EUDES Victorine

Épouse d’Émile Eudes, blanquiste, communarde.

Mme Eudes, née Louvet Victorine, connut Émile Eudes quand il était élève en pharmacie, faubourg Saint-Antoine. Elle l’épousa malgré l’opposition de sa mère. C’était une ancienne élève, puis sous-maîtresse de Louise Michel. Le plus curieux, c’est qu’elle n’avait jamais revu son ancienne institutrice. Elle ignorait que Louise Michel militait et la « bonne Louise » ignorait que son ancienne élève était devenue la femme du lieutenant de Blanqui. C’est en prenant l’omnibus pour aller voir son mari détenu à Sainte-Pélagie où il purgeait un mois de prison que, vers la fin du Second Empire, la citoyenne Eudes retrouva Louise Michel qui allait à la même prison dans le même but.
Lors de l’instruction du procès de la Villette, Blanqui étant en fuite et son mari incarcéré, Mme Eudes se signala par son courage : Elle refusa d’indiquer la retraite du « Vieux », passant outre à toutes les pressions et manœuvres.
Sous la Commune, on a prétendu que la « générale Eudes » accompagnait à cheval son mari. C’est là, semble-t-il, une affirmation fantaisiste. Au moment de la répression versaillaise, elle gagna la Suisse, déguisée en paysanne, ses cheveux blonds brunis. À Londres, elle faisait du crochet pour aider aux besoins du foyer, et à Edimbourg elle fit preuve à plusieurs reprises de bonté dans ses rapports avec de pauvres gens. Toujours elle suivit et soutint Eudes dans son action militante. Elle eut de lui quatre enfants dont Henri Rochefort fut le tuteur après la mort du « général ». L’une de ses filles épousa le blanquiste Adrien Farjat, frère du guesdiste Gabriel Farjat.
La « générale » est morte le 2 juin 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article58731, notice EUDES Victorine, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 28 mars 2020.

SOURCES : Interview de Mme Farjat par Dommanget. — Maurice Dommanget, Hommes et Choses de la Commune [Émile Eudes].

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune 1870-1871, op. cit., p. 298. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 175.

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