BARRÉ Aristide, Magloire, dit Bullorr

Né le 23 octobre 1840 à Trappes (Seine-et-Oise) ; mort le 21 mai 1915 ; demeurant, 52, quai des Ormes (aujourd’hui divisé entre le quai des Célestins et le quai de l’Hôtel de Ville) à Paris ; ciseleur-sculpteur ; membre de l’Internationale ; communard.

Coffret en argent par Aristide Barré, exposé au Salon de 1898.

Aristide Barré fut secrétaire de R. Rigault sous la Commune, puis chef du personnel à la préfecture de police de Paris. Par contumace, le 4e conseil de guerre le condamna, le 5 juillet 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée (par défaut le tribunal correctionnel de la Seine l’avait déjà condamné, le 18 novembre 1871, pour usurpation de fonctions, à cinq ans de prison). D’après le rapport du dossier contumace, sa conduite aurait été « sans probité ».
Barré fut un des initiateurs à Londres de la Section fédéraliste parisienne française de 1871. En septembre 1872, il aurait assisté au Congrès de La Haye où il aurait représenté la section de Chicago (cf. Arch. PPo., B a/435). Or, le délégué de la section 3 de Chicago s’appelait Barry (cf. La Première Internationale, J. Freymond, op. cit., t. II, p. 330). Sans doute y eut-il confusion de noms. De toute façon, en février 1872, fut créée une Section parisienne de 1872, à laquelle Barré participa.
D’autre part, en 1873, Barré se trouvait à Vienne (Autriche) et, en août, il fut expulsé en même temps que L. Chalain, A. Huguenot — son beau-frère, Rogeard et B. Sachs. Il revint ensuite à Vienne après être allé en Belgique et en Angleterre. D’après L’Égalité du 30 juin 1878, il avait été rappelé à Vienne en 1876 par la maison Klinkosch, puis à Londres en 1877 par la maison Purdy. De nouveau à Vienne, il était arrêté en juin 1878.

Le 24 mars 1879, le maire et les membres du conseil municipal de Trappes écrivaient au président de la République : Barré « est un ciseleur de grand mérite ; il a été récompensé aux deux Expositions de Vienne et de Paris, en 1878 », et ils demandaient sa grâce. Barré l’obtint deux mois plus tard, le 17 mai.

En 1888, Aristide Barré écrivit quelques articles dans le journal L’Attaque, « organe socialiste révolutionnaire ». Dans le numéro du 5 septembre, il plaidait pour qu’existe un monument aux communards tués, et il concluait : « Les peuples libres et fiers de leur affranchissement définitif viendront s’y donner une fraternelle étreinte, les nationalités auront disparu. »
Le 6 juin 1889, Le Parti ouvrier signalait sa présence aux obsèques du socialiste Victor Marouck. Il poursuivit son activité de ciseleur sur argent. En 1903, il vivait à Trappes.

Il était marié et père d’un fils, le peintre Aristide Barré (parfois désigné au tournant du siècle comme « Aristide Barré fils »).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article51907, notice BARRÉ Aristide, Magloire, dit Bullorr, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.
Coffret en argent par Aristide Barré, exposé au Salon de 1898.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/850, n° 7656. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil, n° 1117. — Arch. PPo., B a/429, B a/434, rapport du 18 juillet 1875, et B a/435, rapport du 28 mai 1876. — Déclaration de la section française fédéraliste de 1871, siégeant à Londres, Imprimerie internationale, Londres, 1871. — Vermersch-journal, Ier février 1872. — L. Descaves, Philémon vieux de la vieille, Paris, 1913, 10e édition, p. 264, 266, 311. — La Première Internationale. Recueil de documents publiés sous la direction de Jacques Freymond. Textes établis par H. Burgelin, K. Langfeldt et M. Molnar. Introduction par J. Freymond, 2 vol., Genève, 1962, E. Droz, éditeur. — Notes de J. Chuzeville. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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