JEANNOT Marcel

Par Jean-Pierre Bonnet

Né le 25 avril 1903 à Monthelon (Saône-et-Loire), mort le 14 décembre 1977 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ; mécanicien de route ; membre du bureau de la Fédération CGT des cheminots (1947-1968), militant communiste.

Entré au PLM en novembre 1926, Marcel Jeannot militait à la CGTU, dont il fut en 1934 candidat au Conseil supérieur des chemins de fer. Il prit une part active à la réunification sur le PLM réalisée lors du congrès du 16 décembre 1934. En 1938, il entra au bureau exécutif de la Fédération réunifiée. Il assurait en même temps les fonctions de secrétaire de l’Union Sud-Est et de secrétaire national des mécaniciens et chauffeurs.

Marcel Jeannot était donc devenu un dirigeant de premier plan. Son appartenance au Parti communiste et à la tendance ex-unitaire entraîna son exclusion de la direction de la Fédération à la fin de 1939. La SNCF le licencia le 14 novembre 1940 alors qu’il résidait à Lyon (6e arrondissement) ; il était élève-mécanicien. Responsable du Parti communiste clandestin mais resté en poste, il fut l’un des organisateurs de la grève du 13 octobre 1942 conduite à Oullins (Rhône) pour s’opposer au départ des cheminots vers l’Allemagne. Il fut alors arrêté et emprisonné. Réadmis le 1er octobre 1944, ses titres de résistant lui permirent à la Libération de présider la commission de réintégration pour les cheminots révoqués pendant la guerre.

En 1945, Marcel Jeannot reprit sa fonction de secrétaire de l’Union Sud-Est et devint secrétaire de la Section technique nationale des agents de conduite. Enfin il fut élu secrétaire fédéral au congrès de 1947. Chargé des problèmes liés à l’organisation, il faisait régulièrement la tournée des secteurs et faisait le point dans la Tribune des cheminots sur le fonctionnement de la Fédération. Doté d’une grande capacité de travail, il assumait des responsabilités multiples. Il siégeait à la commission des conventions collectives et à la commission du statut. Il occupait la vice-présidence du conseil d’administration de la Caisse de prévoyance. Il s’était aussi investi dans les instances à caractère social et apportait ses compétences administratives à l’Orphelinat et au Chalet Pierre Semard.

Admis à la retraite en 1953, Marcel Jeannot fut élu secrétaire général de l’Union fédérale des retraités au congrès de 1958. En 1961, il céda ce poste à Raymond Tournemaine, mais demeura cependant au bureau fédéral jusqu’en 1968. Il assurait alors un courrier considérable. Avec le sérieux et la précision qui le caractérisaient, il répondait personnellement à toutes les questions et sollicitations de ses camarades retraités. Toujours soucieux de garder le contact avec le terrain, il devint, à soixante-cinq ans, membre du bureau de l’Union locale de Champigny-sur-Marne (Val-et-Marne) lors de son installation dans cette localité en 1969. Il joua aussi un grand rôle pour la Fédération ne se sépare pas du chalet Pierre Semard, malgré une décision en ce sens du bureau fédéral.

Militant communiste depuis l’avant-guerre, Marcel Jeannot resta fidèle aux convictions politiques de sa jeunesse. Il fut grand électeur et candidat non élu du Parti communiste français lors des élections sénatoriales du 24 novembre 1946. Il siégeait encore dans les années 1960 à la direction de la section Père-Lachaise de la fédération de Paris. Cependant, depuis la Libération, il n’avait pas pris de responsabilité significative dans son parti et se considérait avant tout comme un syndicaliste.

Marcel Jeannot s’était marié en septembre 1928 à Crissay (Saône-et-Loire) avec Marie Lachaux, puis avait divorcé.

Apres son décès à Champigny-sur-Marne en décembre 1977, la presse communiste locale le présenta comme ancien secrétaire de la Fédération CGT des cheminots et de la section communiste locale. Il militait à la fin de sa vie au Comité de défense de l’Humanité. (CDH). Il fut inhumé au cimetière de Drancy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5177, notice JEANNOT Marcel par Jean-Pierre Bonnet, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 1er juin 2015.

Par Jean-Pierre Bonnet

SOURCES : Arch. PPo, dossier RG 361.842, notes de janvier 1964 et du 28 avril 1973. — Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — La Tribune des cheminots. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — DBMOF, tome 32, p. 195. — Notes de Marie-Louise Goergen, de Georges Ribeill et de Pierre Vincent. — Le Réveil du Val-de-Marne, n° 531, 3 décembre 1977 (note de François Lonchampt).

ICONOGRAPHIE : La Tribune des cheminots, 15 décembre 1951. — Robert Hernio, Avant que les cloches sonnent..., Préf. de Bernard Thibault, Postf. de Georges Séguy, Fédération CGT des cheminots, 2000, p. 282 (photo de groupe).

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