LACOMBE Pierre. [Dordogne]

Par Francis Colbac et Pierre Couchot

Né en 1891 à Périgueux (Dordogne) ; cheminot révoqué puis employé ; syndicaliste et communiste.

Neveu d’un vieux militant socialiste et grand voyageur (Amérique du Sud), Pierre Lacombe exerça le métier de ferblantier puis fut employé à Périgueux à la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Révoqué lors des grèves de 1920, il fut ensuite employé municipal et à nouveau révoqué après le 14 juillet 1934 pour avoir crié « A bas la guerre ! » alors qu’était exécuté, le 13 juillet, l’hymne national.
Militant cégétiste avant 1914, il fut envoyé par Marius Olivier, secrétaire de l’Union PO, pour remonter le syndicalisme cheminot après la grève de 1920 à Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne) et à Toulouse (Haute-Garonne). Au retour du 1er congrès national de la CGTU tenu à Saint-Étienne du 25 juin au 1er juillet 1922, il fonda un syndicat chez les municipaux de Périgueux dont il faisait partie grâce à Delagrange. Il devint secrétaire de l’Union départementale de 1923 à 1925, remplaçant alors Delagrange et fut secrétaire de l’Union locale de Périgueux de 1926 à 1928, au moins. En 1929-1930, il implanta le syndicalisme féminin aux usines Garnaud. De 1922 à 1934, il fut secrétaire de la Bourse du Travail de Périgueux.
Militant communiste, il fut présenté aux élections législatives des 22 et 29 avril 1928 dans la première circonscription de Périgueux (3 638 voix sur 19 464 inscrits et 16 193 votants ; 3 524 voix au second tour) contre Georges Bonnet puis en 1932, dans la deuxième circonscription, contre André Chatignon, socialiste SFIO Il ne recueillit que 395 suffrages sur 13 007 inscrits et 10 901 votants. Son maintien au second tour, conformément aux consignes du Comité central, ne lui permit de conserver que 87 voix.
À l’issue du congrès départemental du Parti communiste tenu le 3 février 1930, Lacombe fut réélu secrétaire, Perrin étant secrétaire adjoint et Lagoutte trésorier (en remplacement de Debet). Il ne fut pas réélu par le congrès du 5 juillet 1931, ayant déclaré alors « n’être pas en accord complet sur le mode d’application en ce qui concerne la tactique classe contre classe ». En août 1932, il participa au congrès d’Amsterdam contre la guerre. En 1934, il chercha à favoriser la formation d’un Front populaire en passant par l’accord avec les dirigeants socialistes en évitant l’apparence même de « débauchage ». Le 12 février 1934, la manifestation qui se déroula à Périgueux fut considérable. Il fut emprisonné avec plusieurs de ses camarades à la suite de leur manifestation du 14 juillet.
À sa sortie de prison en mars 1935, il fut amené à rompre avec la direction du Parti communiste. L’occasion en fut la publication, sans son accord, d’une lettre adressée à Doriot, dont Pierre Lacombe ignorait alors le « virage » politique, et qui fut répandue à 40 000 exemplaires. L’intention de Lacombe était alors de tenter de « rénover » le Parti, non de soutenir le trotskysme auquel ses critiques contre le stalinisme l’avaient fait parfois se rattacher. Seul, le Libertaire accepta de publier la lettre ouverte de Lacombe dans laquelle il récusait Doriot dont les tendances l’inquiétaient ; il refusa d’ailleurs alors une place de rédacteur qui lui avait été proposée après sa révocation dans une mairie doriotiste de la région parisienne.
Le 1er août 1935, Pierre Lacombe lança un journal, « organe des communistes indépendants », La lutte révolutionnaire qui connut une demi-douzaine de numéros avant les élections de 1936.
En 1943, Pierre Lacombe fut déporté au titre du STO après avoir participé à la diffusion d’une feuille de résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5390, notice LACOMBE Pierre. [Dordogne] par Francis Colbac et Pierre Couchot, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 22 novembre 2011.

Par Francis Colbac et Pierre Couchot

SOURCES : Arch. Nat. F7/13109, rapport du 24 janvier 1927 ; F7/13115, rapport du 22 juin 1929 ; F7/13120, rapport du 3 février 1930 ; F7/13124. — La Vie syndicale. — Notes de P. Couchot (interview de l’intéressé).

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