DARDELLE Alexis [Théodore, Alexis, dit Salvator]

Né le 15 janvier 1843 à Paris (XIIe arr. ancien) ; mort le 5 mai 1888 à Paris. Colonel d’état-major et gouverneur des Tuileries sous la Commune de Paris.

Dardelle (et non non Dardelles), le 26 mars 1871, dans un habit de Cavalier de la République, à la caserne du quai d’Orsay.

Fils illégitime d’un négociant et d’une domestique, Alexis Dardelle, bien que reconnu par son père, fut au centre d’une querelle familiale entre sa mère naturelle et l’épouse de son père et fut placé dans une institution dont il fut retiré par sa mère en 1858 pour apprendre le métier de boucher auprès de son beau-père. Mais livré à lui-même, il fréquenta les cabarets et tenta en vain de faire une carrière de musicien et de comique sur des scènes de Montmartre et de banlieue. Il fut émancipé à dix-huit ans pour toucher l’héritage de son père qu’il dilapida en quelques mois. Il s’engagea alors dans les Chasseurs d’Afrique et avec le peu d’argent qui lui restait, il paya un remplaçant. En 1864, il épousa une modiste avec qui il eut un enfant. En 1870, au début de la guerre, il était employé dans une gare et domicilié dans le XVIIIe arr.

Le 27 septembre 1870, il adressa aux membres du Comité d’armement du XVIIIe arrondissement une demande visant à obtenir l’autorisation et les moyens de former « deux escadrons de volontaires, sous le nom de cavaliers de la République ». Mais cette autorisation lui fut refusée par le gouvernement. Il rejoignit alors le corps franc des Éclaireurs de la République et en fut élu commandant. Nommé ensuite chef du 129e bataillon de la Garde nationale, il se désista de son commandement en faveur de Louis Valigrane le 8 mars 1871. À Montmartre, il fit partie d’un des deux comités de gardes nationaux qui prirent les premières mesures de protection des canons et négocièrent ensuite avec le Comité central de la Garde nationale avant de l’intégrer. Il signa plusieurs appels comme « général en chef des forces du XVIIIe arrondissement ». 

Le 18 mars, il participa à la reprise des canons à Montmartre et se montra très actif tout au long de la journée. Il s’employa également à rassembler les divers éléments des Éclaireurs à cheval de la Seine du chef d’escadrons Franchetti, mort des suites de ses blessures le 6 décembre 1870, et en prit le commandement avec une commission au grade de colonel.
Le 22 mars, il fut nommé gouverneur des Tuileries avec grade de colonel ; il devait y dresser un inventaire des objets non pillés. Le 6 mai, le Comité de Salut public donna l’ordre de l’arrêter pour « détournements d’objets d’art et relations avec l’ennemi » : la deuxième allégation au moins est fausse, mais l’ordre signé Da Costa envoya Dardelle en prison à Mazas, d’où il fut libéré le 12 mai grâce à Rigault et après intervention de Courbet.

Le 23 mai, alors que les troupes versaillaises avançaient rapidement dans l’Ouest de Paris, il était présent lorsque Bergeret réunit les différents responsables du Palais pour leur communiquer l’ordre du Comité de Salut public d’incendier les Tuileries. Il fut personnellement chargé d’organiser l’évacuation des chevaux, des harnais et des objets précieux. Il fit également sortir les employés en leur annonçant que tout allait sauter. Une fois l’incendie déclaré, il rejoignit Bergeret sur la terrasse du Louvre pour contempler l’incendie.

Le 3e conseil de guerre le jugea par contumace le 15 juin 1872, et le condamna à mort.
Réfugié à Londres, il appartint à la commission exécutive du Comité révolutionnaire du Prolétariat, créé à Londres en août 1872, et qui, le 1er octobre 1874, publia une brochure À la classe ouvrière, qui exposait ses buts et moyens d’action. Voir V. Delahaye. Il fut membre de la section de langue française de l’AIT à Londres, dont le secrétaire était Bourdeille. Il était alors professeur de musique.
Selon Lissagaray, il professa dans une université anglaise.
Le 1er février 1879, Alexis Dardelle se trouvait toujours à Londres. Avec Joffrin et Jourde, il rendit visite à Theisz, déjà très malade, pour tenter de le persuader de rentrer à Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article56538, notice DARDELLE Alexis [Théodore, Alexis, dit Salvator], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 17 août 2021.
Dardelle (et non non Dardelles), le 26 mars 1871, dans un habit de Cavalier de la République, à la caserne du quai d’Orsay.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 3e conseil, GR 8 J 25 (516). — Arch. PPo., B a/429 et B a/435. — Procès-Verbaux Commune, op. cit. (séance du 10 mai). Enquête parlementaire..., op. cit., Comité central de la Garde nationale. — Laronze, Histoire de la Commune, op. cit., p. 493. — Lissagaray, Histoire de la Commune, op. cit. — Notes de J. Chuzeville, Louis Bretonnière et P.-H. Zaidman. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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