DARGANCE Jean-Jeanty

Né le 24 novembre 1825 à Illats, canton de Podensac, arrondissement de Bordeaux (Gironde) ; membre de l’Internationale (Voir Vézinaud) ; sympathisant de la Commune de Paris.

Ancien déserteur du 11e régiment d’infanterie, Jean-Jeanty Dargance fut condamné pour ce fait, le 13 mars 1854, par le 1er conseil de guerre de la 14e division militaire séant à Bordeaux, à cinq ans de travaux publics. Évadé le 16 mai suivant de l’hôpital de cette ville, il passa en Espagne, où « il paraît avoir été condamné pour escroquerie » (Dargance a protesté contre cette insinuation. Cf. Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 575.) Il fut amnistié en France par la loi du 14 août 1869.
Devenu professeur dans une pension de Bordeaux, Jean-Jeanty Dargance prit une part active aux troubles de la ville, du 4 septembre 1870 à juin 1871. Pendant l’insurrection de Paris, il fut accusé de recevoir les émissaires du gouvernement de la Commune, de constituer un dépôt d’armes et de diriger « une bande d’individus recrutés dans les bas-fonds de la ville ». Il fut rédacteur à la Fédération, hebdomadaire de la section bordelaise de l’Internationale qui vécut un mois et eut 9 numéros (16 avril-21 mai 1871). Il ouvrit dans ce journal une souscription publique pour fournir des subsides aux soldats de l’armée de Versailles qui consentiraient à déserter. Arrêté le 3 mai 1871, il fut condamné, le 24 juin, par la cour d’assises, à un an de prison et 1.000 f d’amende (lettre du préfet de la Gironde au ministre de l’Intérieur).

En prison, il trouva moyen de correspondre clandestinement avec l’extérieur, notamment avec le journal La Tribune (lettre du directeur des prisons de Bordeaux au préfet de la Gironde, 26 mars 1872).
Libéré, Jean-Jeanty Dargance se rendit en Espagne. En 1874, il quitta Madrid et revint à Bordeaux. Il se disait délégué pour l’achat d’objets utiles à l’armée républicaine espagnole (note de Vivie, chef de division à la préfecture de la Gironde, 28 décembre 1874).
En 1875, il obtint un passeport à Bordeaux pour aller à Narbonne ; il était alors « homme de lettres » et demeurait, 46, rue du Hâ, à Bordeaux.
Gérants et collaborateurs de la Fédération : G. Bertin, J.-J. Dargance, Doureau, P. Lafargue, Laveau, Legrand, L. Listrat, L. Marchand, M. Pachy, L.-J. Périlhou.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article56544, notice DARGANCE Jean-Jeanty, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 16 mars 2019.

SOURCES : Arch. Nat., C 2882, dossier Bordeaux. — Arch. Dép. Gironde, série M. — Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 106.

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