BLANC Gaspard, Antoine

Né le 18 janvier 1845 à Villeurbane (Rhône) ; employé des ponts et chaussées ; membre de l’Internationale à Lyon dès 1866 ; participant à la Commune de Lyon.

Peut-être Blanc Gaspard est-il le « Blanc neveu » (de Blanc André) qui figurait, au début de 1867, dans le groupe de l’AIT à Lyon dit du quai Pierre-Scize (Voir Pascot).
Blanc appartenait à une famille de canuts aisés qui possédaient leur maison. Il fit ses études à l’école de la Martinière à laquelle il resta attaché pendant un an en qualité de répétiteur. Il entra ensuite aux Ponts et Chaussées.
Après la disparition de la plupart des sections, en 1868, G. Blanc fit partie de la Commission d’initiative chargée de la réorganisation de l’Internationale à Lyon, et, le 25 janvier 1870, il fut désigné, avec Chol, Palix, Placet et A. Richard, pour s’occuper des questions de rédaction et de correspondance. Tous les membres de la Commission d’initiative étaient révocables et rééligibles, mais G. Blanc ainsi que Bourseau, Chol, Martin Louis et A. Richard furent déclarés inamovibles « jusqu’à une décision spéciale et non prévue de la section ».
Le 13 mars, il fut nommé membre de la Commission fédérale de quinze militants qui succéda à la Commission d’initiative — Voir Léo Busque. Il était prévu que cette Commission fédérale serait renouvelée annuellement en assemblée générale ; deux délégués par corporation adhérente devaient être adjoints aux quinze membres élus.
Arrêté le 30 avril 1870 en raison de son appartenance à l’Internationale, il fut révoqué, le 30 juillet 1870, de son emploi aux Ponts et Chaussées ; il bénéficia de l’amnistie lors de la proclamation de la République.
Collaborateur de La Solidarité (avril 1870-mai 1871), il se rendit en août à Genève en compagnie de sa femme, puis demeura un mois à Neuchâtel ; J. Guillaume, qui le connut alors, en a laissé le portrait suivant :
« Très jeune encore (vingt-six ans), tout petit, avec de longs cheveux sur le front, qui lui donnaient l’air d’un artiste, celui-là possédait une énergie que n’avait pas Richard ; il n’était pas dépourvu d’intelligence et écrivait passablement ». (L’Internationale).
Membre du Comité central du Salut de la France dont la création fut décidée le 17 septembre, il fut, le 25, l’un des signataires de l’affiche rouge, émanation de ce Comité, qui proposait dans son article 1er l’abolition de « la machine administrative et gouvernementale de l’État », et dans ses articles V et suivants l’instauration de Comités révolutionnaires qui exerceront tous les pouvoirs sous le contrôle immédiat du peuple » (J. Guillaume, L’Internationale).
Après l’échec du mouvement insurrectionnel du 28 septembre, il prit part à la proclamation de la Commune lyonnaise, le 23 mars 1871, et fit partie, avec Garel, Parraton, Perret et Tissot, du Comité provisoire de onze membres qui siégea à l’Hôtel de Ville. Le 25 mars, le mouvement ayant avorté, il fut, avec Parraton, un des derniers à quitter la place, puis se cacha à Lyon. Un mois plus tard, un nouveau soulèvement éclatait (30 avril-1er mai). Le 30, Gaspard Blanc fit partie de la Commune provisoire de la Guillotière composée de neuf délégués des groupes révolutionnaires (L.-J. Audouard, A. Bergeron, G. Blanc, F. Bourret, J. Brugnot, J. Pelea, Rivoire, L.-J. Tacussel, Velay) qui s’installa à la mairie du faubourg. Le lendemain, vers midi, l’insurrection était vaincue. Elle recommença toutefois, aussitôt, à la Croix-Rousse, et Blanc fit encore partie de la Commission exécutive de cinq membres : G. Blanc, J. Drevet, L. Guittat, M.-A. Pochon, L. Raymond qui tenta en vain d’organiser la résistance. Le soulèvement avorta le jour même et Gaspard Blanc s’exila (J. Guillaume, L’Internationale).
Par contumace, le 1er conseil de guerre le condamna, le 13 août 1871, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il dut attendre le 30 mai 1880 pour bénéficier de la remise de sa peine.
Au début de leur exil, Albert Richard et lui eurent « l’idée la plus folle et la plus monstrueuse, la plus bête et la plus scélérate » (J. Guillaume, L’Internationale), celle d’offrir leurs services à Napoléon III, installé à Chislehurst, et de lui proposer de le ramener en France comme empereur des ouvriers et des paysans. Après une visite au souverain déchu qui leur remit quelque argent pour publier une brochure, ils se rendirent à Bruxelles où ils firent imprimer L’Empire et la France nouvelle. Appel du peuple et de la jeunesse à la conscience française, janvier 1872.
Marx ne se priva pas (cf. lettre à Bolte du 23 novembre 1871), de dénoncer ces bakouninistes, « agents bonapartistes payés ». Ils furent d’ailleurs reniés par leurs anciens camarades, et le Bulletin de la Fédération jurassienne, n° 1, 15 février 1872, les dénonça dans un article intitulé « Deux traîtres ».
Blanc semble avoir habité d’abord Genève où il résidait encore en 1878, 5, rue Pradier, et où il exerça la profession de typographe. Puis il se rendit en Belgique et enfin en Italie, à Terni, où il se trouvait en 1881-1882 et donnait des leçons de français.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article52988, notice BLANC Gaspard, Antoine, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 24 novembre 2018.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/870, n° 5835. — Arch. PPo., B a/439. — Arch. Dép. Rhône, série R, conseil de guerre 1871, liasse A. — Arch. Mun. Lyon, I 2/55, pièces 28, 71) — L’Internationale 23 et 30 janvier, 27 mars 1870. — O. Testut, L’Internationale, 7e édition, Paris, Versailles, 1871, p. 170 à 172). — Gazette des Tribunaux, août-septembre 1871. — James Guillaume, L’Internationale, Documents et Souvenirs (1864-1878), Paris, 4 vol., 1905-1910., t. 2, p. 68, 94-95, 139-147, 256. — Correspondance F. Engels, K. Marx et divers publiée par F.-A. Sorge, t. 1, lettre de Marx à Bolte du 23 novembre 1871.

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