DUBOIS Jean-Baptiste, dit Élie

Né à Bujaleuf (Haute-Vienne) le 24 décembre 1824 ; entrepreneur de camionnage à Limoges (Haute-Vienne) ; participant à la Commune de Limoges.

Il était marié, père de trois enfants. Membre de la Société populaire constituée à Limoges après le 4 septembre 1870, il donna aussi son adhésion à la Société de défense républicaine, plus modérée. Le 20 novembre 1870, il prit l’initiative d’un projet de formation d’une compagnie de 150 hommes, constituée par des gardes nationaux âgés de plus de quarante ans, susceptibles d’être mobilisés lorsque les Allemands seraient à 100 kilomètres de Limoges. Il recevait les inscriptions à son domicile.
Élu conseiller municipal en décembre 1870, il demanda, avec Rebeyrolle, que l’on fasse rentrer les fonds qui n’avaient pas été versés lors de l’emprunt forcé, et qu’on les affecte à la création d’ateliers nationaux. En janvier 1871, il réclama pour les ouvriers en grève de la fabrique de porcelaine Gibus l’admission aux chantiers communaux. À la séance du 4 mars 1871, du conseil municipal, il protesta contre la présence dans la salle de réunion, sur l’initiative du maire, de gardes nationaux, à la suite de l’invasion par les ouvriers de la salle où délibéraient les membres de la commission des Chantiers municipaux. Il n’avait d’ailleurs, fit-il remarquer, aucun mauvais sentiment à l’égard des gardes nationaux dont il faisait partie. Il fit ensuite voter par le Conseil municipal une motion en faveur de la Garde nationale.
Ceint de son écharpe, il fut de ceux qui conduisirent la délégation qui se rendit à la préfecture pour demander l’éloignement des troupes régulières de la capitale et l’envoi à Paris de gardes nationaux de la Haute-Vienne. Il fut par la suite accusé d’avoir voulu briguer, le 4 avril 1871, jour de la proclamation de la Commune à Limoges, les fonctions de préfet de la Haute-Vienne.
Élie Dubois, selon le conseil de guerre de la 21e division militaire, avait assumé avec Pierre Rebeyrolle et Jean-Baptiste Roubinet la responsabilité de l’émeute du 4 avril et, à la suite de la mort du colonel Billet, il fut condamné par contumace, le 8 juin 1871, à la peine de mort. Il avait pu se soustraire à temps à l’arrestation et à la comparution.
Selon le rapport du conseil de guerre, Élie Dubois était un commerçant ruiné, dont la loi sur les échéances suspendait la faillite. Son casier judiciaire ne comportait toutefois aucune condamnation, à l’exception d’une peine d’amende de 1 f pour diffamation (Limoges, 11 août 1847).

Dubois vécut à Genève à partir de novembre 1871. Il fut gracié le 24 mai 1879 et vint à Paris. Le 25 mars 1881, il participa à une réunion du Cercle républicain de la Haute-Vienne, à Paris, et prit parti pour une Fédération des cercles de tous les départements existant à Paris, à la condition que tous aient le même programme politique et social avancé. Il rappela que lors des élections de mai 1849 à l’Assemblée législative, les originaires des trois départements limousins habitant Paris avaient constitué un groupe central qui avait pu organiser une liste républicaine, soumise ensuite à ces départements.
Élie Dubois ne semble pas être revenu en Limousin après 1871.
Ont comparu, le 8 juin 1871, devant le conseil de guerre de la 21e division militaire : M. Aragon, A. Couessac, E. Dubois, G. Laporte, J.-B. Maury, J.-B. Paulliat, P. Rebeyrolle, J.B. Roubinet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article57959, notice DUBOIS Jean-Baptiste, dit Élie, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 13 janvier 2021.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/867. — Gazette des Tribunaux, 16 juin 1871.

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