FRANCE Hector [FRANCE Nicolas, Alphonse, Marie, Hector]

Né à Mirecourt (Vosges) le 5 juillet 1840 ; mort à Rueil (Seine-et-Oise) le 18 août 1908 ; écrivain, romancier et journaliste ; officier sous la Commune de Paris.

Le père d’Hector France avait été député en 1848 ; chef d’escadron de gendarmerie, il envoya son fils au Prytanée de La Flèche et le jeune homme, après un échec à Saint-Cyr, s’engagea au 3e régiment de spahis ; un moment élève de Saumur (1860), il quitta le service, en 1866, avec le grade de maréchal des logis-chef ; il fut alors employé aux écritures dans une banque parisienne. Pendant la guerre, il fut nommé lieutenant, puis capitaine dans la garde mobile de l’Oise et enfin commandant au 7e régiment de chasseurs à cheval, en Normandie.
Licencié le 7 mars 1871, il gagna Paris où il retrouva Razoua et d’autres déportés de 1851 qu’il avait connus en Algérie. Son cousin Lullier le prit, le 19 mars, comme premier aide de camp, puis il passa à l’état-major de la Ire légion et à celui de l’Hôtel de Ville. C’est lui qui, le 2 avril, ramena à Paris les débris de l’armée de Flourens ; il fut ensuite nommé commandant de la caserne Lobau et chef d’escadron. On ignore quelle part il prit aux combats de mai.

Hector France put s’enfuir à Bruxelles, puis à Londres où il enseigna le français, le dessin, l’histoire et l’arabe. Il professa ensuite à l’université de Londres, au collège de Douvres, fonda à Londres le journal L’Avenir et devint finalement professeur à l’académie militaire de Woolwich, le Saint-Cyr anglais, où il exerça du 8 janvier 1880 jusqu’à sa démission, le 19 juillet 1895, date à laquelle il se consacra entièrement à la littérature. De 1866 à 1870, il avait déjà écrit dans « quelques petits journaux », dit le rapporteur au 4e conseil de guerre ; à Londres, il collabora au Qui Vive !, au Vermeersch Journal, à l’Union républicaine, à l’Avenir où il se signala, dit-on, par la violence des idées et du style.
« La part considérable prise à l’insurrection, et surtout la conduite qu’il tient aujourd’hui à l’étranger nous font considérer cet individu comme l’un des plus dangereux [...] de ces hommes qui ont juré la destruction de la société actuelle », dit-on devant le conseil de guerre. Celui-ci condamna Hector France, par contumace, le 28 décembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée ; même condamnation avait été prononcée par le 20e conseil, le 24, sous le nom de Lefranc : confusion qui peut résulter d’une signature mal lue.
Après 1880, Hector France collabora au Monde maçonnique auquel il adressait des correspondances de Londres. Auparavant, il semble qu’on puisse l’identifier au f... France — Voir Thirifocq E. — qui signait les communiqués de la loge « les Philadelphes et la Concorde réunis », composée d’anciens Communards réfugiés. Zévaès le présentait comme « le romancier trop injustement oublié aujourd’hui, l’auteur « des Nuits de Londres et de ce beau livre L’Homme qui tue ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article59506, notice FRANCE Hector [FRANCE Nicolas, Alphonse, Marie, Hector], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 31 janvier 2020.

ŒUVRE : Hector France écrivit de nombreux romans sociaux ou inspirés par l’Angleterre, la Russie (Voir le catalogue de la Bibl. Nat.). Signalons, qui nous concerne plus particulièrement, Rapport sur le 18 mars. Présenté au Cercle d’Études sociales de Londres à l’occasion du 2e anniversaire du 18 mars 1871, Londres, 1873, 8°, 32 pp. (anonyme).

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/856 B. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil. — Arch. PPo., B a/429. — Lepelletier, Histoire de la Commune de 1871, op. cit., tome III, p. 261. — Dictionnaire biographique des Vosges, Jouve, éditeur, 1897. Article paru dans la revue l’Idée libre (juin-juillet 1958) : J. Bossu, Une loge de proscrits à Londres, p. 263.

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