BORDAS Rosa [BORDAS Rosalie, née MARTIN]

Par François Chevaldonne

Née le 18 février 1841 à Monteux (Vaucluse) ; morte le 31 mai 1901 ; chanteuse populaire ; chante la Canaille, après le meurtre de Victor Noir, participe, sous la Commune de Paris, aux représentations données, les 11 et 18 mai 1871, au bénéfice des blessés de la Garde nationale fédérée.

Rosa Bordas
Rosa Bordas

Née dans une famille de tradition montagnarde, qui tenait le café "rouge" de cette petite ville. Elle y fit ses débuts de chanteuse populaire, fut remarquée par les jeunes poètes alors libéraux du Félibrige, et connut le succès dans les cafés chantants du Midi, où elle incarnait avec passion la Marianne républicaine. Au début de 1870 elle vint chanter à Paris, « excitant la sympathie des adversaires de l’Empire par les tendances démocratiques de son répertoire. » Elle se rendit célèbre en chantant La Canaille, après le meurtre de Victor Noir, puis La Marseillaise, après la déclaration de guerre.

Elle participa, sous la Commune, aux représentations données, du 6 au 21 mai 1871, au bénéfice des blessés de la Garde nationale fédérée. Voir Florence Agar.
Vêtue d’un péplum blanc, elle développait lentement un drapeau rouge dont elle s’enveloppait en chantant.

Sa carrière, à trente ans, en fut brisée. Quand elle revint sur scène trois ans plus tard, elle fut immédiatement dénoncée par Le Gaulois comme "Muse du pétrole", et ne put reparaître qu’après l’affermissement de la Troisième République. Elle put enfin connaître, usée et vieillie, trois ou quatre années d’estime et d’affection, avant de se retirer près d’Alger.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article53415, notice BORDAS Rosa [BORDAS Rosalie, née MARTIN] par François Chevaldonne, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

Par François Chevaldonne

Rosa Bordas
Rosa Bordas

SOURCES : M. Vuillaume, Mes Cahiers rouges au temps de la Commune, Club français du Livre, Paris, 1953. — Journal Officiel de la Commune, 12 et 20 mai 1871, réimpression, Paris, V. Bunel, éditeur, 1872. — Édith Thomas, Les « Pétroleuses », Paris, Gallimard, 1963, p. 151. — François Chevaldonne, "Rosa Bordas, chanteuse et "rouge du Miejour" (rouge du Midi)", Les Rencontres de Promemo, 1er-3 octobre 2009, "Monde ouvrier et culture", Martigues. — François Chevaldonné, Rosa Bordas, rouge du midi, L’Harmattan, 2012, 266 p. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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