CHANDIOUX Jean, dit Rollin

Né le 21 mars 1849 à Luzy (Nièvre), mort le 12 novembre 1915 à Paris ; employé de commerce ; demeurant à Paris, 140, rue du Faubourg-Saint-Antoine, XIIe arr. ; communard ; député radical-socialiste de l’arrondissement de Château-Chinon (Nièvre) de 1893 à 1910.

Lithographie de 1893, réalisée juste après l’élection législative qui porte Jean Chandioux à la députation. Arch. Dép. Nièvre cote M 347 (élections législatives de 1893). Communiqué par Michaël Boudard.

Sa famille habitait Luzy (Nièvre) et son père fut transporté en 1851. Il était surnommé Rollin (il aurait été le neveu de Ledru-Rollin, mais cela semble peu crédible).
Pendant le 1er Siège, il fut sergent au 80e bataillon de la Garde nationale.
Sous la Commune de Paris, il fut secrétaire des originaires de la Nièvre favorables à la cause de Paris. Les membres actifs de ce groupement étaient : Blandin, Chabanne, Ducoudray, Durand, Gagner, Léger, Munier (cf. J.O. Commune, 3 mai 1871.) Il fut aussi secrétaire particulier de Jules Miot à l’Hôtel de Ville jusqu’au 20 mai 1871 ; il quitta Paris le 21 pour une mission en province — il aurait été envoyé à Cosne-sur-Loire (Nièvre) avec le titre de commissaire civil. Il arriva à Luzy le 23 mai et son père le dit capitaine d’état-major à Paris ; lui-même affirmait la Commune victorieuse et montrait un morceau de la colonne Vendôme. Il demeura à Luzy jusqu’au 8 juin. Il fut alors arrêté sur dénonciation du maire de Millay (Nièvre) à la fin du mois et libéré faute de preuves ; le juge d’instruction de Cosne-sur-Loire (Nièvre) lança, fin juin, un mandat d’amener contre lui. Le 2 septembre, il avait regagné Paris où il fut arrêté le 12 octobre 1871.
Il avait déjà été condamné, en 1869, à huit jours de prison pour outrages envers des agents ; il fut jugé par le 3e conseil de guerre avec d’autres prévenus qui, entre le 12 et le 15 mai, devaient se rendre à Nevers (Nièvre) pour y fomenter un mouvement favorable à la Commune (Voir J.-A. Bernard). Comme les autres, il dit avoir quitté Paris pour échapper à la Commune.
Le 3e conseil de guerre le condamna, le 8 juillet 1872, à cinq ans de prison et cinq ans de privation de ses droits civiques : peine réduite à quatre ans le 17 mars 1875 avec maintien de la privation des droits pendant dix ans, et remise totale le 27 juin 1876, la dégradation étant maintenue. Il fut libéré le 9 juillet 1876.
Il vécut un temps à Paris, puis retourna vivre dans sa ville natale autour de 1880.

Négociant à Luzy, il en fut élu conseiller municipal en avril 1882, premier adjoint au maire en mai 1884 puis maire de décembre 1885 à sa mort. Conseiller d’arrondissement pour le canton de Luzy (1889-1892) puis conseiller général de ce même canton (de 1892 à sa mort), il fut député radical-socialiste de l’arrondissement de Château-Chinon de 1893 à 1910.

Jean Chandioux était célibataire au moment de la Commune. Il se maria à Paris (XIIe arr.) le 26 décembre 1876.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article55005, notice CHANDIOUX Jean, dit Rollin, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 19 mai 2020.
Lithographie de 1893, réalisée juste après l’élection législative qui porte Jean Chandioux à la députation. Arch. Dép. Nièvre cote M 347 (élections législatives de 1893). Communiqué par Michaël Boudard.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/775 et C 2882 (Nièvre). — Arch. Dép. Nièvre, série M, rapports de gendarmerie 1862-1878 (4-9). — Gazette des Tribunaux, 8-9 juillet 1872. — Arch. Dép. Nièvre : état civil de Luzy ; série M (élections municipales, cantonales et législatives) ; journaux divers (dont La Tribune, 17 et 22 janvier 1897). — Notes de Michaël Boudard.

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