BUFFIER Gaston [BUFFIER François, Pierre, Jules, Louis, Flavien, Gaston, dit Nostag]

Né le 21 août 1845 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; mort le 23 juillet 1899 à Brunoy (Essonne) ;« Homme de lettres et marchand de vins » (d’après un extrait du casier judiciaire, 7 avril 1879) ; militant de l’AIT, secrétaire général correspondant de la section de l’Internationale Gares d’Ivry et Bercy réunies, rédac­teur en chef de La Révolution politique et sociale pendant la Commune de Paris.

Gaston Buffier utilisa le pseudonyme Jules Nostag. Il tint un rôle très important au sein des réunions publiques de la fin du Second Empire. Au début de l’année 1869, il loua un local situé au 27, avenue d’Italie (XIIIe arr.), qu’il baptisa Salle de la Fraternité, afin d’y organiser des réunions publiques. 21 réunions furent tenues en mars et avril 1869, plusieurs militants de l’AIT y prenant la parole dont Eugène Varlin. Nostag organisa aussi des réunions privées, non-déclarées. Il fut condamné en avril 1869 à deux mois de prison et 100 francs d’amende. Le 17 mai 1869, au cours d’une réunion tenue à la Salle de la Fraternité, le président de séance Guénard fit lecture d’une lettre de protestation de Nostag à ce sujet.
Nostag présida également plusieurs réunions de la salle de la Belle Moissonneuse, située au 31, rue Nationale (XIIIe arr.). Ces réunions furent régulièrement dissoutes par les commissaires de police. Il protesta dans Le Réveil du 20 mars 1869 contre la dissolution de la réunion publique qu’il présidait le 13 mars.
En août 1869, il signa plusieurs textes de protestations collectives après la dissolution de réunions publiques auxquelles il avait pris part. Le 13 août 1869, Le Réveil publia une annonce indiquant que « le citoyen J. Nostag » avait interrompu ses réunions publiques de l’avenue d’Italie à cause de la préfecture et de « la captivité qu’il vient de subir à Pélagie ». Il lançait néanmoins de nouvelles réunions, sur le thème de l’instruction, rue de Javel.

Le 23 mars 1871, il assista à la séance de nuit au cours de laquelle il signa, comme représentant du Conseil fédéral des sections parisiennes de l’Internationale (avec E. Aubry, Boudet, Chaudesaigues, Coiffé, A. Demay, A. Duchêne, Dupuis, Léo Frankel, H. Goullé, Laureau, Limousin, Léon Martin, Ch. Rochat) le manifeste élaboré ce soir-là par les citoyens Frankel, Theisz et Demay au nom du Conseil fédéral des sections parisiennes de l’Internationale et de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières, manifeste qui engageait le peuple de Paris à voter « pour la Commune ».
Quelques jours plus tard — séance du 29 mars — sur proposition de Frankel, Nostag fut désigné pour faire partie de la Commission de sept membres « qui serait intermédiaire entre la Commune et le conseil fédéral ». Bien qu’adoptée à l’unanimité, cette proposition semble être revenue en discussion le 3 mai, puisqu’à cette date Nostag fut désigné, avec les citoyens Compas, Hamet, Martin Léon, Goullé H., « pour constituer une commission chargée de présenter à la discussion et à l’approbation de la Commune le résultat des travaux des sections parisiennes ». La Commission devait avoir son siège à l’Hôtel de Ville et servir « d’intermédiaire entre le conseil fédéral et la Commune ». Les membres, toujours révocables par le conseil fédéral, devaient rendre compte de leurs travaux à chaque séance du conseil. Le 10 mai, Armand Lévy et Beauchard furent désignés à l’unanimité pour être adjoints à la Commission.
Rédacteur de La Révolution politique et sociale, Nostag y écrivait le 16 avril 1871 : « Que la patrie ne soit plus qu’un vain mot, une classification administrative sans valeur ; notre pays est partout où l’on vit libre, où l’on travaille [...]. La France est morte, vive l’humanité ! ».

Le 17 mai 1871, Nostag cosigna un appel de la section Gare d’Ivry et de Bercy de l’Internationale appelant les travailleurs à participer à la révolution sociale et à rejoindre l’AIT (paru dans le Journal officiel du 19 mai).
Le 16e conseil de guerre le condamna par contumace, le 28 novembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il avait été déclaré en faillite à Paris, le 3 mai 1866, et condamné, le 15 mai 1869, à un mois de prison et 100 F d’amende sur opposition à un jugement du 20 avril précédent pour contravention à la loi sur les réunions publiques.
Réfugié en Suisse, il se fit éleveur de volailles. Il fut, en 1873-1874, rédacteur en chef de l’Union des travailleurs. Par la suite, il résida en Italie. Il habite San Remo depuis trois ans, écrivait le vice-consul de France, le 17 avril 1879 ; il y rédige un journal hebdomadaire Le Littoral « qui jusqu’à présent a peu de vogue ».
Il fut gracié le 24 mai 1879. Il habitait à Paris, 13, quai de Bercy, XIIe arr., et antérieurement, 27, avenue d’Italie, XIIIe arr. Il s’était marié le 25 mars 1882 avec Joséphine Émilie Guichard à Paris (Xe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article54247, notice BUFFIER Gaston [BUFFIER François, Pierre, Jules, Louis, Flavien, Gaston, dit Nostag], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 21 novembre 2020.

ŒUVRE : Histoire populaire des faubourgs de Paris, Paris, 1868.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/854 B, n° 1308. — Arch. Nat., 45 AP/5. — BHVP, NA 155, p. 306-307, 341, 347, 443, 446-447 et 460. — L’article de Nostag du 16 avril 1871 : « Patrie – Humanité ». — Les Séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le siège et pendant la Commune.Compte-rendu d’un habitué de réunions publiques non politiques (février-septembre 1869), 1874. — Arch. fédérales Berne (Suisse). Flüchtlinge. Carton 53, cote actuelle. — Alain Dalotel, Alain Faure et Jean-Claude Freiermuth, Aux origines de la Commune, le mouvement des réunions publiques à Paris, 1868-1870, Paris, Maspero, 1980, p. 40, 52 et 97-98. — Notes de Julien Chuzeville et de Christophe Lagrange. — Une lettre manuscrite de Jules Nostag, adressée le 8 avril 1869 au journal Le Réveil, se trouve au Service historique de la Défense, carton Ly 23. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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