BRAYER Florentin, Thomas

Par Roger Vignaud

Né le 27 janvier 1815 à Saint-Pierre-de-Franqueville (Seine-Inférieure) ; représentant de commerce ; adhérent de l’AIT ; participant à la Commune de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Fils de Thomas et de Marie Lemoine. Veuf, père d’un enfant. Il habitait 26, rue des Petites Maries à Marseille. Membre de l’Internationale depuis 1868.
Il figurait parmi une liste de quarante-cinq noms trouvée dans les archives du conseil de guerre intitulée « noms des membres du Comité Révolutionnaire ». Ce comité, sans existence officielle, fut constitué dans les jours qui précédèrent la proclamation de la Commune révolutionnaire du 1er novembre 1870. Par la suite, cette organisation participa activement à l’insurrection du 23 mars 1871. Brayer rejoignit le camp des insurgés. Il fut arrêté le 26 juin 1871 et écroué.
Dans son dossier, figure le rapport établi par le substitut du procureur de la République en date du 9 septembre 1871, intitulé : rapport sur l’affaire Brayer, Chauvin et Bourguet, dans lequel le magistrat fait le procès de l’Internationale – repris dans la fiche de Bourguet – Après avoir terminé son préambule, sur l’Internationale, le magistrat précisa que Brayer était également poursuivi pour excitation à la guerre civile. Lors de son arrestation les services de police saisirent à son domicile son livret de l’Internationale qui attestait son appartenance depuis 1868 ; adhésion corroborée par une carte de membre signée d’Eugène Dupont. Brayer prétendit qu’il ne faisait plus partie de cette société depuis qu’elle faisait l’objet de poursuites judiciaires. Pour le substitut, cette allégation était mensongère. Le magistrat s’appuya sur une lettre datée du mois de mars 1871, c’était la pièce 19 du dossier, écrite par Granier, l’un des principaux chefs de l’Internationale de Marseille et assesseur de Bastelica, qui invita Brayer à se rendre aux réunions de la section. Ce courrier pour le magistrat, qui était revêtu du cachet de l’Association Internationale des Travailleurs avec en effigie une balance coiffée d’un bonnet phrygien et portant en exergue : Section de Marseille, était bien la preuve que Brayer était encore membre de l’Internationale. « Aussi, écrivit le procureur, c’est tout naturellement que l’accusé se retrouva à la préfecture le 4 avril, prit un fusil et il dut s’en servir malgré ses dires, contre ceux que la société dont il fait partie a juré d’exterminer. C’est aussi probablement dans le même but qu’il a acheté un revolver à six coups qui a été saisi à son domicile. »
Déféré devant le conseil de guerre, Brayer fut jugé le 16 septembre 1871 et condamné à cinq ans de détention. Son casier judiciaire ne porte la mention d’aucune condamnation prononcée antérieurement. Brayer fut libéré le 9 septembre 1876 après avoir purgé sa peine à la prison de Thouars (Yvelines) et amnistié le 18 avril 1879. Mais toute sa vie, il fut surveillé et privé de ses droits civiques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article53958, notice BRAYER Florentin, Thomas par Roger Vignaud, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 26 décembre 2018.

Par Roger Vignaud

SOURCES : Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, côte : 2R.314-315 et 2R.520 - jugement n° 79, registre n° 11040. — Arch. Nat., BB 24/746, n° 3907. — Gazette des Tribunaux, 18-19 septembre 1871.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément