JULIS Gilbert

Par Pierre Vincent

Né le 24 novembre 1928 à Castelnau-de-Montmirail (Tarn), mort en décembre 2003 ; agent Mouvement ; membre de la direction de la Fédération CGT des cheminots (1958-1971) ; membre de la direction de la CGT (1971-1985).

Issu d’une famille de très modestes ouvriers agricoles, orphelin de père à l’âge de sept ans, Gilbert Julis fut élevé pour une grande part par sa grand-mère avec une assistance apportée par la municipalité de Gaillac (Tarn). Après son certificat d’études primaires, il entra au cours complémentaire. Il se cacha un temps pour éviter le Service du travail obligatoire (STO) puis réussit le concours d’entrée d’élève-exploitation en juin 1945 et fut embauché en gare de Gaillac en octobre suivant. Il sortit premier de la promotion 1946-1947 et fut nommé facteur mixte à Rabastens (Tarn). Son déroulement de carrière dans la filière Mouvement devait le conduire dans plusieurs établissements de la région de Toulouse.

Gilbert Julis adhéra à la CGT dès son entrée à la SNCF. Secrétaire du syndicat de Saint-Sulpice (Saint-Sulpice-la-Pointe, Tarn) en 1950, sanctionné après une grève, il fut muté à Lalbenque (Lot) pour les motifs suivants : « Fait preuve d’indiscipline et de mauvais esprit » en n’apportant pas « à l’exécution des ordres reçus la célérité et l’application désirables. » Secrétaire du syndicat de Caussade (Tarn-et-Garonne) en 1951-1952, Gilbert Julis fut élu secrétaire adjoint du secteur de Toulouse en 1952, alors qu’il travaillait en gare de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne). En 1956, il devint secrétaire général du syndicat de Toulouse. En 1958, il remplaça Guy Subreville à la tête de l’Union Sud-Ouest. Au congrès qui suivit, en 1961, il accéda au bureau fédéral et fut remplacé dans cette responsabilité en 1962 par Henri Barlier.

À l’écoute des questions internationales et fervent partisan de la coopération, notamment avec les pays africains francophones, il effectua, au titre de la CGT et de la Fédération syndicale mondiale, des séjours au Mali, notamment de mai 1962 à mai 1965. Il y impulsa la formation de syndicalistes du Mali, du Sénégal, de Haute-Volta (aujourd’hui Burkina-Faso) et de la Guinée. À son retour et jusqu’en 1971, il prit en charge les relations internationales au niveau de la Fédération des cheminots ainsi que la formation syndicale au plan national.

En 1971, il remplaça Robert Hernio à la CGT. Sa responsabilité fut plus large, car il devint chef du département international en appui des secrétaires confédéraux successifs qui étaient en charge de ces questions. Élu à la commission exécutive confédérale au congrès de Nîmes en 1972, il occupa cette responsabilité jusqu’en 1985. Il avait, pendant cette période, au titre de la CGT ou de la FSM, visité près de quatre-vingts pays, aux conditions politiques diverses. Il fut, par exemple, en 1975 sous le régime franquiste, expulsé d’Espagne. En 1984, il était dit "chef du département international de la CGT".

Gilbert Julis avait adhéré au PCF le 1er janvier 1945 ; il était membre des Jeunesses communistes depuis l’année précédente. Selon ses lieux de travail, il occupa plusieurs responsabilités : secrétaire de la section de Villefranche-de-Lauragais en 1953, membre du comité fédéral du Tarn puis membre du comité fédéral de Haute-Garonne, enfin membre du bureau fédéral de 1953 à 1958. De 1965 à 1989, il fit partie de la section politique extérieure du PCF. De 1986 à 1989, il fut également responsable du secteur Afrique. Fondateur d’une association de solidarité avec l’Afrique (AFASPA), il le fut également de l’association France-Cuba en 1961 et membre de nombreuses autres associations sur le plan national. Il entretint de nombreux liens dans les pays où il contribua à l’émergence de dirigeants pas seulement syndicaux.

Sa femme, employée d’une collectivité locale après avoir été ouvrière d’usine, et lui eurent quatre enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5265, notice JULIS Gilbert par Pierre Vincent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 2 avril 2018.

Par Pierre Vincent

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Comités fédéraux du PCF. — Notes de Georges Ribeill. — Renseignements communiqués par Gilbert Julis.

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