LE GOUHIR Jean, Marie, dit « Tintin »

Par Guy Haudebourg

Né le 6 juillet 1911 à Séverac (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 10 février 1992 à Lorient (Morbihan) ; cheminot employé du Service électrique ; syndicaliste CGT et communiste ; adjoint au maire de Châteaubriant (Loire-Inférieure) en 1944-1946.

Fils d’un employé de chemin de fer et d’une garde-barrière, Jean Le Gouhir travaillait au service électrique de la SNCF. Il adhéra au Parti communiste français à Caen (Calvados) le 1er avril 1938 et devint responsable de la cellule de Châteaubriant (Loire-Inférieure) en 1939 en remplacement d’un autre cheminot, Auguste Mousson, responsabilité qu’il conserva jusqu’à son départ de la ville en 1946. Il fut mobilisé pendant la guerre franco-allemande. À son retour, il reprit contact avec les camarades de sa cellule et fut de ceux qui organisèrent les évasions des emprisonnés du camp de Choisel de Châteaubriant, au premier rang desquels, Fernand Grenier en juin 1941. La police perquisitionna, en vain, son domicile en juillet 1941 mais, dénoncé, Jean Le Gouhir fut arrêté le 14 décembre 1941, interné à Châteaubriant puis Voves (Eure-et-Loir) et Chartres (Eure-et-Loir). Condamné à six mois de prison pour avoir aidé à l’évasion de prisonniers, il revint ensuite à Châteaubriant où il reprit ses activités légales et clandestines. Ainsi, le 22 octobre 1942, Jean Le Gouhir fut-il de ceux qui organisèrent la première célébration clandestine du martyre des 27 de Châteaubriant (22 octobre 1941) où 10 000 personnes défilèrent avant que les Allemands ne réagissent.
Lors de la libération de Châteaubriant, il fut l’un des dirigeants du Comité local de Libération créé en octobre 1944 et premier adjoint dans le conseil municipal provisoire dirigé par le nouveau maire, l’industriel Huard. En mai 1945, il fut élu avec deux autres communistes au conseil municipal de Châteaubriant et garda son poste de premier adjoint. La même année, il devint secrétaire de la section communiste de Châteaubriant et présida des réunions qui attiraient même ses adversaires politiques, tel le maire de la ville, M. Huard.
Membre de la commission administrative de l’Union départementale en 1946 et secrétaire de l’Union locale CGT de Châteaubriant de 1944 à 1946, il fut remplacé à ce dernier poste par le socialiste Beckaert.
Jean Le Gouhir s’était marié en 1934 à Lorient (Morbihan) avec Jane Joly. Il quitta Châteaubriant en 1946 pour le Maine-et-Loire avec sa femme et ses trois enfants ; il démissionna alors de toutes ses responsabilités politiques et syndicales.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5832, notice LE GOUHIR Jean, Marie, dit « Tintin » par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 25 juin 2021.

Par Guy Haudebourg

SOURCES : Arch. Dép. Loire-Atlantique 40 W 133, 43 W 19, 161 W 168, 270 W 501. — La Résistance de l’Ouest, 4 octobre 1944, 9-10 décembre 1944, 2 avril, 22 et 23 mai, 27 juin 1945. — Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, Paris, ES, 1961. — Michel Prodeau, Itinéraires clandestins, Nantes, Opéra, 1995. — Guy Haudebourg, Le PCF en Loire-Inférieure à la Libération (1944-1947), Mémoire de maîtrise, Université de Nantes, 1987, 196 p. — État civil.

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