DE LA CALLE Antonio

Par Michel Cordillot

Né à Algésiras (Espagne) le 29 décembre 1843, mort le 31 mars 1889 à Paris (XIVe arr.) ; communard ; membre du comité directeur de l’insurrection cantonaliste de Cathagène (juillet 1873).

Issu d’une famille de notables, ancien officier de l’armée espagnole. Il participa à la révolution de 1868 qui renversa la reine Isabelle II. Recherché pour ses activités socialistes, il trouva refuge en France au lendemain de la chute de l’Empire. Fin septembre 1870 il était à Paris. Il logeait alors chez un entrepreneur de peinture nommé François Thiébault, 24, rue Condorcet, et donnait à ses fils des leçons d’espagnol en échange de l’hébergement. Dès les premiers jours du Siège, il s’engagea dans la Légion des Amis de la France pour défendre Paris. Il fut ensuite garde au 117e bataillon de la Garde nationale avec les fils Thiébault.

De la Calle fréquentait parallèlement les clubs révolutionnaires, et il se lia personnellement avec Flourens et Rochefort. Craignant l’influence qu’il exerçait sur ses fils, Thiébault le congédia le 18 avril sous un prétexte futile. La Commune avait entre-temps été proclamée et De la Calle en était un ardent défenseur.

Nommé capitaine de la 3e compagnie de guerre de son bataillon, il prit activement part à tous les combats contre les Versaillais. Il se battit à Vanves, à la porte Dauphine, ou encore à Neuilly. Durant la Semaine sanglante, son bataillon défendit la porte des Ternes, puis la barricade de la Chaussée d’Antin (23 mai). On sait que De la Calle lutta ensuite avec acharnement jusqu’au dernier jour.

Il réussit à quitter Paris après la défaite, mais il fut arrêté à Rosny, emmené à Versailles, et de là expédié sur les pontons de Brest. À la suite sans doute d’une confusion administrative, il fit l’objet d’un non-lieu et fut remis en liberté. Il gagna aussitôt Bruxelles (mai 1872), ville où il exerça quelques temps le métier de commissionnaire en librairie.

Revenu de son erreur, le 20e conseil de guerre le condamna par contumace le 15 octobre 1872 à la déportation en enceinte fortifiée.

De la Calle resta peu de temps en Belgique car d’importants événements l’appelèrent bientôt en Espagne. Membre du comité directeur de l’insurrection cantonaliste de Cathagène (juillet 1873), il fut nommé sous-secrétaire d’État. Désireux de donner au mouvement une impulsion socialisante, il rédigea plusieurs décrets et projets de facture réformiste. Mais il fut désavoué à la fois par la Junte, qui estimait ces projets trop audacieux, et par les militants de l’AIT qui les considéraient comme trop édulcorés. Resté à Carthagène après la capitulation de l’insurrection (12 janvier 1874), il réussit à échapper à la répression et à gagner la Suisse. À Genève, De la Calle fut successivement courtier en librairie, professeur de langues et journaliste. Il retrouva également dans cette ville un grand nombre de communards proscrits et assista à leurs réunions. Il épousa la fille de l’un d’entre eux, Antonine Berteault.

Il fut amnistié en 1879 suite à une requête d’Alfred Naquet, mais sous condition d’arrêté d’expulsion. Cette mesure fut abrogée le 10 août 1880, ce qui permit à De la Calle de revenir alors s’installer définitivement à Paris.

Recommandé par Rochefort, il entra comme correspondant étranger au journal de Clemenceau La Justice (fondé en janvier 1880) et donna par ailleurs de nombreuses conférences. Il fut ainsi le 23 mars 1883 le principal orateur du banquet du vendredi saint organisé par les socialistes athées du XXe arr.

Suivant attentivement l’évolution des événements en Espagne, il fut soumis à une surveillance constante de la police française, espagnole et allemande. Averti par un policier, franc-maçon comme lui, il put dénoncer à temps les machinations policières qui visaient à l’impliquer dans un prétendu complot contre Alphonse XII.

Ses nombreuses activités, essentiellement dans le domaine du journalisme et de la propagande, lui permettaient tout juste de nourrir sa nombreuse famille. Harcelé de soucis pécuniers, faisant l’objet de diverses rumeurs calomnieuses, il mourut le 31 mars 1889 dans un état proche de la misère, à son dernier domicile 13, rue de la Tombe-Issoire. Il fut enterré civilement au cimetière de Bagneux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article56898, notice DE LA CALLE Antonio par Michel Cordillot, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 janvier 2020.

Par Michel Cordillot

SOURCE : Arch. Mini. Guerre, 20e conseil (n° 573). — Arch. PPo, liste de contumaces. — Marcel Cerf, Antonio De la Calle, Paris, 1987, Cahiers des Amis de la Commune, n° 1.

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