DOUVET Prosper, Auguste

Né à Paris le 5 janvier 1847 ; son dernier domicile connu avant 1871 était 48, rue Fontaine-Saint-Georges à Paris (XVIIIe arr.) ; employé de commerce ; fondateur d’une « association d’employés de commerce » (?) ; lieutenant d’état-major sous la Commune ; membre de l’Internationale en 1870 ; franc-maçon — Voir E. Thirifocq.

Prosper Douvet vint à Paris chez sa mère et prit part, à la fin de l’Empire, à l’activité politique dans les clubs et les réunions publiques. Il prit notamment la parole au cours du premier banquet des associations ouvrières, qui se tint le dimanche 19 septembre 1869 avenue de Saint-Mandé. Son nom parut également en décembre 1869 dans le journal la Réforme. Parce que directeur du journal le Travail, qui continuait le Commerce (6 juin-26 septembre 1869) et servait d’organe aux sections parisiennes de l’AIT, il fut condamné, le 3 décembre 1869, à un mois de prison, et, le 5 mars 1870, à la même peine pour « provocation à des crimes ». D’après le dossier des Arch. Nat., les deux condamnations politiques qu’il encourut furent les suivantes : le 4 février 1870, à Paris, un mois de prison pour « excitation au mépris du gouvernement » et, le 5 mars 1870, à Paris également, deux mois de prison et 100 f d’amende, pour « provocation à commettre un ou plusieurs crimes et excitation à la haine du gouvernement ».
Prosper Douvet appartint à la délégation maçonnique qui eut une entrevue avec Thiers, le 22 avril 1871. Lieutenant de la Commune sous les ordres de La Cecilia, Prosper Douvet fut, du 8 au 20 mai, à la porte de Versailles, puis au Petit-Vanves. En mai, il défendit Montmartre, dit Chincholle (op. cit.) puis s’échappa le 28 mai et gagna Londres où il entra au Courrier de l’Europe. Il en devint propriétaire, avant de se faire fabricant de papier d’alfa. Il se tailla une certaine place dans la colonie française et fut membre du Cobden-Club.
Le 4e conseil de guerre le condamna par contumace, le 2 juin 1874, à la déportation dans une enceinte fortifiée ; il fut fait état d’un écrit de sa main où il dit par exemple : « La République doit prendre, devant les gouvernements étrangers, une attitude révolutionnaire. Elle doit compter sur les peuples et non sur les gouvernements [...] Tous les gouvernements sont en lutte ouverte avec le peuple, partout les travailleurs cherchent à s’unir et à combattre. La France révolutionnaire porte dans son sein le germe de la République universelle ; à ce titre, seul, les peuples ont les yeux tournés vers elle. »

Il fut amnistié le 24 mai 1879. Il était célibataire au moment de la Commune, puis se maria à Londres en 1874 avec Ismérie Josèphe LEHOUCQ, veuve DENIS. Ils eurent un enfant, Prosper, Germain, Gaston, né à Londres le 3 mars 1875.

Prosper Douvet mourut le 7 août 1897 à Saint-Germain-en-Laye.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article57838, notice DOUVET Prosper, Auguste, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/856 A, n° 2407, — Arch. Min. Guerre, 4e conseil, dossier 1741. — Le Premier banquet des associations ouvrières, Paris, sd [1869], au bureau du journal Le Travail, 16 p. — Chincholle, Les Survivants de la Commune, op. cit., p. 76. — Murailles... 1871, op. cit., pp. 329-331. — Notes de Françoise Duceau. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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