KLAPPICH Émile

Par Léon Strauss

Né le 24 octobre 1887 à Lingolsheim (Basse-Alsace, Alsace-Lorraine annexée), mort le 10 avril 1962 à Strasbourg ; mécanicien de route ; président et secrétaire général du syndicat des mécaniciens et chauffeurs de 1927 à 1939 ; secrétaire de la Fédération des syndicats professionnels de cheminots d’Alsace et de Lorraine ; secrétaire administratif de l’Union des syndicats de cheminots CGT d’Alsace et de Lorraine à partir de 1945 ; conseiller municipal socialiste SFIO de Bischheim (Bas-Rhin) à partir de 1945.

Émile Klappich était le fils de Charles Philippe Klappich et de Marie Schneider, d’origine alsacienne. Après la Première Guerre mondiale, Émile Klappich, mécanicien de route au dépôt de Hausbergen, domicilié à Bischheim, devint membre du comité du Syndicat des mécaniciens et chauffeurs d’Alsace-Lorraine et du Luxembourg, qui adhéra à la Fédération des syndicats professionnels de cheminots d’Alsace et de Lorraine. Il était, en 1927, secrétaire de cette Fédération. En 1921, il commença à rédiger le Journal des Mécaniciens et chauffeurs, où il fit campagne pour le maintien du particularisme ferroviaire alsacien et lorrain et contre l’absorption du réseau par la Compagnie de l’Est. Il fut responsable de cette publication jusqu’en 1939. Il collaborait également au Courrier de la Fédération des Syndicats professionnels des cheminots d’Alsace et de Lorraine, dont il fut le gérant de 1923 à 1926. Il rédigea, pour pallier aux défaillances de l’administration du réseau, un manuel pour les mécaniciens débutants, Die Lokomotive und ihre Führung (La locomotive et sa conduite), qui connut deux éditions. Lors du congrès de Sarreguemines, le 1er mai 1927, il fut élu à l’unanimité président du syndicat des mécaniciens et des chauffeurs. Sous sa direction, ce syndicat réussit à regrouper presque la totalité des agents de conduite, d’acquérir un immeuble pour le siège du syndicat, de créer une caisse de décès et une caisse de solidarité. Nommé délégué à la sécurité, il fut à plusieurs reprises nommé expert par les tribunaux.
En 1934, la diminution de son acuité visuelle amena l’administration à le déclarer inapte et à le mettre à la retraite : le congrès du 15 avril 1935 l’élut alors secrétaire général et président d’honneur. Il fut l’un des ardents défenseurs de l’adhésion de son syndicat et de sa fédération à l’Union et à la CGT et fut l’un des quatre délégués de sa fédération à la commission créée le 9 décembre 1934, qui aboutit le 26 mai 1935 à la fusion de l’Union des syndicats CGTU de cheminots d’Alsace et de Lorraine, de la Fédération des syndicats professionnels, de l’Union CGT, du Syndicat des échelles 5 à 10. Replié à Molsheim en septembre 1939, il y poursuivit son activité syndicale jusqu’à l’invasion allemande. Durant l’annexion, il s’employa à assurer aux ayant-droits de la caisse mortuaire dissoute par les nazis un secours de substitution. Après la Libération, il reconstitua son ancien syndicat comme section technique de l’Union. Élu le 7 juillet 1945 membre du secrétariat de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine, au titre des mécaniciens et chauffeurs, il fut également élu président du groupe des retraités de l’Union. En 1949, il était secrétaire administratif de l’Union, de 1951 à 1953 secrétaire de l’Union des retraités SNCF d’Alsace et de Lorraine. À la création de la structure spécifique des retraités rattachée à la Fédération CGT des cheminots en 1951, il représenta l’Alsace-Lorraine. Il conserva cette responsabilité au congrès de 1953, puis fut remplacé au congrès de 1956 par Eugène Kaltenbach.
Il était membre du Parti socialiste : avec Albert Simbsler, il était le seul membre non communiste du bureau exécutif de l’Union. Les RG estimaient qu’il avait « peu d’influence dans le cadre de l’Union, où on le tenait souvent à l’écart des délibérations importantes ». Il fut candidat aux élections municipales à Bischheim en 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5314, notice KLAPPICH Émile par Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 janvier 2012.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 98 AL 723, 554 D 152. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — J. Zinck, « Ein Leben im Dienste der Eisenbahnerbewegung », Le Cheminot, novembre 1947 (photo). — Claude Lorentz, La presse alsacienne du XXe siècle. Répertoire des journaux parus depuis 1939, BNU, Strasbourg, 1997.— Etat civil.

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