LLECH Fernand, Honoré

Par André Balent

Né à Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 17 février 1899, mort en déportation à Dachau (Bavière, Allemagne) le 8 février 1945 (ou 3 mars 1945, selon les sources) ; cheminot à Perpignan (Pyrénées-Orientales), puis Narbonne (Aude) en 1939 ; syndicaliste CGT ; militant communiste puis communiste clandestin ; résistant, déporté en Allemagne.

Les parents de Fernand Llech étaient domiciliés 8 rue Dagobert, dans le quartier populaire de Saint-Mathieu, traditionnellement dominé par la gauche. Son père, Paul, âgé de vingt-sept ans en 1899, était clerc d’huissier. Sa mère, Rose Mouragues, avait alors vingt ans.

Avant de participer à la Première Guerre mondiale, Fernand Llech était serrurier ajusteur.

Engagé volontaire pour cinq ans le 24 août 1917 au 5e dépôt des équipages de la Flotte (Toulon, Var), il fut affecté comme matelot de 3e classe au croiseur cuirassé "Ponthuau", unité de la flotte de la Méditerranée. Le 16 septembre 1917, il fut promu mécanicien de 2e classe, puis, le 1er juillet 1919, mécanicien de 1e classe. Quartier-maître le 14 janvier 1920, il fut rendu à la vie civile le 30 décembre 1920. Il fut versé à la réserve comme affecté spécial, car, peu après son retour à Perpignan, il fut embauché comme chauffeur par la Compagnie des chemins de fer du Midi. Il participa à la Première Guerre mondiale sur le "Pothuau", qui, en 1917, se rendit à Singapour puis à Saïgon. En service, il perdit deux phalanges de son son majeur droit dans une manoeuvre malenconteuse d’une chaudière.

Fernand Llech se maria à Perpignan le 15 juillet 1922 avec Joséphine, Marguerite, Anne Batlle. Chauffeur de route à la compagnie du Midi (PO-Midi de 1934 à 1937) puis à la SNCF, il fut alternativement en poste à Perpignan et à Narbonne (Aude).
Dans un premier temps il fut affecté au dépôt de locomotives de Narbonne. Il résida dans cette ville jusqu’en juillet 1928. Le 28 juillet 1928, il s’installa à Perpignan, rue des Augustins, au centre ville.
Fernand Llech fut, en 1938, membre suppléant du comité général de la Bourse du Travail. À cette date, il assurait également le secrétariat de la section technique « traction » du syndicat CGT des cheminots et était délégué du personnel. En novembre 1938, la presse syndicale signala son déplacement « d’urgence » à Narbonne (Aude), en raison, semble-t-il, de ses activités syndicales. Adrien Grau, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Perpignan, publia un article dans le Socialiste des Pyrénées-Orientales afin de protester contre cette mutation d’office.
Fernand Llech se confond vraisemblablement avec Llech qui fut élu à la commission des conflits de l’UD-CGT des Pyrénées-Orientales à son XXVe congrès (20 décembre 1936).

Militant communiste, il adhérait à l’organisation clandestine du parti de la gare de Perpignan en 1940-1942.

Il participa activement à la Résistance. Le registre matricule dit qu’il appartint aux FTPF à compter du 1er mai 1944, dix jours avant son arrestation. Peut-être, cette affiliation lui fut-elle attribuée après la guerre afin de reconstituer une carrière miltaire avantageuse pour sa veuve. Il fut arrêté à Perpignan (cependant le registre matricule signale qu’il fut arrêté à Narbonne) le 10 mai 1944 par la police allemande, à peu près au même moment que Marcel Sibade. Détenu à Perpignan, sans doute à la citadelle, il fut dirigé vers Compiègne d’où il partit pour le camp de concentration de Neuengamme avec le convoi du 4 juin 1944. D’bord interné dans ce camp, il fut ensuite détenu à Sachsenhausen au commando de Falkensee (fabrique de chars d’assaut), puis à Natzweiller puis, enfin, à Dachau où il mourut le 8 février 1945 date portée en mention marginale sur son acte de naissance de l’état civil de Perpignan et sur le registre matricule. Le Livre mémorial de la déportation indique toutefois qu’il serait mort le 3 mars 1945.

Le nom de Fernand Llech, « chauffeur », est gravé sur la plaque apposée en gare de Perpignan afin de perpétuer la mémoire des agents de la SNCF, « morts pour la France » entre 1939 et 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6084, notice LLECH Fernand, Honoré par André Balent, version mise en ligne le 12 mai 2013, dernière modification le 26 avril 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 1 R 551, f° 1081 (registre matricule). — Arch. Com. Perpignan, état civil naissances 1899. — L’Action syndicale, janvier 1937, février 1938. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 11 novembre 1938. — André Balent, notice « Llech Fernand », DBMOF, 35, 1989, p. 10. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 1053. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, I, Chronologie des années noires, Prades, Terra Nostra, 1994, 400 p. [p. 273]. — Georges Sentis, Les communistes et la résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme / régions, 1994, 1994, 182 p. [p. 95]. — Livre mémorial de la déportation, sur le site de la FMD, consulté le 23 mai 2012.

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