CATON Joannès [CATON Jean, dit Joannès]

Par Notice revue et complétée par Michel Cordillot.

Né le 28 octobre 1849 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier veloutier à Saint-Étienne ; célibataire ; il était, vers la fin de l’Empire, plein d’enthousiasme pour une Révolution selon les principes de l’Internationale et jouissait d’un certain talent oratoire dans les clubs ; participant à la Commune de Saint-Étienne, déporté en Nouvelle-Calédonie.

En septembre 1870, il fut secrétaire du Comité de la rue de la Vierge (délégué du Comité Sud-Est) à Saint-Étienne (Loire), sorte de Comité central républicain d’esprit communaliste où les délégués des cantons assuraient la liaison avec les sections de base ; ce comité fut le foyer révolutionnaire qui assura la propagande de fin 1870 à mars 1871 et organisa « la prise » de l’Hôtel de Ville.

Le 24 mars 1871, Caton exhortait les délégués à la mairie et acclamait la Commune. Le 25, il participait à l’insurrection et fut secrétaire du Comité, chargé d’administrer provisoirement la ville. Le lendemain, il fut remplacé dans ces fonctions par Chastel. Réfugié en Suisse, il garda sa foi en la Révolution. Le 24 avril, il écrivait à sa tante : « Vienne le moment d’agir et vous me verrez revenir sur la brèche, plus fort, plus ardent, plus convaincu que jamais. »

Dans sa correspondance, il revendiquait avec fierté la part qu’il avait prise aux événements de Saint-Étienne : « Je n’ai fait que mon devoir, écrivait-il à sa tante, et si tous l’avaient fait comme moi, nous pourrions venir en aide à ce Paris héroïque et sublime qui lutte aujourd’hui contre les nouveaux Prussiens de Versailles... Jamais je n’oublierai ces journées de lutte et de triomphe si bien commencées et si mal finies. »

Le 30 avril, à l’annonce de l’insurrection de Lyon, il voulut repasser la frontière, mais il fut arrêté à Bellegarde le 1er mai. Il avait sur lui des appels de l’Internationale et deux récépissés signés Sirdey à l’aide desquels il pouvait recevoir à Lyon des cartouches de chassepot chez deux dépositaires.

Il fut condamné, le 5 décembre 1871, par la cour d’assises de Riom, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Voir Benoît Thibaudier. Il n’avait encouru auparavant aucune condamnation.
Après le rejet de son pourvoi en révision, il fut emprisonné au château d’Oléron, puis transporté en Nouvelle-Calédonie par le Calvados sous le n° matricule 719. Arrivé à la presqu’île Ducos le 27 septembre 1873, il vit sa peine commuée en déportation simple le 30 janvier 1877, et fut transféré à l’Île des Pins le 15 avril suivant. Le 15 janvier 1879, il bénéficia de la remise du reste de sa peine.
Ayant appris l’anglais, il décida de partir tenter sa chance en Australie comme journaliste. Mais faute sans doute de la réussite escomptée, il était définitivement de retour à Saint-Étienne le 17 avril 1880. En septembre 1881, il était à l’enterrement de Blanqui ; il fut candidat sur une liste radicale-socialiste avec Dupin, lors des élections municipales de 1881. Au cours des années suivantes, sans cesser de s’intéresser aux affaires municipales, Caton fonda un foyer et éleva dignement, sinon rigidement, ses enfants.

Durant sa déportation, il tint un journal au jour le jour, qui constitue un important témoignage sur la vie quotidienne des communards déportés en Nouvelle-Calédonie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article54760, notice CATON Joannès [CATON Jean, dit Joannès] par Notice revue et complétée par Michel Cordillot., version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 22 janvier 2019.

Par Notice revue et complétée par Michel Cordillot.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/732. — Arch. Dép. Loire, 10 M 77 et 78. — L’Éclaireur de Saint-Étienne. — Joannès Caton, Journal d’un déporté de la Commune à l’Île des Pins, 1871-1879, présenté par Clément Rouanay, Paris, Éditions France-Empire, 1986. — Anne Morfin-Caton, "Jean Caton, le communard de Saint-Étienne", Gavroche, n° 125, sept.-oct. 2002, pp. 10-16.

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