KALIS Nicolas

Par Pierre Schill

Né le 10 juin 1894 à Rohrbach-lès-Bitche (Lorraine annexée), mort le 24 février 1945 au camp de concentration de Dachau (Allemagne) ; cantonnier à la Société des chemins de fer d’Alsace-Lorraine à Sarreguemines (Moselle) ; membre du comité directeur du syndicat CGTU des cheminots de Sarreguemines puis de la CGT réunifiée ; militant communiste ; résistant.

Fils naturel de Louise Spaeth qui épousa Jean Kalis, ouvrier de fabrique, qui reconnut l’enfant, Nicolas Kalis débuta sa carrière professionnelle en occupant un emploi d’ouvrier aux faïenceries de Sarreguemines (Lorraine annexée). Il travailla ensuite à la Société des chemins de fer d’Alsace-Lorraine comme cantonnier à Sarreguemines. Il poursuivit sa tâche quand la société fut rattachée à la SNCF puis lors de l’annexion allemande de 1940, lorsque les chemins de fer d’Alsace-Lorraine furent administrés par la Reichsbahn.
Parallèlement à son engagement syndical à la CGT, Nicolas Kalis se présenta aussi aux élections municipales dans son village de résidence, Sarreinsming (Moselle). Candidat aux élections municipales des 3 et 10 mai 1925, il obtint 58 voix sur 227 suffrages exprimés. Au second tour il rassembla 63 voix sur 198 suffrages exprimés et ne fut pas élu. Nicolas Kalis se présenta à nouveau aux élections municipales des 5 et 12 mai 1929. Il obtint 49 voix sur 208 suffrages exprimés. Au second tour il rassembla 48 voix sur 202 suffrages exprimés et ne fut pas élu.
À la fin de l’année 1934, il était membre du comité dirigeant la section de Sarreguemines du syndicat unitaire des cheminots. La section comptait alors environ 250 adhérents et Nicolas Kalis était manœuvre au service de l’Entretien. En juillet 1935 il était membre du comité dirigeant le syndicat (réunifié) des cheminots CGT de Sarreguemines.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de Moselle annexée. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied, au cours de l’été 1941, par l’instituteur messin Jean Burger, aidé de Charles Hoeffel et de Georges Wodli. Son activité clandestine lui valut d’être arrêté par la Gestapo le 9 septembre 1944 et d’être emprisonné au Sonderlager de Neue Bremm près de Sarrebruck (Allemagne) avant d’être déporté, à la fin du mois de novembre 1944, au camp de Dachau (Allemagne) où il mourut le 24 février 1945, probablement atteint par le typhus. D’après l’abbé Goldschmitt, lui aussi déporté à Dachau, Nicolas Kalis fut réconforté sur son lit de mort par un prêtre. Ce qu’il attribue à la solidarité née dans les camps : « Jadis, des conceptions religieuses et politiques nous séparaient. Maintenant le malheur commun nous rivait ensemble, la détresse commune ouvrait nos cœurs à la charité fraternelle. Qu’il repose en paix ! » Nicolas Kalis obtint à titre posthume le titre de déporté politique.
Marié le 11 août 1919 à Sarreinsming avec Rosalie Barthel, il fut père d’un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5279, notice KALIS Nicolas par Pierre Schill, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 mars 2012.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 303 M 151 ; 310 M 95 ; 26 Z 15. — François Goldschmitt, Alsaciens et Lorrains à Dachau, tome 1 : En route pour Dachau, Sarreguemines, Pierron, 1945-1946, 55 p. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194 p. — Renseignements fournis par Jean-Claude Kalis, son petit-fils.

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