaux, de pioches et de tous autres instruments. Le 5, lorsqu’on voulut faire fermer le club il était du nombre de ceux qui se refusaient de sortir et lorsqu’on eut arrêté sept des plus récalcitrants il vint demander compte au maire d’une manière insolente de cette arrestation. »

En conséquence il fut condamné à l’éloignement momentanée. Rémi Gossez a lu son nom, incorrectement orthographié Auguy ou Aubry, sur la liste des proscrits de Jersey, établie par Alavoine en 1870. Par grâce du chef de l’État il bénéficia, le 15 août 1852, d’une commutation de sa peine en internement (c’est à dire assignation à résidence), dans le département du Lot. Dans le presse du mois de septembre de cette année on le disait en Belgique et prêt à revenir en France.

La IIIe République le nomma, le 20 octobre 1870, juge de paix du canton de Montauban Est, où il fut remplacé trois ans plus tard. Avec le retour de la majorité républicaine il fut nommé à nouveau à ce poste, le 14 août 1879 puis transféré en 1885 au canton de Montauban Est dont il fut le juge de paix jusqu’à son décès. Dans intervalle il avait été maire de Corbarieu, commune située au sud de Montauban, du 22 mai 1876 au 13 octobre 1878.

Il mourut célibataire en son domicile de Montauban, boulevard de la Citadelle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51545, notice ANSAS Aristide [ANSAS Jean-Marie Aristide] par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 5 septembre 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Archives du Tarn-et-Garonne, Acte de naissance, Acte de décès. — Arch. privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — La loi, 19 avril 1894. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Ansas », Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS). — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Ansas - Jean Marie Aristide », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Note de Rémi Gossez.

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