JOUVE Adrien, Ernest

Par Roger Pierre

Né le 11 septembre 1883 à Saint-Germain, canton de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), mort le 14 février 1961 à Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche) ; ajusteur, puis tourneur au dépôt du PLM au Teil (Ardèche) ; militant syndicaliste et communiste.

Maréchal-ferrant et forgeron, le père d’Adrien Jouve exploitait aussi une petite propriété. Il fréquenta l’école primaire jusqu’au CEP et pendant un an l’école primaire supérieure, attribuant son arrêt aux raisons de santé et aux faibles moyens de la famille. Pendant son service militaire, il fut quartier maitre mécanicien. Adrien entra à la compagnie PLM en 1912 et, pendant la guerre, il fut mobilisé sur place au dépôt du Teil, comme ajusteur. Militant syndicaliste, il participa aux grèves de 1920 et se vit confier diverses responsabilités : il fut secrétaire général du syndicat unitaire des cheminots du Teil en 1926, secrétaire de l’Union locale CGTU en 1932, membre de la commission exécutive de l’Union régionale unitaire Drôme-Ardèche en 1933.

Adrien Jouve avait adhéré au Parti communiste en 1928 mais avait été exclu pendant la période sectaire dite du groupe Barbé-Celor, mais il continua à militer et même à cotiser. En 1932, il était trésorier adjoint du comité de la région Drôme-Ardèche dont le siège avait été transféré au Teil (voir E. Blanchard*). Candidat du BOP aux élections législatives de 1932 dans la 2e circonscription de Tournon, il y assura quelques réunions, « malgré ses faibles moyens oratoires » (Le Travailleur alpin, 16 avril 1932), mais n’obtint que 156 voix ; il en recueillit 597 dans la même circonscription aux élections législatives de 1936. Il fut aussi candidat au conseil général en 1934 dans le canton de Villeneuve-de-Berg et, en 1937, dans celui de Rochemaure. Il entra au conseil municipal du Teil en 1935 ; il était alors retraité et participa activement à l’opposition vigoureusement menée par la petite fraction communiste jusqu’à sa déchéance, en 1940.

Adrien Jouve avait été délégué au congrès d’Amsterdam par l’Union régionale CGTU Drôme-Ardèche, et il participa à de nombreux comptes rendus ainsi qu’à la constitution de comités contre la guerre et le fascisme.

Il fut professeur à son école communiste locale : "j’ai donné la première leçon à l’école de section mais j’ai l’impression que je n’ai pas été merveilleux" écrivait-il.

Arrêté dès le 23 mars 1940, interné administrativement au camp de Chabanet, près de Privas, relâché, puis arrêté à nouveau le 29 mai 1940, il fut transféré dans divers camps dont celui de Chibron (commune de Signes, Var), puis, à la dissolution de ce camp, dans celui de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) le 16 février 1941. Il fut déporté le 28 novembre 1941 au pénitencier de Bossuet (Algérie). Il y était, le 15 novembre 1942, désigné pour partir en camp de représailles ce qui n’eut pas lieu par suite de l’arrivée des troupes américaines, mais il lui fallut attendre encore six mois sa libération définitive, le 4 mai 1943. De retour au Teil, il fut, en 1945, réélu au conseil municipal et y remplit les fonctions d’adjoint au maire jusqu’à sa mort, en 1961.

Adrien Jouve était marié et père de plusieurs enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5241, notice JOUVE Adrien, Ernest par Roger Pierre, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 septembre 2021.

Par Roger Pierre

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche, 2 M 364, 365, 429, 430 et 10 M 158. — Arch. Dép. Var, 4 M 291 et 292. — site Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 313334 et Caen AC 21 P 577649 (nc). — RGASPI, 495 270 4411, dossier biographique au Komintern, autobiographies, Le Teil, 12 septembre 1938 et 9 mai 1937, classé A1. — La Provence ouvrière et paysanne, 31 janvier 1926. — Le Travailleur alpin, 1930-1936. — La Voix populaire de la Drôme et de l’Ardèche, 1936-1939. — Renseignements recueillis par R. Montérémal. — A. Demontès, L’Ardèche martyre, p. 152 .⎯ notes Jean-Marie Guillon.

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