DESSESQUELLE François, Edmond [et non Édouard]

Né le 2 octobre 1845 à Marly-le-Roi (Seine-et-Oise) ; mort le 6 mai 1897 à Saïgon ; fils d’un huissier assez fortuné de Neuilly ; clerc d’huissier lui-même, domicilié à Neuilly ; Dessesquelle fut nommé, le 30 avril 1871, juge d’instruction et secrétaire général de la délégation à la Justice que dirigeait Protot (cf. J.O. Commune, 3 mai).

Ami personnel de Protot, il l’assista à la délégation de la Justice et figura dès le 5 avril 1871 sur les registres de comptabilité comme juge d’instruction avec un traitement annuel de 4 000 F. Le soir du 4 avril, alors qu’ils dînaient ensemble, Protot rédigea le décret sur les otages. C’est encore ensemble qu’ils procédèrent à l’installation du tribunal de la Commune le 17 mai. Couchant au ministère dans la chambre du secrétaire général, Dessesquelle assurait la permanence en l’absence de Protot et recevait les visiteurs. Au quotidien, ses pouvoirs étaient pratiquement illimités : il signait les ordres d’écrou, effectuait le contrôle de la situation des détenus, procédait à des interrogatoires avant d’ordonner la détention ou la mise en liberté des suspects, etc.

Le 4e conseil de guerre le condamna par contumace, le 8 novembre 1873, à vingt ans de travaux forcés et à 5.000 f d’amende. Il n’avait encouru antérieurement aucune condamnation.

Au début de 1872, François Dessesquelle, qui avait pu gagner la Suisse avec sa femme et son bébé, fut appelé à Lausanne par Paul Pia pour travailler à la liquidation de la Société française Laurent et Bergeron longtemps chargée de l’exploitation du réseau de la Compagnie des Chemins de fer de la Suisse occidentale. Il contribua, avec Lefrançais, Jules Montels, Clémence, Teulière, Jaclard et autres, à « ressusciter la section internationale de cette ville ». (J. Guillaume, L’Internationale, t. II, p. 267).
L’année suivante, il appartint à la section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste à Genève (cf. Dict. t. IV, p. 80). Par la suite, il fut un des 54 signataires d’un message imprimé Au citoyen Garibaldi (4 p., Genève, 27 janvier 1875, exemplaire déposé à l’IFHS).
En 1879, il dirigeait une fabrique de dynamite en Italie, à Varallo-Pombia. À la date du 18 mars de cette année, son employeur, L. Favre, de l’« Entreprise du tunnel du Gothard », déclarait à son sujet : « D’abord employé comptable dans mes bureaux, a été désigné par moi comme directeur de ladite fabrique. » Il l’employait de même que M. Vuillaume, les considérait comme « sérieux, travailleurs, très intelligents » ; et soulignait la « confiance absolue qu’ils ont su m’inspirer. »
Dessesquelle fut gracié le 8 mai 1879. Il revint en France, fut secrétaire du musée des Arts décoratifs. Il mourut avocat à Saïgon, en 1897.
il était célibataire — « père de famille » est-il dit dans la notice contumace.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article57504, notice DESSESQUELLE François, Edmond [et non Édouard], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 21 novembre 2020.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., BB 24/856 A, n° 2162. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil, n° 1411. — Arch. PPo., B a/431, pièces 786 à 791 et B a/432. — Arch. Claris IFHS — P.V. Commune, t. I, op. cit., p. 122. — M. Vuillaume, Mes Cahiers rouges, op. cit. — Arch. fédérales (Berne), Flüchtlinge, carton 53, cote actuelle. — Voir également le dossier Vuillaume : Arch. Nat., BB 24/866, n° 8178. — Le Radical, 29 juin 1897. — Note de J. Chuzeville. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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